Mardi 27 septembre 2022

Santé

Mpanda : Vasectomie perçue comme un épouvantail

25/01/2017 12

L’hôpital de Mpanda pratique une nouvelle méthode contraceptive masculine. Malgré une campagne de sensibilisation, les hommes sont réticents de par son caractère définitif.

La population de Mpanda n’est pas emballée par la vasectomie
La population de Mpanda n’est pas emballée par la vasectomie

10h à l’hôpital de Mpanda, ce mardi 17 janvier. Aucun homme en vue au service de planning familial où l’on pratique la vasectomie. « Nous n’avons reçu aucune personne aujourd’hui », affirme une infirmière. Ce service a débuté le 9 janvier à cet hôpital.

Dans son programme de planning familial, le ministère de la Santé vient de mettre en place une campagne sur la contraception masculine définitive : la vasectomie. Cette méthode consiste en la ligature des canaux déférents (conduits par lesquels le sperme est évacué des testicules) de l’appareil génital de l’homme, qui entraîne sa stérilisation irréversible.

Seuls deux hommes ont, jusqu’ici, répondu à l’appel, selon le directeur de l’hôpital de Mpanda, Dr Aimé Fabrice Niyonkuru. Il indique pourtant que la population est assez sensibilisée via les centres de santé. Il évoque la contrainte de déplacement, seul l’hôpital de Mpanda ayant un médecin spécialisé en la matière dans toute la province de Bubanza.

« De la folie, du jamais vu… »

Des hommes rencontrés aux environs de l’hôpital se déchaînent. Un père de deux enfants frôlant la trentaine affirme avoir peur des éventuels effets négatifs : « Ils nous opèrent gratuitement, mais quand ça tourne au vinaigre, se faire soigner demande des moyens. Je préfère faire le planning autrement. »

Un autre homme, la quarantaine, est sidéré : « De la folie, du jamais vu ! Je n’avais jamais jusqu’ici entendu un homme qui se fait stériliser. Même la Bible l’interdit ! » Ce père d’un enfant dit qu’il ne peut pas oser « commettre ce péché », il préfère les méthodes contraceptives naturelles.

Il confie que la mère de son enfant est tombée enceinte alors qu’elle était censée être stérile. Selon lui, elle avait utilisé une méthode contraceptive partielle. « Mais par miracle et à notre grande surprise, nous avons procréé. » Raison de plus, pour lui, de ne pas croire en ces méthodes artificielles.

«Stérilisation masculine ? C’est la toute première fois que je l’entends », s’étonne un autre père de deux enfants. Ce dernier dit, toutefois, que se faire stériliser définitivement est un moyen sûr pour ceux qui ne veulent plus procréer. Pour lui, l’essentiel est l’entente dans le couple sur quelle méthode à adopter. Il confie qu’il a décidé de se limiter à deux enfants, tout en ne se servant pas d’une méthode contraceptive artificielle. « Et j’y arriverai ! »

Une jeune femme assure qu’elle autoriserait son mari à faire la vasectomie, suite à la pauvreté et à la famine qui frappent le pays. « L’on ne peut pas continuer à mettre au monde des enfants qui mourront de faim, sous nos yeux. »
L’administrateur de la commune Mpanda, Fréderic Congera, dit soutenir cette campagne. « La limitation des naissances est plus que nécessaire pour le développement du pays. »

Signalons que la campagne de sensibilisation sur la vasectomie se déroule aussi dans la province de Kayanza.

Forum des lecteurs d'Iwacu

12 réactions
  1. Désiré NIMUBONA

    Sur ce sujet, il y a beaucoup de questions et d’inquiétudes:
    Je vois dans cette pratique un vagabondage sexuel de certains hommes qui feront des rapports non protégés sans se soucier d’avoir des enfants hors mariages.
    Contrairement au préservatif masculin ou féminin, la vasectomie ne permet en aucune façon une protection contre les infections sexuellement transmissibles.
    Est-ce que la vasectomie est légale au Burundi ? la loi burundaise considère la vasectomie comme une stérilisation à visée contraceptive, choisie lorsque d’autres méthodes de contraception ont échoué ?
    Est-ce que le patient est informé des risques que comportent l’opération, de ses conséquences et des soins post-opératoires afin de permettre un consentement éclairé ?
    Quel est le délai de réflexion en concertation avec le médecin avant la décision ? Ce la suppose une volonté libre, motivée et délibérée en considération d’une information claire et complète sur ses conséquences.
    Les normes éthiques ne doivent pas aussi être ignorées. Merci!

  2. Muneza

    Entendu au rwanda ou ca n’a pas attire grand monde non plus.

  3. Havyarimana

    « L’administrateur de la commune Mpanda, Frédéric Congera, dit soutenir cette campagne. », la charité bien ordonnée commence par soit-même, a-t-il déjà été candidat?
    Quand il dit que « La limitation des naissances est plus que nécessaire pour le développement du pays. », combien de familles burundaises sans aucun enfant ou avec un seul mais qui vivent dans la misère sans nom aujourd’hui?
    De toute façon ce ne sont pas ces pratiques inhumaines qui amèneront le développement au Burundi, les solutions pour un développent durable ne manquent pas seulement il faut bien élucider toutes ces problèmes internes qui hantent le Burundi.
    Celui que Dieu, le Tout Puissant, a voulu qu’il soit stérile l’a créé stérile.

  4. Jean Bigirimana.

    Ca c’est le developpement durable. Allez les gars : A la table de billard. Plus de boules. moins de bulles.

    • Martinez HARAJWE

      Dr Aimé nadutangurire ico gikorwa ciza nawe kiramuraba nafate iya mbere dukurikire.

      • Kagabo

        Be na Musitanteri. Moi je dis non à ces méthodes irréversibles qui dénaturent la personne humaine.

  5. KABADUGARITSE

    Et si on stérilisait les appareils digestifs et et limitait l’attribution des parcelles pour éviter les détournements de l’argent public! Ce serait mieux que ce qui me semble inoffensif face au fléaux plus importants!

  6. Pablo

    Yewegaye ivyo turavyiyamirije hari umugabo yokwemera gukonwa? ??

  7. Traduit

    « Je n’avais jamais jusqu’ici entendu un homme qui se fait stériliser. »

    Moi je dirais plus précisément « un homme qui se fait castrer volontairement ».

    • Jack Havyalimana

      PAS NOUVEL. CANADA,USA CES PRATIQUES EXISTENT.

      • KABADUGARITSE

        Alors que ce praticien s’envole pour ces cieux!

      • Traduit

        @Jack Havyalimana
        On n’a pas dit le contraire! Allez-y! Foncez vous-même!

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Une décision qui replace le droit à l’honneur

La décision gêne, dérange, embarrasse. La Cour de Justice de la Communauté Est-Africaine (EAC) a, dans sa chambre d’appel, conclu que la décision de la Cour constitutionnelle du 5 mai 2015 autorisant le candidat du parti au pouvoir d’alors à (…)

Online Users

Total 2 013 users online