Le président de la République Évariste Ndayishimiye a dénoncé les résistances internes qui freinent les réformes engagées mettant en garde contre leurs impacts sur l’État, le développement et l’attractivité du pays. Cette déclaration a été faite lors de la présentation officielle de l’ouvrage « Une nation en marche. 60 ans de pièges déjoués, Ndayishimiye et le nouveau chapitre du Burundi », le mercredi 14 janvier, à Bujumbura.
« Certains disent qu’ils ne veulent pas que je revienne en 2027. Mais, êtes-vous sûrs que je serai encore là ? Je ne suis pas immortel. » C’est par ces mots qu’Évariste Ndayishimiye a surpris l’assistance, à la veille de l’élection présidentielle de 2027.
Selon le président de la République, le débat devrait davantage se concentrer sur la continuité de l’État au-delà des ambitions personnelles. Il a par ailleurs fustigé les calculs politiques et le comportement de certaines personnes qui, selon lui, refusent de lui prodiguer des conseils pour des objectifs qu’il qualifie de mesquins. « Ils oublient que si j’échoue, c’est tout le pays qui échoue ».
Lors de cet événement, plusieurs participants ont insisté sur la nécessité de mener des réformes structurelles dans tous les secteurs du pays pour atteindre la vision, Pays émergent en 2040 et pays développé en 2060.
Dans son allocution, le président Ndayishimiye a dénoncé le rôle négatif de certains fonctionnaires de l’Etat qu’il accuse de freiner la mise en œuvre des réformes malgré sa volonté affirmée de changement.
Selon lui, ces blocages ont même des répercussions sur l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. Il a affirmé que certains d’entre eux lui ont déjà déclaré qu’ils ne reviendraient plus investir au Burundi à partir de 2027. « Parce que je leur fais mal avec mes réformes, ils ne veulent plus revenir ».
Pour étayer ses propos, le chef de l’Etat a cité le dossier de Kira Hospital, impliquant une société mixte (Swiss Clinic) qui a porté plainte contre son actionnaire. Il a expliqué avoir demandé aux différentes parties de se présenter séparément avec leurs actions respectives. « Les actionnaires étaient d’un côté avec leurs parts et la société mixte de l’autre. Mais, la société mixte, pourtant présentée comme actionnaire, était absente du coté des actionnaires », a-t-il révélé.
Face à cette situation, le chef de l’État dit s’être interrogé sur les conditions dans lesquelles cette société mixte est devenue actionnaire. Selon lui, cette situation est le résultat du manque d’analyse et de rigueur de la part de certains fonctionnaires de l’Etat. « Ils n’avaient pas le temps d’analyser le dossier. C’est ainsi que certaines sociétés sont venues pour voler l’État », a-t-il dénoncé.
Des instructions présidentielles restent lettre morte
Parmi les autres secteurs jugés « résistants » à la réforme figure le système éducatif. Le chef de l’État accuse ses ministres de tutelle successifs de ne pas avoir mis en œuvre ses instructions depuis son arrivée au pouvoir. « « Depuis ma prise de fonction, j’ai instruit le ministre de l’Éducation d’engager une réforme. Nous savons où nous allons et le profil des élèves attendus dès la 1ʳᵉ ou la 2ᵉ année, afin de mieux planifier l’enseignement. Malgré les critiques contre l’école fondamentale, on ne peut pas laisser des enfants de moins de 11 ans sans formation. Il faut au moins chercher la façon dont ils quittent l’école avec esprit de discernement. Malheureusement, les résistances persistent car, certaines personnes ne souhaitent pas cette réforme », s’est lamenté le président Ndayishimiye.

Les co-auteurs de cet ouvrage ont aussi souligné l’importance du secteur de l’Education pour le développement du pays. L’ancien président Sylvestre Ntibantunganya a, pour sa part, insisté sur l’urgence d’y mener des réformes. « Nous avons besoin d’une profonde réforme de notre système éducatif afin de parvenir à un développement durable », a-t-il estimé.
Le président Ndayishimiye a également fustigé l’absence de critiques constructives qu’’il considère comme un frein au développement du pays. Selon lui, si d’autres nations ont progressé, c’est parce qu’elles ont su accepter des critiques utiles et responsables. Il estime qu’aujourd’hui, au Burundi, les critiques se limitent souvent à des reproches stériles.
Il a notamment cité l’exemple des attaques récurrentes sur la question de devises, déplorant que certains se contentent de dire. « Vous n’avez pas de devises » sans proposer de solutions.
Abordant la question de lutte contre la corruption, l’un des principaux défis au développement du pays, Gabriel Rufyiri, représentant légal de l’Olucome n’a pas mâché ses mots. Selon lui, « on ne réussira pas la lutte contre la corruption avec des institutions instables » soulignant par ailleurs que les dirigeants doivent se sentir responsables et redevables devant la population.
Dans le même registre, le président Ndayishimiye a reconnu l’ampleur du phénomène. « Quand j’ai initié la réforme budgétaire avec l’introduction du budget-programme, je suis devenu l’ennemi numéro un des fonctionnaires de l’Etat. La corruption est devenue une culture », a-t-il déploré. Pour lui, il doit y avoir un changement de mentalité.
Il est à noter que l’ouvrage qui a été présenté est signé par Dr Benjamin Ndagijimana, avec la collaboration de Janvière Ndirahisha, Désiré Manirakiza, Gabriel Rufyiri, Alain Ndikumana et Pacifique Manirakiza. Il a été préfacé par l’ancien président Sylvestre Ntibantunganya.









Depuis ma prise de fonction, j’ai instruit le ministre de l’Éducation d’engager une réforme: si ministre ne veut pas faire des réformes, pourquoi le maintenir au gouvernement? Si les fonctionnaires de l’État s’opposent aux recommendations du Président: pourquoi les garder?
Ce langage doit changer dans la bouche e notre Président, si non on corit qu,’il y a une équipe qui dirige le pays ou lui aussi a des dossiers cachés dont il peur qu’ils soient mis à ciel ouvert.
Les fonctionnaires corrompus sont connus, mais ils ne sont pas punis.
Prenez l’exemple au Rwanda ou des ministres sont limogés à cause de 500mill FRWA, les policiers , la magistrats et les administratifs sont attrapés régulièrement et mis en prison.
Il dit quand il échoue, c’est toute la population qui est échoue: pas vrai. Quand une équipe de footbal est échoue, qui est chassé en premier c’est l’entraineur.