Echanges commerciaux et affluence des touristes au ralenti, véhicules endommagés, perte de temps, le calvaire n’en finit pas pour les usagers de la RN3 suite à l’arrêt des travaux de réhabilitation de cette route. Ils réclament, à cor et cri, la reprise des travaux. Le Premier ministre rassure que les travaux vont reprendre sans pourtant préciser la date.
Emprunter la route Bujumbura-Rumonge-Nyanza est un véritable parcours du combattant. Elle est dans un état de délabrement alarmant. Le calvaire commence dans la zone Kinindo, commune Mugere au niveau de l’Université Lumière de Bujumbura. Des nids de poule très profonds donnent du fil à retordre aux automobilistes.
La situation se détériore quand il pleut. Ces nids de poule sont remplis d’eau boueuse obstruant le passage aux véhicules.
Un léger mieux s’observe dans la zone Kabezi. Mais, le calvaire reprend dans la zone Gitaza jusqu’à dans la zone Magara. La route reste impraticable. La partie qui longe le lac Tanganyika est dangereuse. A plusieurs endroits, la route est érodée mettant en danger les conducteurs et les passagers qui craignent que les véhicules ne dérapent vers le lac.
La situation devient aussi dangereuse quand deux véhicules se croisent. Chaque conducteur voulant à tout prix éviter de passer dans les flaques d’eau boueuse, peine à offrir un passage à l’autre. Chacun craignant de faire basculer son engin vers le lac.
Un peu plus au sud, vers les localités de Minago, Kagongo et Kizuka dans la commune de Rumonge, un petit répit s’y observe. Un tronçon d’au moins 20 km, à partir de l’entrée nord de la ville de Rumonge (quartier Nkayamba) jusqu’à Kagongo, est déjà réhabilité et asphalté par l’entreprise Sogea Satom. Un petit moment pour les voyageurs de pousser un ouf de soulagement.
La situation perdure et reste dangereuse aggravée par l’arrêt des travaux de réhabilitation de cette route, il y a de cela 13 mois.
Les usagers sont désemparés
Les usagers rencontrés se disent préoccupés par l’état piteux de la RN3. « Nous sommes mécontents de l’arrêt des travaux. Nous perdons énormément de temps. Avant nous faisions le trajet Rumonge-Nyanza pendant une heure. Le tronçon Rumonge-Bujumbura nous prenait 1h 20 min. Mais actuellement, nous mettons 2h et 3h pour parcourir respectivement les tronçons Rumonge-Nyanza et Rumonge-Bujumbura », se lamente Jérémie Nshimirimana, un chauffeur rencontré au parking du centre-ville de Rumonge.
Selon lui, les nids de poule se trouvant dans cette route causent des crevaisons et d’autres dommages aux véhicules. Les propriétaires de ses véhicules sont obligés d’acheter régulièrement des pièces de rechange à des prix exorbitants.
« Nos véhicules sont endommagés et les pièces de rechanges nous coûtent cher. Par exemple, les rotules qui coûtaient 30 mille BIF coûtent actuellement 100 mille BIF. Les pneus qui coûtaient 250 mille BIF sont vendus maintenant à 600 mille BIF. Une batterie qui coûtait 150 mille BIF revient à 350 mille BIF. Tous les trois mois, nous sommes obligés de faire réparer nos véhicules ».
Il interpelle les pouvoirs à réhabiliter la RN3 dans les meilleurs délais pour faciliter la circulation des biens et des personnes. « Du moment que nous payons régulièrement la redevance routière, il faut que la route soit réhabilitée ».
Il s’agit des mêmes lamentations du côté du nommé Birarane, chauffeur qui fait le trajet Rumonge-Nyanza.
« Tu peux travailler pendant une semaine et tout le versement est utilisé pour faire réparer le véhicule. Le prix d’un ressort a monté jusqu’à coûter 500 mille BIF alors qu’il coûtait avant 150 mille BIF. Or, un véhicule peut avoir 8, 9, 10 ressorts. Les véhicules sont toujours en panne. On ne peut pas progresser. Nous avons des ennuis avec nos patrons ».
