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Editorial

Arusha : Et si l’histoire se répétait…

01-12-2017

21 juin 1998, à l’issue du tout premier round des pourparlers inter-burundais d’Arusha sous la médiation de feu Julius Nyerere, les négociateurs publient une ’’Déclaration de fin des hostilités’’.

Convaincus ou croyant représenter les hommes en armes sur terrain, ces délégués appellent les belligérants à mettre fin aux hostilités au plus tard le 20 juillet 1998 dans le but de favoriser le déroulement des négociations. Les grands ténors de l’époque diront que leurs ’’poulains’’ vont se calmer.

Mais la suite sera moins drôle. Du sang, des larmes et la désolation suite à une ’’erreur d’appréciation’’ lors de la négociation. Pour avoir ignoré ou écarté certains ’’Key Players’’ ou ’’Stakeholders’’, on le paiera cher : embuscades sur les routes, assassinats de cadres administratifs, attaques dans des quartiers périphériques de la capitale, tueries dans les sites de déplacés suivies représailles contre les ’’TTG’’ (tribalo terroristes génocidaires), etc.

Même après la signature de l’Accord d’Arusha, le 28 août 2.000, sous la houlette de feu Nelson Mandela, il n’y aura pas d’accalmie. Il faut attendre l’Accord global du cessez-le-feu signé le 26 novembre 2003 entre le gouvernement de Transition de l’époque et le CNDD-FDD pour avoir un peu de répit. Les hommes d’Agathon Rwasa font encore parler d’eux à cette époque.

Loin de moi toute idée d’être un donneur de leçons, mais une pensée, de Georg Wilhelm Friedrich Hegel, me traverse l’esprit : «L›histoire et l›expérience enseignent que les peuples n›ont absolument rien appris de l›histoire».

Pour revenir à notre Arusha, certaines questions méritent d’être posées. Une suffit, essentielle à mon humble avis : N’y a-t-il pas d’exclus dans la « version 2017 » de ce dialogue ?

La liste est loin d’être exhaustive, mais je pense notamment aux Batwa, à la plateforme de l’opposition burundaise en exil.

Au mois de février, celle-ci réclamait la présence ’’de tous ceux qui se sont levés pour dire non à Nkurunziza, y compris les Généraux’’. Quelques activistes de la société civile, initiateurs de la campagne ’’Halte au 3ème mandat’’ réclament leur place aussi autour de la table.

Certains acteurs politiques n’hésitent pas à clamer haut et fort que ’’cette session est la plus inclusive’’. Au vu de ce qui précède, il est permis de douter.

Pour la petite histoire, les pourparlers se déroulent à ’’Ngurdoto Lodge’’, au pied du mont Meru, un volcan éteint. Il n’est pas sûr que le volcan burundais lui soit éteint …

  13   Vos commentaires
  1. ls

    parlez-nous aussi des contrats miniers qui entrent dans les négociations (voir Bujumbura. be)

    comme cela nous pourrons comprendre tous les enjeux…

  2. Jean Habonimana

    Le régime chrétien d’origine divine n’a pas besoin de négocier. Il se trouve à son apogée militaire, policière et milicienne. Il est même adoubé du soutien de la Tanzanie. Mais le grand diplomate français (et évêque) du 19ème siècle, Talleyrand a dit : « On peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus ». Les baïonnettes DD ont certes gagné la partie mais ont sur la conscience des crimes contre l’humanité. Et pourtant, le plus dur reste à faire. Le plus grand malheur de la nation ce n’est ni la minorité honnie, ni le Rwanda, l’UE, les réfugiés ou la société civile. La tragédie burundaise est le chômage des jeunes, une jeunesse sans aucune perspective d’avenir. J’ai toujours dit que les hutus et les tutsis n’existent pas. Les seules ethnies qui existent sont les riches et les pauvres. Le régime DD a tous les moyens pour régner pour 40 ans… mais pourquoi faire ? Laisser un pays exsangue et perclus de misère comme Mugabe ou une nation détruite économiquement et moralement comme Mobutu. Un homme d’Etat digne de ce nom choisit le réalisme politique et économique dans l’intérêt supérieur de la nation. Nos alliés Interahamwe ont adopté la politique de la terre brûlée et ont tout perdu. Enfin, Mugisha nous rappelle la citation : If you cannot beat them, joint hem. Peut-on en âme et conscience rejoindre un régime coupable de crimes contre l’humanité? C’est comme si on demandait aux rescapés juifs de rejoindre Hitler, Goebbels et Himmler.

    • Mugisha

      Jean Habonimana
      L’excès est toujours mauvais en toutes choses même au niveau du langage.

    • Gacece

      J’aime bien m’amuser avec des textes cousus de fil blanc comme celui de Jean Habimimana ci-dessus:

      «

      Le non régime chrétien d’origine non divine a besoin de négocier. Il ne se trouve pas à son apogée militaire, policière et milicienne. Il ne s’est même pas adoubé du soutien de la Tanzanie. Mais le grand diplomate français (et évêque) du 19ème siècle, Talleyrand a dit : « On peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus ». Les baïonnettes non DD n’ont certes pas gagné la partie mais n’ont sur la conscience aucun des crimes qu’ils ont commis. Et pourtant, le plus dur reste à faire. Le plus grand malheur de la nation est la minorité non honnie, le Rwanda, l’UE, les réfugiés ou la société civile. La tragédie burundaise n’est pas le chômage des jeunes, une jeunesse avec perspective d’avenir avec nous. Je n’ai jamais dit que les hutus et les tutsis existent, même en parlant de minorité… non honnie!… Les seules ethnies qui n’existent pas sont les riches (minorité non honnie) et les pauvres (majorité honnie… sans être honnie!). Le régime non DD a eu tous les moyens pour régner pour 40 ans… mais « pour quoi » faire ? Ne pas laisser un pays exsangue et perclus de misère comme un non Mugabe ou une nation bien construite économiquement et moralement comme pas Mobutu. Un homme d’Etat digne de ce nom choisit le réalisme politique et économique dans l’intérêt supérieur de la nation. Nos non-alliés Interahamwe ont adopté la politique de la terre brûlée et ont tout perdu. Enfin, Mugisha nous rappelle la citation : If you cannot beat them, « joint » hem ( si vous ne pouvez pas les battre, attachez-les!!!!!).

