Mardi 27 juillet 2021

Culture

« Que la sacralité de notre tambour soit respectée !»

24/04/2016 1

Exploiter le tambour à des fins commerciaux et des femmes ou filles battant le tambour, deux éléments marquants la dévalorisation de ce bien culturel, selon les vieux tambourinaires. Ce vendredi 22 avril, à Gitega, ils appellent les autorités à couper court avec ces pratiques.

Les tambourinaires
Les tambourinaires

« Suite à la pauvreté, le tambour est devenu une source de revenu pour certaines gens », a affirmé Evariste Ndikumana, professeur au Lycée communal de Muramvya, tambourinaire depuis 1988. Comme cet élément culturel est déjà inscrit au patrimoine mondial de l’humanité, estime-t-il, les autorités devraient tout faire pour éradiquer ce phénomène. Il rappelle, par ailleurs, que culturellement le tambour est sacré, un signe du pouvoir. « Battre le tambour pour des mariés, c’est une violation de notre culture. »

Un autre vieux tambourinaire de Gishora ne tolère pas de voir une femme en train de battre le tambour. D’après lui, certaines parties du corps portent les mêmes noms que celles d’une femme. Mais cet homme fait savoir que les jeunes filles peuvent accompagner les tambourinaires par la danse. Ils demandent également que le gouvernement s’implique dans la multiplication des arbres servant à fabriquer le tambour (Imivugangoma).

Sylvère Nsagirije, secrétaire permanent au ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, confie que le tambour constitue un bien culturel fondamental de la culture burundaise : « Nous devons protéger le tambour parce qu’il est notre identité. » Pour lui, son exploitation pour des fins commerciales est liée à la pauvreté, ce qui rend difficile l’interdiction de cette pratique. 

Gitega, le gagnant du 2ème festival du tambour

Organisé sous le thème « Le tambour, lumière du Burundi, pilier de la paix », ce rendez-vous culturel a vu la participation de dix provinces (Bujumbura, Cibitoke ( ouest), Ngozi, Muyinga (nord), Muramvya, Karusi, Mwaro, Gitega ( au centre), Rumonge ( au sud) et Rutana ( est). Un spectacle agrémenté de chansons traditionnelles a été offert au public, devant le Musée national de Gitega.

A la fin de la compétition, le club des tambourinaires de Gishora (Gitega) a remporté la 1ère place, suivi de Ngozi et Rutana. Les trois provinces ont reçu respectivement 500.000Fbu, 300.000Fbu et 200.000Fbu.
Toutes les autres provinces ont reçu une enveloppe de 100.000Fbu, y compris la dernière (Mwaro). M.Nsagirije a précisé, par ailleurs, que toutes les provinces avaient invitées.

Pour rappel, un autre festival de ce genre avait été organisé, début 2015.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Vivent les tambours sacrés du Burundi, une partie de notre culture que tous les Africains nous envient. Nos Rois étaient vaillants ! Le peuple burundais aussi. Protégeons bec et ongle cet instrument de grande valeur pour notre identité et notre culture. Ce n’est pas courant, pour un pays Africain, en l’occurrence le Burundi, connu plutôt pour sa classe politique dirigeante médiocre, pour les tirs de policiers à balles réelles sur des manifestants non armés, qu’il ait un élément de sa culture inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

« Nyakamwe » n’est pas seul

Cinq ans après la disparition du journaliste Jean Bigirimana d’Iwacu, sa famille porte toujours le deuil avec douleur. On sent chez elle une sorte de résignation stoïque suite à la perte de son cher fils, qui était aussi un pilier (…)

Online Users

Total 1 543 users online