Les passagers et les touristes ne sont pas épargnés
Les passagers ne sont pas à l’abri de ce calvaire. Ils dénoncent la hausse du ticket de transport.
« A cause de ces nids de poule, un traumatsme pour les femmes enceintes qui empruntent ce trajet. J’ai du mal dernièrement. Le véhicule a eu une crevaison et il a failli nous renverser dans le lac. C’est Dieu qui nous a sauvés », témoigne Jeannette Hatungimana, une passagère croisée au même parking de Rumonge.
Elle se dit choquée par la hausse intempestive du ticket de transport. Selon elle, le ticket est passé du simple au double, voire plus. « Il est passé de 6 500 BIF, 10 000 ou même 15 000 BIF ».
Elle déplore le temps qu’elle passe dans cette route avec tout ce cela entraîne comme cortèges de conséquences notamment le retard mis pour arriver à destination et la fatigue de tous les jours. « Je mets au moins 4 h pour arriver à Bujumbura ».
Tous les usagers de cette route ignorent la cause de l’arrêt des travaux de réhabilitation. « Nous avons vu les travaux commencer, mais nous ignorons ce qui a poussé les entreprises qui avaient gagné les marchés de les arrêter subitement ».
Ils souhaitent que la route soit réhabilitée. « Le transport des malades est très douloureux. Les patients souffrent de plus belle à cause de l’état piteux de la route. A cause des nids de poule, certains vomissent pendant tout le trajet », raconte N.H., une commerçante.
De son côté, Alexis Ndayisaba, un employé affecté au site touristique des eaux terminales de Mugara, déplore la diminution du nombre de touristes tant nationaux qu’étrangers.
« L’affluence des touristiques est devenue faible. Avant, nous recevions beaucoup de touristes mais dans ces jours-ci, suite à l’état piteux de la route, peu de touristes que ce soient burundais ou étrangers viennent. Nous recevions beaucoup de touristes surtout pendant les week-ends ».
Il fait savoir que même le tourisme domestique est au ralenti. Pourtant, se désole-t-il, le site touristique de Magara contribue d’une façon significative au développement de la commune Rumonge sans pourtant préciser les recettes que ce site génère. Cet employé précise que du lundi au vendredi les Burundais paient 5 000 BIF et 10 000 BIF samedi et dimanche. Les africains eux paient 40 000 BIF et d’autres nationalités paient 60 000 BIF.
Il fait savoir que même le tourisme domestique est au ralenti suite à l’état déplorable de la RN3. « Ceux qui ont des voitures ne s’aventurent plus craignant des pannes fréquentes ou d’autres dommages. Seulement, ceux qui ont des moyens évitent ce trajet. Ils font le contournement en passant par la commune Bururi. Ce qui les coûtent cher en termes d’argent et de temps ».
M. Ndayisaba interpelle lui aussi les pouvoirs publics pour réhabiliter cette route qui, selon lui, revêt un caractère stratégique. C’est une route régionale de la communauté Est-Africaine.
Le Premier ministre tranquillise
Le Premier ministre Nestor Ntahontuye, a effectué une descente sur la RN3, tronçon Bujumbura-Nyanza, le dimanche 18 janvier 2026 pour évaluer l’état d’avancement des travaux de sa réhabilitation.

Il a constaté que les travaux n’étaient pas à un stade satisfaisant, pour différentes raisons, sur les trois tronçons concernés par la réhabilitation.
« Il y a le déplacement des réseaux électriques. Il y a l’indemnisation des personnes affectées par le projet. Il y a aussi le besoin de décaissement d’avances surtout sur la route Rumonge-Nyanza qui doit se faire pour que l’entreprise puisse avoir des disponibilités budgétaires pour continuer à faire le travail sans problème », a fait savoir le Premier ministre.
Il a toutefois rassuré que les différents problèmes identifiés allaient bientôt trouver solution pour que les travaux puissent continuer normalement, sans pourtant donner plus de précisions sur la date butoir du redémarrage des travaux.
« Nous espérons que les problèmes qui sont sur cette route vont être résolus pour que les travaux puissent continuer afin que les usagers puissent pousser un ouf de soulagement lors de leur déplacement ».





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