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Droits Humains

Burundi : les expulsés et demandeurs d’asile augmentent

Le rapport d’août du bureau du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) au Burundi fait état de la recrudescence des demandeurs d’asile et des rapatriés. Surtout à cause de la guerre à l’est de la RDC, et du refoulement des Burundais par la Tanzanie.

Des demandeurs d’asile congolais se font enregistrer à l’Office Nationale de Protection des Réfugiés et Apatrides (ONPRA) ©Iwacu

Des demandeurs d’asile congolais se font enregistrer à l’Office Nationale de Protection des Réfugiés et Apatrides (ONPRA) ©Iwacu

D’après ce rapport, 1687 demandeurs d’asile congolais ont été enregistrés durant le mois d’août, portant à 5745 le nombre de demandeurs d’asile congolais enregistrés depuis le début de cette année (contre 3489 personnes pour la même période en 2012).
Depuis le 16 août, un afflux de congolais a été enregistré au centre de transit de Cishemere (CTC), en province Cibitoke, suite à des opérations militaires des FARDC (Forces Armées de la RDC) à l’encontre des groupes armés. Les personnes interrogées ont raconté avoir fui les opérations de ratissage des FARDC et les exactions des groupes armés.

Plus de 1000 demandeurs ont été accueillis en deux semaines au CTC, et ont été enregistrés par les structures gouvernementales burundaises et assistés par le HCR et ses partenaires. Entre le 17 et le 21 août, une moyenne quotidienne, entre 150 et 200 nouvelles entrées, étaient enregistrées au CTC. 144 personnes (32 ménages) ont préféré rester au centre quelques jours, avant de retourner spontanément en RDC. 911 demandeurs d’asile ont été acheminés au camp de Kavumu, lors de trois transferts les 23, 26 et 29 août. Au 29 aout 2013, seules 97 personnes étaient encore au centre de transit de Cishemere.

28.000 Burundais expulsés …

Toujours d’après le rapport de l’UNHCR, plus de 15.000 migrants burundais illégaux ont été expulsés de la Tanzanie, suite à un décret présidentiel tanzanien signé le 23 juillet 2013. Depuis le 15 aout, plus de 15 000 Burundais migrants économiques ont été expulses de Tanzanie. Parmi ces expulsés se trouvaient des personnes particulièrement vulnérables, notamment des femmes enceintes, des mineurs non accompagnés, des personnes handicapées. Ou encore des familles issues de mariages interethniques séparées lors de leurs déplacements.

Le monitoring des frontières a été fait essentiellement dans les provinces de Muyinga, Rutana, Cankuzo, Makamba et Ruyigi. Une mission d’évaluation des besoins a été conduite par des agences des Nations unies dans les provinces de Rutana et Muyinga, principaux points d’entrée de la plupart d’expulsés

A Muyinga, les quelques 2 000 personnes regroupées à l’école de Murama ont quitté les lieux entre la semaine du 19 au 25 août, suite à la rentrée scolaire. Dans la province de Rutana, où la situation est la plus préoccupante, on dénombrait 5 416 expulsés de Tanzanie en date du 27 août rien que dans la commune de Giharo. Le 2 septembre, le nombre total d’expulsés enregistrés dans la province était de 7 546 personnes. Le nombre d’expulsés est estimé à 28.000 au 15 septembre 2013.

Une expulsion aux conséquences socio-économiques considérables

Les expulsés arrivaient à la frontière en absence de leurs biens et documents ; certains affirment avoir été expulsés de leurs maisons et de leurs terres avant d’avoir été « poussés » par les autorités locales tanzaniennes vers le Burundi. La majorité des expulsés qui résidaient en Tanzanie depuis plusieurs années, voire depuis 1972, auraient exprimé le souhait de regagner au plus vite leurs collines d’origine. D’autres expulsés étaient hébergés dans des familles d’accueil, ou dans des structures publiques, telles que des écoles ou encore des centres de négoce. Le retour des expulsés de Tanzanie dans les zones d’installation des rapatriés pourrait contribuer à exacerber la fragile situation socio-économique et augmenter la précarité de l’ensemble de la population.

  3   Vos commentaires
  1. L’Etat doit tout faire pour donner les terres aux refoules specialement ceux qui ne connaissent pas ou qui sont nes en Tanzanie.

  2. Umurundi

    Il faut tous les prendre en charge, même avec nos ressources limité, parce que ce sont des burundais. Même ces refugies congolais sont des Burundais.
    Apres il faudra que le gouvernement se montre capable, en non seulement assurant la prise en charge sans courir au Muzungus (SNU, ONG) pour l’aide, mais aussi en réclamant a la Tanzanie et à la RDC des dédommagements de biens de nos compatriotes.
    Enfi, il faut impérativement savoir ce qui ce passe en Sud-Kivu avec ces attaques contre les congolais des ethnies burundaises.

    • Bakari

      Ces quoi ces congolais d’éthnies burundaises? J’y comprends que dalle!!!!

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