Vendredi 13 février 2026

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L’approche « Une seule santé » au Burundi, un système sanitaire résilient

13/02/2026 0
L’approche « Une seule santé » au Burundi, un système sanitaire résilient
Les participants à la cérémonie de graduation de la 1ère cohorte de formation

La FAO, en collaboration avec le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage (MINEAGRIE) et le ministère de la Santé publique (MSP), a organisé le 4 février 2026, à Bujumbura, une cérémonie de graduation de la 1ère cohorte de formation sur l’approche de terrain « une seule santé ». C’était dans le cadre du projet « Pandemic Fund ». Les bénéficiaires de la formation ne tarissent pas d’éloges. Ils promettent de mettre en pratique les acquis de la formation dans la prévention et la riposte face aux maladies d’origine humaine, animale et environnementale.

Prenant la parole, Epimeni Nibizi, inspecteur général au MINEAGRIE, a indiqué que la formation intervient dans un contexte particulier marqué dans ces dernières années par la survenue récurrente des maladies humaines et animales. Ces maladies affectent à la fois la santé des populations, les moyens de subsistance des ménages et plus largement l’économie nationale.

Dans le secteur de l’élevage, a-t-il alerté, le Burundi fait face à une situation préoccupante liée à la propagation des maladies affectant le cheptel national. Ce qui entraîne des pertes considérables pour les éleveurs et fragilise l’activité économique de nombreuses familles rurales.
« Parallèlement, le secteur de la santé humaine continue d’enregistrer des menaces sanitaires récurrentes mettant à rude épreuve les services de santé ainsi que les systèmes de surveillance et de prévention », a reconnu Epimeni Nibizi.

Pour cette autorité, une surveillance épidémiologique bien menée devient un outil indispensable afin de détecter sûrement les événements sanitaires, comprendre les dynamiques de transmission et orienter efficacement les actions de prévention et de contrôle.

Il a précisé que la cohorte formée revêt à cet égard un caractère hautement symbolique et stratégique pour le Burundi.
« Elle constitue la première cohorte mise en œuvre dans le cadre du projet Pandemic Fund, la 5e au niveau national et surtout la première à intégrer de manière représentative le secteur de la santé animale et environnementale aux côtés de la santé humaine », a-t-il renchéri.

Il a fait remarquer que cette avancée répond à un besoin réel et plus longtemps exprimé en particulier par le système d’élevage qui joue un rôle central dans la détection précoce des maladies animales et dans la prévention des risques sanitaires.
M. Nibizi a invité les bénéficiaires de la formation à devenir des acteurs de la surveillance épidémiologique, capables d’observer, d’analyser, de signaler et d’agir ensemble dans une seule approche : « une seule santé ».

« On ne bâtit pas une maison solide sur des fondations fragiles »

De son côté, Appollinaire Masuguru, assistant du Représentant résident de la FAO, chargé des programmes, a reconnu, d’emblée, que les menaces sanitaires actuelles qu’elles soient d’origine humaine, animale ou environnementale ne connaissent ni frontières, ni barrières administratives.
« Les épidémies et les crises sanitaires émergentes nous rappellent chaque jour l’interdépendance étroite entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes », a-t-il indiqué.

Il a insisté sur la pertinence de l’approche « Une seule santé » et l’interconnexion entre les différents secteurs. Face à des menaces sanitaires réelles et persistantes, a-t-il souligné, nul ne peut réagir efficacement seul. « La collaboration et la complémentarité sont des leviers indispensables à toute réponse durable ».

Et de rappeler que les bénéficiaires de la formation constituent la première cohorte d’agents de terrain formé en épidémiologie dans le cadre du projet Pandemic Fund.
« Vous allez rejoindre le réseau des professionnels compétents capables de collecter, analyser et interpréter les données de surveillance épidémiologique au niveau communautaire, provincial et national », les a-t-il encouragés.
Pour lui, l’atelier a été une illustration concrète d’investir dans le capital humain, renforcer les compétences nationales et promouvoir une collaboration multisectorielle durable.
« On ne bâtit pas une maison solide sur des fondations fragiles. Ces fondations sont les fondations du système sanitaire résilient », a martelé Appollinaire Masuguru.

Les bénéficiaires ne tarissent pas d’éloges

Les lauréats reçoivent leurs certificats de formation

« Avant, chaque ministère travaillait en solo. Maintenant, nous allons essayer de travailler ensemble chaque fois qu’il y aura des alertes épidémiques. Nous pourrons aussi conjuguer nos efforts, essayer de discuter sur la riposte ou sur la prise en charge », a apprécié Mossi Bamutama, médecin directeur de l’hôpital de Rumonge.
Il a souligné l’importance de la nouvelle approche « Une seule santé ». Selon lui, la formation leur a permis d’avoir des connaissances aussi bien sur la santé humaine que sur la santé animale et environnementale.
« Dans notre pays, nous enregistrons des cas de décès dus au paludisme. La cause principale est le moustique qui se trouve dans notre environnement. Si nous travaillons avec les agents de l’environnement et de la santé animale, nous pourrons avoir une solution durable dans le cadre de la prévention ou de la prise en charge des différentes pathologies », a-t-il expliqué.

Le directeur de l’hôpital de Rumonge promet de vulgariser et de faire la restitution des acquis de la formation auprès des cadres de la commune. Il entend signaler à ses collègues et collaborateurs, de faire des investigations si c’est nécessaire, rapporter aux instances habilitées et proposer un plan de riposte, à chaque événement de santé publique au niveau de la commune,
Il s’agit de la même appréciation du côté d’Emile Nizigama, chef de section de parasitologie au Laboratoire national vétérinaire.
« Nous avons été outillés sur la façon de comment collecter, analyser, rapporter, communiquer et faire le suivi des données épidémiologique ».
Il a fait savoir que pour bien surveiller les maladies animales, il faut connaître les cycles de la maladie afin d’éviter sa propagation.

Ce laborantin a fait observer que la plupart des maladies humaines proviennent des maladies animales. Si on ne les surveille pas, a-t-il expliqué, il y aura une augmentation des maladies chez les humains.
« Il y a des maladies zoonotiques qui se transmettent de l’animal à l’homme et vice versa. Donc, il faut surveiller ces animaux afin d’avoir une bonne santé humaine, animale et environnementale. », a-t-il insisté.

Signalons que vingt professionnels de la santé humaine, de la santé animale et de la santé environnementale ont été formés sur l’épidémiologie de terrain dans le cadre du projet de renforcement des capacités nationales de prévention, de préparation et de réponse aux urgences sanitaires grâce à l’approche « Une seule santé au Burundi » financée par la Banque mondiale à travers l’initiative Pandemic Fund.

fao

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