Culture

Du passé composé au futur simple : Mwezi Gisabo mort, Ririkumutima se lance à la conquête du pouvoir

04/03/2020 Rénovat Ndabashinze Commentaires fermés sur Du passé composé au futur simple : Mwezi Gisabo mort, Ririkumutima se lance à la conquête du pouvoir
Du passé composé au futur simple : Mwezi Gisabo mort, Ririkumutima  se lance à la conquête du pouvoir
Quelques jeunes invités au débat.

Des guerres d’influences, des intrigues… ont été observées dans le cercle royal après la mort du roi Mwezi Gisabo. Ce qui a abouti à la montée en puissance de Ririkumutima, la ‘’reine’’ prête à tout. Débat.

En 1908, le roi Mwezi Gisabo est mort, à Buhonga, aujourd’hui commune Kanyosha, province Bujumbura. Invités à débattre autour du thème : « Comment Mwezi Gisabo a-t-il préparé sa succession », les jeunes affirment qu’avant sa mort, ce roi a désigné son successeur. « Il avait choisi le jeune prince Mutaga Mbikije comme son remplaçant», raconte Ernest Mugwaneza, un jeune historien de l’Université du Burundi. Et malgré les tentatives de la reine Ririkumutima d’influencer la décision du roi, ce dernier va rester attaché aux principes de succession.

Et finalement, indique Félicité Niyomwungere, lauréate de l’Université Espoir d’Afrique, Mutaga Mbikije sera intronisé jeune. Et la reine Ririkumutima va faire partie du comité de régence.

Les ‘’tricheries’’ de Ririkumutima

Déçue de voir que le choix de Mwezi Gisabo n’est pas porté sur un de ses fils, la ‘’ reine’’ Ririkumutima enclenche des démarches de conquête du pouvoir.

Grâce à sa position, aux relations qu’elle entretenait avec le roi Mwezi Gisabo, Lin Niyukuri, étudiant en Sciences politiques, précise que Ririkumutima était surnommée ‘’ Bizima bitazimiza Mwezi’’.

Ce qui signifie que le roi avait confiance en elle, qu’elle était la plus aimée de toutes les reines. « Ainsi, elle pensait qu’elle avait le dernier mot sur le roi, qu’elle pouvait même avoir le privilège de mettre au monde un successeur du roi». Avant la mort du roi, raconte-t-elle, elle va tenter de convaincre le roi Mwezi Gisabo pour qu’un de ses fils soit son successeur. « Après son échec, elle parviendra néanmoins à intégrer le cercle fermé des régents. C’est elle qui va assurer la régence de Mutaga Mbikije après l’avoir arraché à sa mère l’accusant à tort et à travers de se méconduire.» Le jeune roi va alors grandir chez Ririkumutima.

Une stratégie, selon Ernest Murwaneza, pour faire croire à l’opinion qu’elle était sa ‘’mère biologique’’. « Ce qui va lui conférer directement le titre de reine-mère et plus tard en profiter pour placer ses propres fils. »

Une femme ambitieuse

Insistant sur ce comportement de Ririkumutima, Belinda  Iradukunda, lauréate de l’Université Espoir d’Afrique, la décrit comme une femme prête à tout pour arriver à son objectif. D’autres jeunes la considèrent comme une femme intelligente, ambitieuse et très attachée à sa descendance, à ses fils.

« En tout cas, c’était une femme extraordinaire, qui savait placer ses pions, ses enfants », souligne un jeune invité au débat. C’était faire preuve de courage que de chercher à influencer les décisions du roi vu l’organisation de la monarchie burundaise.

Il ajoute que cette femme savait mesurer les rapports de force : « Grâce à ses stratégies, elle parvenait parfois à influencer les conseillers du roi et les grands-chefs dans la prise des décisions.»

D’autres jeunes estiment que Ririkumutima n’est pas un modèle à suivre. « Même si elle a réussi à placer ses fils, à faire tuer le roi Mbikije, elle le faisait en violation de la loi, des principes », analyse une jeune participante au débat. Or, ajoute-t-elle, ce sont ces principes, la loi qui faisaient la force de la monarchie burundaise. « Tout était bien planifié en ce qui est de la succession du roi, des rôles des conseillers, des grands-chefs, des reines dans la gestion des affaires du pays. Or, pour Ririkumutima, la fin justifie les moyens». Elle estime que son arrogance a poussé ses fils à la violence jusqu’à tuer le roi Mutaga Mbikije.

Eclairage

Professeur Emile Mworoha

Selon l’historien Emile Mworoha, le roi Mwezi Gisabo a bel et bien préparé sa succession. La mère de Mbikije était Ntibanyiha. Et dans ce système monarchique, c’était le prince le plus jeune qui était souvent investi roi. Et Mutaga Mbikije avait alors été confirmé par les conseillers du roi comme successeur.

En 1908, le roi Mwezi Gisabo est venu à Bujumbura pour dire au revoir au Résident allemand. Et c’était pour la troisième fois. Et sur son chemin de retour vers Muramvya, le roi Mwezi Gisabo est mort à Buhonga, chez son Mutware Mareza.

D’après le Professeur Emile Mworoha, c’est durant cette période, avant que cette mauvaise nouvelle arrive à Muramvya et que son corps soit transporté à l’Inganzo de Kayanza, que les choses ont mal tourné.

Ririkumutima, du clan Abanyakarama, va en profiter pour assouvir ses ambitions. « Cette femme aspirait beaucoup au titre de reine. Elle avait des fils forts, influents comme Nduwumwe, Karabona, Bishinga, Bangura et Nganguzi. » Elle était tellement mécontente de voir qu’elle n’est pas la reine. Elle élimine Ntibanyiha et ses tricheries vont aboutir à sa désignation comme la mère de Mbikije. Et cela s’est propagé dans l’opinion. Par la suite, d’autres acrobaties vont déboucher sur la mort du roi Mutaga Mbikije après son mariage avec Ngezahayo, la mère de Mwambutsa, précise M. Mworoha.

Résultat d’un deal organisé par Ririkumutima. En effet, explique-t-il, Bangura, le demi-frère du roi et fils de Ririkumutima est allé « commettre l’adultère chez la reine Ngezahayo en l’absence du roi. »

Quand il est rentré, raconte-t-il, Mutaga Mbikije se défend et le blesse. Les autres fils de Ririkumutima vont chercher à venger leur frère. « Dans les combats, le roi est blessé et il en est mort. Ngezahayo du clan Abavubikiro sera aussi liquidée». Ce qui va déboucher sur le massacre de plusieurs personnes du clan d’Abavubikiro ordonné par Ririkumutima, les accusant à tort et travers d’avoir empoisonné le roi Mbikije.

Ririkumutima passera de vie à trépas en 1917. Ses descendants étaient devenus forts et sont restés en place même durant la colonisation.

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