      Peut-on en âme et conscience rejoindre un non régime non coupable de crimes commis? C’est comme si on demandait aux rescapés juifs de rejoindre Hitler, Goebbels et Himmler.

      »

      J’ai essayé de comprendre sans effort, mais finalement j’ai décidé de ne rien comprendre avec son aide.

  3. Vuvuzela

    Quelqu’un a parle du caractère ridicule du « dialogue » et je suis d’accord avec lui. Pourquoi le gouvernement et ses satellites ont du aller a Arusha pour se parler alors qu’ils parlent le meme langage déjà au Burundi? Arusha est pour eux un camps de vacances leur payees.par la facilitation.

  4. Serge A.G

    Arusha 2017 prepare Arusha 2019 (avant cela il y a eu Arusha 1998, 2000, 2006). A ce rythme, ca ne finira jamais. Abarundi turagoye kweli.

  5. KABADUGARITSE

    Tout simplement, les protagonistes nous prennent en otage avec un seul but: se partager des postes administratifs et de gestion. Ensuite profiter des gains sans dividendes à la population.-

  6. roger crettol

    Sans rapport …

    Dans plusieurs mythologies des civilisations/religions de l’Inde, le mont Meru est le centre de l’univers ; les divinités habitent un espace céleste situé au-dessus du mont Méru, et les puissances infernales sont reléguées au sous-sol – pas de surprise.

    A Arusha, on apprécierait de voir une intervention des puissances célestes pour guider les honorables délégués vers la voie du respect mutuel et du compromis. On peut bien rêver un moment ; il reste dix jours pour déchanter.

  7. Mugisha

    N’y a-t-il pas d’exclus dans la « version 2017 » de ce dialogue ? Dans certaines circonstances historiques comme dans la vie en général, il yen a qui restent sur les quais et regardent les trains passer et d’autres qui montent à bord et participent à la marche de l’histoire. Ceux qui sont exclus du dialogue actuel sont des gens qui ont naivement cru que parce qu’ils jouissent des forts soutiens de parrains occidentaux puissants ils pouvaient avoir à la fois la maîtrise de l’agenda politique burundais et le contrôle des sujets de discussions aux pourparlers actuels. On ne peut pas poser comme préalables à toute discussion, la mise à l’écart de Nkurunziza et son gouvernement, l’annulation des élections de 2015, le déclenchement des enquêtes de la CPI et l’arrestation de ceux que tu considères comme responsables des victimes de la crise postélectorale de 2015, la mise à l’écart du parti au pouvoir et de son mouvement de jeunesse- tel est le crédo du Cnared et j’en oublie cerainement- et prétendre ensuite vouloir entrer en pourparlers. Avec qui? Avec cette soi-disante société civile qui émet déjà sur cette même longueur d’onde? Il aurait fallu que les  »Quelques activistes de la société civile, initiateurs de la campagne ’’Halte au 3ème mandat’’ et le Cnared soient effectivement en mesure d’imposer leur volonté et piloter le processus politique burundais dans l’état actuel mais ce n’est malheureusement pas le cas. Ce manque de réalisme est inquiétant mais n’empêchera cerainement pas les Burundais de cheminer sûrement vers le rendez-vous de 2020. » If you cannot beat them with ballots », beat them with bullets » (si tu ne peux les battre avec des bulletins de vote, essaye avec les balles de fusil) aimait dire un des chefs d’État de l’EAC que je ne nommerai pas. Et l’intéressé d’ajouter:  »if you can not beat them, join them! » (si tu ne peux pas les battre, rejoins-les) Le bon sens voudrait que le Cnared essaye la deuxième proposition. Tout le monde y gagnera. Il peut toujours essayer la première mais à ses risques et périls. Le peuple burundais l’attend de pied ferme!

  8. Kagabo

    Monsieur le journaliste , si tu vas faire la liste des gens (Des Burundais qui devraient ) être à Arusha? Je peux te dire sans me tromper, avec l’attitude que je connais de nous les Barundi, tout le monde devrait être là. Est ce que il y a un dialogue inter Burundais qui peut ressembler 11 millions des Burundais? Je pense que c’est impossible monsieur. Est-ce toi tu n’as des choses à dire? Moi aussi j’en ai, et l’autre pareil. Bref,On n’en finirait pas.

    • Clovis N

      Nous disons là de la représentation mon cher 10millions peuvent être représentés par 1

  9. MBAZUMUTIMA 2

    Monsieur Mbazumutima, que vous avez donc raison !
    Pourquoi donc le CNDD-FDD et les autres oublient ce passé récent ? Pauvres citoyens Barundi que nous sommes.

    • Banza

      Lorsque je me lance dans des jeux de pronostics, je suis le plus souvent perdant.
      C’est pour cela que je ne joue pas au loto.
      J’admire les parieurs; qui assument le résultat de leur pari!

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