Politique

Accidents routiers : chiffres alarmants

29/06/2017 Cyrille Niyongabo 3

Les victimes de ces accidents ont augmenté ce premier semestre dans les provinces du nord du pays. La police met sévèrement en garde les conducteurs.

L’excès de vitesse est la principale cause des accidents.

Le commissaire de la police, Félix Gahitira, avance un effectif de 87 cas dont 37 tués pour les usagers des routes des provinces Kayanza, Ngozi et Kirundo. Parmi les tués, on en dénombre 8 de la province Ngozi et 34 blessés. La police indique que les cas se sont accrûs si on se réfère à la même période de 2016. Une thèse confirmée par les services internes et de la chirurgie de l’hôpital autonome de Ngozi qui estiment que l’effectif reste énorme dans les salles d’hospitalisation. « Les malades victimes des accidents routiers représentent plus de 80% des patients hospitalisés dans les salles de chirurgie », s’inquiète une infirmière rencontrée dans les corridors de l’hôpital. Ils présentent ainsi des plaies liées aux traumatismes crâniens, les fractures et luxations.

La police spéciale de roulage déplore aussi un accroissement inquiétant des cas de collision des véhicules, de dérapage et même de renversement des automobiles sur les axes menant dans la ville de Ngozi. Ces accidents restent nombreux sur les axes Ngozi-Kayanza, Ngozi-Kobero et surtout sur la nouvelle route reliant la ville de Ngozi à celle de Gitega. Une route jugée très dangereuse du fait de sa couche supérieure extrêmement glissante.

Des mesures de prévention peu efficaces

Le chargé de la sécurité routière dans la région nord, OPP1 Gérard Ndenzako, avance une série de facteurs à la base des accidents de circulation routière. C’est l’excès de vitesse qui est en priorité pointé du doigt. « Les conducteurs de véhicules roulent à très grande allure même au niveau des descentes. Ce qui rend très difficile le freinage », précise ce responsable. Il rappelle que la vitesse moyenne pour la circulation en dehors de la ville est comprise entre 60 et 80km /h. Or beaucoup de chauffeurs roulent à plus de 120km/h.

Il cite aussi l’ivresse au volant surtout les week-ends. OPP1 Gérard Ndenzako fait une mise en garde sévère aux conducteurs qui s’aventurent au volant étant ivres : « Nous allons désormais être très sévères avec les conducteurs en état d’ivresse. » Il parle de la non maîtrise des chauffeurs au volant et le glissement des routes surtout pendant la saison pluvieuse.

Enfin, ce sont les pannes techniques des véhicules ainsi que l’absence des panneaux de signalisation.
Interrogé sur les mesures de prévention des accidents de roulage, OPP1 Gérard Ndenzako se contente de relever un manque criant de matériel policier utile pour le contrôle efficient de la route. Il évoque les véhicules et les motos de police de roulage, les alcoomètres, les appareils de communication. Il promet cependant d’organiser des réunions de sensibilisation des chauffeurs surtout ceux des agences de transport de personnes pour échanger sur les conséquences du non-respect de la réglementation routière. Il demande aux propriétaires des véhicules teintés de les enlever de peur de subir de lourdes sanctions. Selon lui, ces véhicules sont utilisés pour la fraude, l’adultère et la perturbation de l’ordre public.

Forum des lecteurs d'Iwacu

3 réactions
  1. Dominique

    J’ignorais que “l’adultère” était une infraction au Code de la sécurité routière au Burundi ! Je suis un ami de ce beau pays mais franchement, circuler à Bujumbura relève d’un parcours du combattant: j’ai de sérieuses questions sur les connaissances des conducteurs de tous genres de véhicules, incluant ceux des dignitaires, sécurité oblige, paraît-il mais tout de même… L’absence de signalisation est un éléphant au bord de toutes chaussées et pourtant, des bouts d’aluminium ça coûte pas des millions de dollars. Les nids de poule font penser à un pays en guerre ou sortant de celle-ci car les trous ressemblent à des cratères de mines anti-chars. La courtoisie sur la route, c’est un concept absent de l’esprit de la majorité des conducteurs, incluant les policiers…Et pourtant, la culture burundaise ne ressemble pas à ce qu’on voit dès qu’on monte dans un véhicule. C’est bien étrange pour un touriste occidental. Les officiers supposés réguler la circulation ne travaillent vraiment que lorsqu’il faut fermer les rues en prévision du passage d’un dignitaire! Une fois celui-ci parti, ils tournent le dos à rue! Et c’est la Loi du plus fort qui s’applique! Les véhiculent au volant à droite ne facilitent pas non plus la tâche aux conducteurs car ils ont un angle mort beaucoup plus prononcé vu qu’on conduit à droite et non à gauche…

  2. Arsène

    En vacances au Burundi en début de cette année, j’étais surpris de voir que l’on peut aller de Bujumbura à Kayanza (je ne suis pas allé jusqu’à Kayanza centre mais me suis arrêté dans la province) sans aucune signalisation. Pas de marque sur le sol (lignes continues ou discontinue), pas de signalisation verticale (panneaux) non plus. C’est incroyable! Je ne doute pas que c’est aussi le cas sur d’autres tronçons. Et à Bujumbura, à quelques rares endroits où il y a des passages pour piétons (les fameuses lignes zébrées), là où elles ne sont pas effacées, elle ne sont jamais respectées. La faute à plusieurs facteurs dont le fait qu’il n’y a pas de panneau qui les indiquent au conducteurs.
    Il ne faudrait pas oublier non plus que la délivrance des permis de conduire est un marché juteux et que l’obtention du permis ne se fait pas dans les règles.

  3. juju

    Huumm, ce sont des axes regulierement empruntes par l’envoye de Dieu.
    Les pauvres accidentes font tout pour l’eviter mais sans succes. Sont-ils des victimes collateraux du non respect y’ibwirizwa ry’Imana ritubuza kwiba. Car, il parait que le 3e mandat aurait ete vole.

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