Au Burundi, des couples catholiques disent avoir rencontré des difficultés lors du baptême de leurs enfants en raison des noms et prénoms kirundi ne correspondant pas à ceux des saints chrétiens. Certains prêtres exigeraient qu’un enfant porte un nom de saint pour être baptisé tandis que d’autres acceptent les noms kirundi, à condition qu’ils soient théophores, c’est-à-dire porteurs d’une référence à Dieu.
Plusieurs parents expliquent avoir été contraints de trouver un nom de saint sur-le-champ, le jour même du baptême, afin que la cérémonie puisse avoir lieu. D’autres rapportent des complications administratives par la suite, notamment à la mairie, lorsque le nom figurant sur l’acte de naissance ne correspond pas à celui inscrit sur la carte de baptême.
Face à ces situations contrastées, abbé Adrien Ntabona apporte un éclairage sur la question du nom dans la tradition chrétienne. Selon lui, le nom sert avant tout à désigner une personne ainsi qu’à lui proposer un idéal. Il rappelle que la pratique de donner des noms de saints a été introduite par les missionnaires afin d’offrir un modèle de vie chrétienne, certains fidèles allant jusqu’à choisir le saint célébré le jour du baptême pour en faire le patron de l’enfant.
Évoquant les exigences de l’inculturation, entendue comme la rencontre entre la foi et la culture, abbé Ntabona explique que certains chrétiens optent aujourd’hui pour des noms théophores issus de la tradition kirundi afin d’exprimer un idéal chrétien enraciné dans la culture locale. Il met toutefois en garde contre certains noms, y compris théophores, qui peuvent véhiculer des messages de haine ou de vengeance attribués à Dieu, estimant qu’ils ne sont pas appropriés dans un contexte chrétien.
Selon lui, les noms théophores traditionnels qui présentent Dieu de manière respectueuse et expriment l’amour du prochain ne posent pas de problème en soi. Il souligne que la question relève davantage de l’organisation interne de l’Église que d’un débat doctrinal. Il appelle alors à éviter les polémiques et les décisions prises de manière isolée, sans concertation au sein de la communauté ecclésiale.
Dans la même perspective, abbé Dieudonné Niyibizi, dans un article publié par l’archidiocèse de Bujumbura, rappelle l’origine historique de la pratique des noms chrétiens au baptême. Il écrit notamment que « les noms chrétiens puisent leurs origines dans l’antiquité chrétienne, notamment chez les martyrs du IVᵉ siècle, ère pivot du christianisme. Ces figures inspirent les prénoms baptismaux par leur témoignage héroïque, conviant les fidèles à l’imitatio sanctorum (l’imitation des saints). »
Abbé Adrien Ntabona invite plutôt les chrétiens à aborder cette question dans le calme, au sein des communautés de base et des conseils paroissiaux, afin de favoriser le dialogue et la cohésion. Il précise qu’il ne s’agit pas d’un sujet nécessitant un consensus global, mais d’un problème simple pouvant être résolu par la discussion et la compréhension mutuelle.
Dans l’attente d’une réflexion plus approfondie, il encourage les fidèles concernés à échanger paisiblement avec leurs curés, estimant qu’un nom qui exprime un idéal chrétien peut répondre à l’esprit du baptême. Pourvu que la démarche se fasse dans un climat de respect, de communion et de sérénité.





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