Économie

Du déficit au surplus en quatre mois?

01/02/2018 Parfait Gahama 7

La Regideso observe une mévente d’électricité, depuis septembre dernier. Jéroboam Nzikobanyanka, son directeur général, rejette la responsabilité sur les gros consommateurs. Ces derniers évoquent des problèmes conjoncturels.

Jéroboam Nzikobanyanka : « Actuellement, ils ne consomment pas la totalité de leurs commandes.»

«La Regideso regrette la sous-consommation de l’électricité au cours des quatre derniers mois », a déclaré Jéroboam Nzikobanyanka, directeur général de la Regideso. Propos tenus mardi 23 janvier, lors d’une réunion d’échange avec les responsables des entreprises opérant au Burundi.

Il explique que cette sous-consommation est due à la baisse de la consommation des gros clients. « Ces derniers ne consomment pas la totalité de l’électricité qu’ils ont commandée à la Regideso.»

M. Nzikobanyanka souligne que cette situation engendre des pertes énormes pour l’entreprise : « Nous avons été obligés d’augmenter la quantité d’électricité fournie aux entreprises, suite à leurs demandes répétitives. Elles réclamaient la disponibilité de l’électricité 24hsur24.» Mais actuellement, poursuit-il, certaines entreprises ne consomment même pas la quantité d’électricité qu’ils utilisaient avant la hausse des prix d’électricité.

Il indique que pour répondre à leurs demandes, la Regideso a été contrainte de s’approvisionner en énergie thermique de 30 MW chez un producteur privé, la société Interpetrol. Son coût mensuel s’élève à 6 milliards de Fbu. Car, explique-t-il, l’énergie thermique coûte énormément plus cher que l’énergie hydroélectrique. Et d’espérer que le surplus sera utilisé par les nouvelles entreprises en cours de création.

Plusieurs facteurs à l’origine

Parmi les industriels pointés du doigt par la Regideso figurent la Brarudi, Ubucom, Musumba steel, Metalusa, Afritan, etc.

Les industriels burundais expliquent la sous-consommation de l’électricité par plusieurs facteurs, notamment le rétrécissement de la demande, le manque de devises et surtout la surfacturation de la Regideso.

Le représentant de la Brarudi à cette réunion a justifié la sous-consommation de l’électricité de son entreprise par des problèmes conjoncturels. « Au moment où la Brarudi a commandé l’électricité à la Regideso, elle avait beaucoup de projets, mais certains d’entre eux ne sont pas encore exécutés. » De plus, elle avait aussi envisagé d’utiliser ses machines 24h sur 24h, ce qui n’est pas possible.

Quant au représentant de l’entreprise Ubucom, cette situation est due au manque de devises. Selon lui, cette insuffisance de devises empêche son entreprise de s’approvisionner en matières premières à l’étranger.

« Risque d’une crise de surproduction »

Pour Léonidas Ndayizeye, doyen de Faculté des sciences économiques à l’Université du Burundi, la sous-consommation de l’électricité par les industriels s’explique par le faible pouvoir d’achat de la population. Ce dernier se caractérise par une baisse de la demande globale. Cela conduit les entreprises à réduire à leur tour leurs productions. Et d’expliquer qu’une baisse de la production engendre à son tour une baisse de la quantité des facteurs de production, l’énergie y compris. Si elles continuent à produire, souligne le doyen, elles risquent de se confronter à une crise de surproduction qui peut conduire même à la faillite. «Une autre conséquence est le licenciement de certains employés par ses entreprises.» Et de préciser que les entreprises fixent leurs programmes de production en confrontant l’offre et la demande.

M. Ndayizeye souligne que l’objectif des entreprises est la maximisation des profits. Sur ce, elles doivent adopter un comportement rationnel en minimisant leurs coûts de production.

Forum des lecteurs d'Iwacu

7 réactions
  1. Kee

    Uwuri aho utazi aba ari ikuzimu?
    Kuberiki abantu basigaye bakunda ibibi?

  2. juju

    Il faut combler le deficit mental en premier lieu et le reste suivra. Je suis concerne aussi.

  3. Ngabo

    Pourquoi ne pas affecter une part de cette électricité qui était destinée aux grandes entreprises aux ménages ? À ce que je sache, il y a toujours des délestages notamment de minuit à six heures du matin dans plusieurs quartiers.

  4. Zozo vas

    Urihe wewe? I kuzimu?

  5. Rurihose

    The country is just a disaster
    Everything is falling apart.
    No visiob. Just corruption and corruption

  6. Bundes

    Abantu muba Bujumbura mwomenyera amatara muma quartiers atagicika? ?

  7. vyiza

    This country is so messed up and still going wrong direction with these guys. people dont have money to consume which means the production is adapted accordingly which means less tax money which means more begging to the west which means…etc… this is a domino thing.

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