Il devient de plus en plus difficile de comprendre ce qui se joue réellement dans le secteur du transport en commun au Burundi. Le constat dressé par notre correspondant à Gitega, mardi 29 juillet, a de quoi inquiéter : « Le trajet Gitega–Bujumbura coûte entre 70 000 et 100 000 francs burundais par personne, et souvent, quatre passagers se partagent une seule moto. » Une image choquante qui semble désormais se répéter ailleurs : les parkings de Bujumbura, Rumonge ou Rugombo sont désertés. Les voyageurs, frustrés et démunis, expriment leur colère.
Les transporteurs, eux, se disent pris en étau. D’un côté, un gouvernement qui impose des tarifs bas, assortis de sanctions sévères. De l’autre, une crise persistante du carburant qui fait exploser leurs coûts d’exploitation. Beaucoup sont contraints de s’approvisionner au marché noir, où les prix atteignent jusqu’à cinq fois le tarif officiel. À cela s’ajoute la hausse des prix des pièces de rechange, des pneus, de la maintenance… Résultat : travailler en respectant les tarifs imposés revient à opérer à perte.
Face à cette équation impossible, nombre de transporteurs préfèrent suspendre leurs activités. Ils dénoncent des pénalités jugées injustes et réclament l’ouverture urgente d’un dialogue social franc et sincère avec les autorités.
Ce dialogue, pourtant indispensable, semble peu probable à court terme. Selon plusieurs observateurs, le gouvernement hésiterait à s’engager dans des discussions alors que les marges de manœuvre économiques sont très limitées. En toile de fond : la pénurie chronique de devises étrangères, la dépendance presque totale aux importations de carburant, une inflation persistante…
« S’engager dans un dialogue sans pouvoir proposer de solutions concrètes peut créer des attentes irréalistes, voire entraîner des concessions intenables », estime un analyste. Autre obstacle : l’incertitude institutionnelle. Avec l’installation de la nouvelle législature, le gouvernement est théoriquement démissionnaire. L’article 142 de la Constitution stipule que les fonctions ministérielles sont incompatibles avec un mandat parlementaire. Or, plusieurs ministres siègent déjà à l’Assemblée nationale. Ce flou politique vient compliquer davantage une situation déjà explosive.
Vers une crise plus profonde ?
Le manque de dialogue, s’il perdure, risque de transformer la crise actuelle en une paralysie prolongée. Le blocage du transport public pourrait avoir des conséquences lourdes : isolement de certaines régions, hausse des prix, ralentissement de l’activité économique, tensions sociales accrues…
Des solutions structurelles ont certes été identifiées : promotion de la mobilité électrique, meilleure gestion des devises, priorisation du carburant pour les transports en commun, renforcement des infrastructures routières. Mais ces mesures, louables, s’inscrivent dans le long terme. Elles ne répondent pas à l’urgence.
Aujourd’hui, la priorité est claire : trouver un terrain d’entente sur les tarifs. Le gouvernement souhaite préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Les transporteurs, de leur côté, cherchent à couvrir des coûts devenus insoutenables. Ce bras de fer, s’il se durcit, pourrait déboucher sur des grèves ou un effondrement total du service.
L’urgence est donc au dialogue. Non pas un dialogue de façade, mais une négociation honnête, pragmatique, centrée sur une vérité simple : sans compromis, c’est tout un pays qui risque de rester à l’arrêt.
un pays en désordre institutionnel,c’est comme un bateau 🚢 qui dérivé lentement sans capitaine qui tangue la tempête,pénurie sévère de carburant,etc…… pas de tourisme qui est bien organisé qui fait entre les devises.
Incapacité d’appliquer les lois,détournementdes ressources publiques,édudcation,santé,infrastructures laissées à l’abandon,corruption généraliseé ça veut (institutions faibles)
Son excellence le Président de la République va tout relancer d’ici 2027. On parie combien ?
Vivra verra. Wait and see… « Ubu nta bipinga »
Il y a pourtant des miracles au Burundi. Gagner des élections à presque 100% alors que la pauvreté et les pénuries s’aggravent dans tout le pays, n’est-ce pas un miracle ou de la magie? Car autrement il est difficile de croire que les gens qui souffrent de ceci ou de cela puissent voter à 100% pour ceux qui les font souffrir.
D’autres miracles ont suivi: élections des parlementaires, des sénateurs… 100% acquis au parti au pouvoir. C’est du nouveau au Burundi depuis 1993 (premières élections démocratiques dignes de ce nom), encore des miracles!
A tous ceux qui sont passés maîtres dans l’art de faire des miracles, ce n’est pas trop de leur demander de faire encore un petit effort pour produire un petit miracle consistant à ravitailler le carburant dans tout le pays. Vous avez désormais des pouvoirs illimités, faites-en usage pour trouver des solutions.