Dimanche 05 février 2023

Économie

Kobero : un bureau et des produits stratégiques

L’activité économique se réduit principalement à l’importation du carburant et des fertilisants. Reportage à Kobero, principale entrée des marchandises importées.

Des camions bâchés transportant entre autres des fertilisants
Des camions bâchés transportant entre autres des fertilisants

Lundi 18 juillet, 10h. Kobero, nord-est du pays, 215 km de Bujumbura, à la frontière avec la Tanzanie. Une trentaine de poids-lourds sont garés au parking des nouvelles installations du bureau de l’OBR. Une chaîne d’autres camions-remorques s’étire sur une cinquantaine de mètres de l’extérieur de ces installations vers le petit ruisseau qui coule dans la vallée-frontière, à environ un kilomètre de là. Dans l’après-midi, il ne restait que onze camions bâchés et moins d’une dizaine de camions transportant des containers.

A l’entrée des installations flambant neuves de l’OBR, une vendeuse de bière, dont les principaux clients sont les chauffeurs de poids lourds, explique que c’est un jour exceptionnel qu’il y ait autant de camions. «Le trafic est souvent peu intense. Je ne vois passer que des camions citernes. Les chauffeurs repartent vite et n’ont pas assez de temps pour vider plus d’une bière. Mon petit commerce est presque ruiné. »

Des produits stratégiques, mais aussi…

A l’intérieur des installations, un déclarant, qui a requis l’anonymat, dira que les marchandises importées passant par Kobero sont essentiellement les produits stratégiques : le carburant, les engrais chimiques, les médicaments et les intrants industriels. Toutefois, il observe que le bureau de Kobero enregistre quand même un bon nombre de camions en transit chargés de matériaux de construction et d’articles divers. « L’économie plie mais ne rompt », renchérit-il. Et de montrer une dizaine de véhicules importés en transit.

Appréciation du shilling tanzanien : du mal au pire

Le déclarant dit que la chute des importations est due essentiellement au manque de devises et au faible pouvoir d’achat. Mais il relève que les effets de la spectaculaire flambée du cours du dollar par rapport au BIF pourront se manifester dans les deux ou trois prochains mois, le temps de passer la commande et le temps de la livraison de la marchandise.

Pour l’heure, il assure, aux côtés de Haquim Ndayavugwa, représentant des commerçants au marché de Muyinga, que le petit commerce transfrontalier est surtout handicapé par l’envolée du shilling tanzanien. Il faut 124 Fbu pour 100shillings. Les petits commerçants qui importaient pour moins de 2000 dollars et qui bénéficiaient de la faveur de la « déclaration simplifiée » hésitent à aller s’approvisionner en Tanzanie. Cela explique aussi le peu d’activité au bureau de Kobero.


Eclairage de l’OBR

Pour Ange-Danny Gakunzi, porte-parole de l’OBR, les camions citernes pour le transport du carburant et ceux qui transportent les fertilisants viennent en même temps et en grande quantité, d’où les gens qui observent ont tendance à dire que c’est juste ces importations qui passent par Kobero. Toutefois, elle signale que même les autres marchandises et produits passent par cette frontière. L’affirmation comme quoi les importations ont fortement diminué n’est pas correcte. Entre autres preuves, elle indique que si on fait une comparaison en terme nominal, les importations en quantité en juin 2015 sont évaluées à 46.685.488 kgm alors qu’elles sont de 64.197.603 kgm à la même période en 2016. Et de marteler : « L’activité économique a repris dans le pays et l’OBR est confiant que les importations vont se normaliser à la longue. »

Forum des lecteurs d'Iwacu

6 réactions
  1. venant

     »les importations en quantité en juin 2015 sont évaluées à 46.685.488 kgm alors qu’elles sont de 64.197.603 kgm à la même période »

    Pourquoi utilisez-vous le kilogrammètre (kgm) qui est une ancienne unité mécanique de travail n’appartenant plus au système international? Si vous voulez parler de quantité ou de poids, ça serait plus simple d’utiliser le kg tout court.

    Le kgm est la quantité de travail nécessaire pour élever une masse de 1 kg à 1 m de hauteur. Je ne vois pas en quoi le travail mécanique mis en jeu pour élever 46,7 ou 64,2 tonnes à 1 m de hauteur intéresserait le lecteur.

  2. mike

    Bon retour les grand ciseaux!

  3. MAYUGI

    Face à cette situation, le (s) gestionnaire(s) de ce pays sont-ils tranquilles?

  4. Bakari

    « Il faut 124 Fbu pour 100shillings. »
    Et avant? Comment cela se passait-il? Aucune idée de cette envolée!

    • Myba

      Ntakibazo biteye.Amahera turayafise ,umwimbu ni wose ,iterambere ni ryose.

      • MAYUGI

        Uri igito nka basobuje.

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Allo ? Econet Wireless ? Ne raccrochez pas

« La téléphonie mobile, facteur de développement. » Au moins dans deux ateliers, les professionnels des compagnies de téléphonie mobile démontraient noir sur blanc le lien entre sa pénétration et la croissance économique. Entre autres avantages : investissements directs, rentrées fiscales, inclusion financière, (…)

Online Users

Total 917 users online