JUIN 2015
En quelques heures, le 13 mai 2015, le paysage des médias indépendants burundais a été détruit. Aujourd’hui, il ne reste que l’hebdomadaire Iwacu et quelques initiatives en ligne pour continuer à faire circuler une information rigoureuse et non partisane, tellement nécessaire aux citoyens en cette période de crise.
Dans son éditorial du 22 mai 2015, le directeur d’Iwacu, Antoine Kaburahe, clamait la nécessité de rester debout :
« Rester debout. Malgré tout. Malgré la peur au ventre. Les coups de feu qui trouent les nuits. Les décomptes des morts et blessés. Pour rien. Rester debout malgré les rédactions calcinées, les confrères terrés ou en fuite. Ne pas trop penser à ce que l’on était. Cette presse dynamique, pluraliste, respectée au pays et sur le continent. Cette presse qui est partie en fumée en une nuit. Rester debout. S’efforcer de survivre, puisque c’est de la survie qu’il s’agit. Lutter contre le désespoir, l’autocensure, se forcer chaque jour de faire simplement son travail : témoigner, voir, dire. Sans toujours comprendre. Peut-on comprendre, en effet, comment un pays peut sombrer, politiquement et économiquement au vu et au su de tous ? »
Nous avons sollicité une vingtaine de personnes , connues pour leur connaissance du Burundi ou leur engagement pour les droits des journalistes, la liberté d’expression et la démocratie à présenter leur point de vue sur la situation actuelle des médias burundais et de cette démocratie en péril.
Nous sommes heureux de proposer ce recueil de textes « pour nous aider à rester debout ». Ce recueil en ligne est sorti en version imprimée au Burundi . Nous espérons ainsi attirer l’attention de la communauté nationale et internationale et, éventuellement, générer quelques ressources nécessaires à la poursuite du fonctionnement du journal Iwacu.
En effet, dans la situation actuelle, nos revenus publicitaires ont été anéantis et l’équilibre précaire dans lequel nous fonctionnions a été rompu.
Restons debout !
L’équipe Iwacu