Lundi 04 mars 2024

Économie

Pénurie du carburant : Le transport vers l’intérieur du pays perturbé

17/07/2023 Commentaires fermés sur Pénurie du carburant : Le transport vers l’intérieur du pays perturbé
Pénurie du carburant : Le transport vers l’intérieur du pays perturbé
Des passagers disent passer la nuit devant les agences de transport vers l’intérieur du pays attendant des bus en vain

Suite au manque persistant de carburant, certaines agences de transport vers l’intérieur du pays ont suspendu des voyages dans certaines provinces. Sur le parking de ces agences, certains passagers disent y avoir passé la nuit en attente de bus en vain. Ils demandent au gouvernement de trouver des solutions durables à la carence des produits pétroliers.

A 11 heures ce 17 juillet devant les bureaux des agences de transport vers l’intérieur du pays, derrière le marché de Cotebu au nord de la ville de Bujumbura, plusieurs passagers attendent des bus. Certains font la queue devant les bureaux des agences. Quelques agences vendent des tickets et demandent aux passagers d’attendre des bus qui vont arriver tard dans l’après-midi.

Lorsqu’un bus arrive, des spéculations sur la vente des tickets s’installent. Des commissionnaires, surtout des agents portant des badges de certaines agences, achètent des tickets au prix normal et les revendent au double. Après un certain temps, des passagers avec des moyens limités sont informés que le bus est plein alors qu’ils font la queue depuis le matin.

D’autres passagers s’assoient avec leurs bagages et attendent avec désespoir, car les agences ne disposent pas de bus à destination de leurs provinces. Certaines agences ont suspendu des voyages vers certaines provinces dont Kirundo, Muyinga et d’autres provinces les plus éloignées de la ville de Bujumbura.

Entre-temps, des véhicules des particuliers y passent pour profiter de ce manque de bus suite à la pénurie du carburant. Leurs chauffeurs proposent aux passagers le double ou le triple du ticket normal. Les passagers pressés préfèrent cette option qui est plus chère.

« Je suis venu ici hier très tôt le matin. J’y ai passé toute la journée et la nuit en attendant le bus en vain. Je ne vois pas comment j’arriverai à Muyinga », se lamente un jeune homme rencontré sur une file d’attente devant une agence de transport.

Pour un infirmier à l’hôpital de Gahombo en province Kayanza, l’absence est déjà enregistrée alors qu’il devrait se présenter au travail à 8 heures ce 17 juillet : « Je suis arrivé au parking avant 6 heures espérant trouver un bus immédiatement. Malheureusement, il n’y a pas de bus. Cette pénurie du carburant devient de plus en plus insupportable ».

Pour les passagers qui se rendent dans les provinces du nord du pays comme Kirundo, Muyinga et à Cankuzo, la situation est plus compliquée après que des agences de transport suspendent des voyages vers ces provinces.

« Il y en a ceux qui ont passé la nuit dans ce parking espérant trouver un bus. On est vraiment fatigué. Pour les véhicules des particuliers, ils exigent 30 mille BIF pour Bujumbura-Kirundo, un trajet pour lequel on devrait normalement payer 14 mille BIF », indique un passager de la province Kirundo.

Pour lui, le manque à gagner et évident. Il explique avoir des problèmes à résoudre dans l’urgence à la maison, ce qui est pratiquement impossible avec ce manque de bus. Il appelle aux hautes autorités du pays à trouver des solutions durables à cette pénurie.

Quand l’or noir devient de plus en plus rare

La situation est la même de l’autre côté dans un parking installé devant le marché de Cotebu. Plusieurs passagers attendent des bus à 11 heures 30. Pour le peu de bus qui y passent, les prix de transport ont presque triplé.

« Après avoir constaté la situation dans les agences de transport, je suis venu ici espérant une différence. Pour le trajet Bujumbura-Ngozi, le ticket est de 20 mille BIF alors que le prix normal est de 9 500 BIF. On doit aussi payer 20 mille BIF pour Kayanza où le ticket normal est de 8 000 BIF », confie C.N., un passager se rendant à Ngozi. Selon lui, le ticket pour Bujumbura-Ngozi est à 35 mille BIF pour les petits véhicules de type Probox.
Pour d’autres passagers, il n’est plus question de payer le double ou le triple du ticket normal pourvu qu’on trouve un bus pour arriver à leur destination.

Un chauffeur rencontré dans ce parking regrette que la plupart des bus fait la queue sur différentes stations-services pendant des jours, ce qui fait que le transport en commun est considérablement perturbé.

Selon lui, la carence du carburant entraîne des spéculations dans sa vente : « Le carburant devient de plus en plus rare au Burundi. Ce matin, on m’a proposé 20 litres pour 250 mille BIF. J’ai fait des calculs sur le transport aller-retour pour le trajet Bujumbura-Ngozi. J’ai trouvé que je ne peux pas récupérer cet argent si je ne hausse pas le ticket jusqu’à 30 mille BIF. J’ai rejeté cette offre pour ne pas m’engager dans la spéculation ».

Il déplore que les chauffeurs ne soient pas permis d’aller chercher du carburant dans les pays voisins comme en République démocratique du Congo : « Il y a plein de carburant en RDC. Pourquoi ne pas nous laisser le chercher là-bas, comme il y a pénurie persistante dans notre pays ? ».

Dans l’émission publique de ce 13 juillet, la porte-parole du président de la République, Rosine Guilène Gatoni, a fait savoir que les stocks burundais à Dar Es Salaam en Tanzanie disposent d’une quantité suffisante du carburant : « Un grand défi est son transport de la Tanzanie au Burundi. Il y a des non-patriotes qui refusent d’assurer le transport du carburant alors qu’ils ont des camions-citernes. D’autres importent le carburant et approvisionnent une partie des stations-services ».

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