Vendredi 06 février 2026

Société

Les bons de soins difficiles d’accès

06/02/2026 0
Les bons de soins difficiles d’accès
Pour l’hôpital prince régent Charles, les patients doivent être en ordre avec leur mode de paiement

Depuis que le ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Sécurité sociale s’occupe de certains dossiers de l’ancien ministère de la Solidarité nationale, des Affaires sociales, des Droits de la personne humaine et du genre, les malades qui bénéficiaient des services d’assistances ne savent plus à quel saint se vouer. Certains hôpitaux commencent à leur exiger un mode de paiement cash pour leurs soins. Ce qui n’est pas à leur portée. De son côté, le ministère affirme que rien n’a changé.

Plusieurs malades nécessitant des traitements trop chers et sur le long terme comme la dialyse lancent un cri d’alarme. Les bons de soins peinent à sortir du ministère qui coordonne désormais les affaires de l’ancien ministère de la Solidarité.

Les traitements qu’exigent l’oncologie, la dialyse, la chirurgie, une longue hospitalisation et bien d’autres coûtent extrêmement cher. Les malades font souvent appel à des âmes charitables pour pouvoir s’en sortir.

La mise en place d’un ministère de la Solidarité nationale, des Affaires sociales, des Droits de la personne humaine et du genre avait été pour les malades sans ressources un ouf de soulagement. Ce ministère n’existe plus. Ses missions ont été délocalisées dans celui du Travail, de la Fonction publique et de la Sécurité sociale. Aujourd’hui, avoir une assistance est un casse-tête.

Une femme qui a un enfant sous dialyse fait savoir qu’elle ne sait plus quoi faire. En plus d’être hospitalisé, son enfant suit des séances de dialyse. « Une séance coûte 500 mille BIF. C’est trop cher et la famille ne peut pas y arriver à elle seule », fait-elle savoir.

Elle assure que même en payant avec sa carte d’assistance maladie, elle n’y parviendrait jamais. Elle fait savoir qu’avec le nouveau changement, beaucoup de nécessiteux vont en souffrir énormément.

Une autre femme a vu un hôpital lui refuser le corps de son défunt mari à cause d’une facture trop élevée. « Le ministère de la Solidarité nationale nous a demandé de donner 10 millions BIF pour qu’il se charge du reste de la facture. Nous les avons donnés. Ce qui est surprenant, au moment où nous sommes sur le point d’enterrer le nôtre, l’hôpital refuse de nous donner la dépouille parce qu’il ne voit pas la signature du ministre qui est en voyage et nous exige des garantis. »

Eviter les pertes

A l’hôpital Prince régent Charles, une note qui concerne les patients bénéficiaires des bons de soins du ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Protection sociale est bien précise. Ces patients doivent être en ordre avec leur mode de paiement à partir du mois d’octobre 2025 jusqu’au 31 décembre de la même année.

Dans la même note, les patients qui ne pourront pas respecter le délai se verront leur service passer en mode paiement cash. Ce qui décourage les patients concernés.

La cheffe du service des admissions de cet hôpital explique que la mesure a été prise pour éviter les pertes. « Comment allions-nous justifier les impayés ? Il fallait qu’une mesure soit prise », explique-t-elle.
Les patients sont en deux catégories selon elle. Ceux qui ont des attestations d’hospitalisation et ceux qui ont des attestations de soins en ambulatoire. Tous sont assistés de la même manière.

Pour elle, le service social de l’hôpital, après avoir constaté qu’un patient mérite réellement d’être assisté le signalait :« Maintenant, ce n’est plus le cas, le patient se débrouille et nous présente son bon de soins ».
Elle ajoute qu’ils ont « des malades qui nécessitent des soins trop coûteux et qui, partant, ne peuvent pas payer. C’est là où le ministère intervenait. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui », affirme-t-elle. Elle donne un exemple d’un patient qui avait des séances de dialyse, mais qui a fini par mourir. « La facture était tellement élevée que l’hôpital ne pouvait pas laisser la famille prendre la dépouille. C’est un bienfaiteur qui est intervenu ».

« Rien n’a changé »

Obède Niyonkuru : » Rien n’a changé dans l’octroiement des bons de soins »

Obède Niyonkuru, porte-parole auprès du ministère du Travail affirme que rien n’a changé et que les services qu’offrait le ministère ayant la solidarité dans ses attributions sont toujours offerts par le nouveau ministère.

Il fait savoir qu’il y a, dans plusieurs institutions sanitaires, des agents du ministère qui enregistrent les malades les plus nécessiteux : « Les agents du ministère, avant d’enregistrer un patient, exigent des documents d’indigence attestés par les chefs collinaires. Ce sont les garde-malades qui se chargent de ce travail. »

Il précise que les agents du ministère travaillent en étroite collaboration avec les services sociaux de ces structures sanitaires et qu’ils font leur travail comme avant tout en précisant que ceux qui ont des attestations de soins en ambulatoire vont toujours à l’endroit communément appelé « Kwa Ndadaye ».

Lors d’une émission publique du 26 décembre 2025, au Stade royal de Muramvya, le Président de la République a annoncé que les services qui étaient fournis par le ministère de la solidarité le seront maintenant par celui du Travail, de la Fonction publique et de la Sécurité sociale.

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