Mardi 16 juillet 2024

Sports

Défis et espoirs des journalistes sportifs burundais

Défis et espoirs des journalistes sportifs burundais
Tungabose : « Aujourd'hui, il y a des matériels plus performants pour faciliter le travail »

Le 2 juillet est une journée dédiée à célébrer et honorer le travail des journalistes sportifs à travers le monde. À cette occasion, Iwacu met en lumière les voix des journalistes sportifs burundais. Des témoignages édifiants.

Pour comprendre l’évolution du journalisme sportif au Burundi, il est essentiel de se tourner vers les vétérans de la profession comme Tharcisse Tungabose. Pendant 39 ans, il a animé et produit plusieurs émissions, dont la célèbre émission sportive sur la Radio nationale.

« Quand nous avons commencé avec les émissions sportives, les tâches n’étaient pas faciles parce que les outils n’étaient pas adaptés », se souvient-il. « On utilisait des appareils appelés Nagra, qui pesaient 15 kg. Ce n’était pas facile de déplacer ces matériaux sur le terrain pour approcher les sportifs ». Malgré ces difficultés, Tungabose a su se faire une place en produisant plusieurs émissions, dont une diffusée deux fois par semaine à la radio nationale. « Les dirigeants des médias ne voyaient pas l’importance des émissions sportives, considérant souvent ces activités comme une perte de temps », témoigne-t-il. Les journalistes sportifs étaient perçus comme des amateurs et non comme des professionnels, ce qui compliquait leur travail.

Tungabose a également été témoin des transformations dans le secteur. « Aujourd’hui, il y a des matériels plus performants et l’Internet facilite grandement le travail », explique-t-il. Le journalisme sportif a évolué grâce à la passion et à la détermination de journalistes comme Tungabose. « Aujourd’hui, beaucoup de radios et de télévisions ont une main-d’œuvre de jeunes passionnés par le journalisme sportif et des matériels adaptés », note-t-il. Cependant, il déplore encore des lacunes en matière de formation et de déontologie. « Il y a un manque de professionnalisme et de solidarité entre les journalistes sportifs. Certains se disputent pour obtenir des scoops plutôt que de travailler ensemble pour enrichir les débats et les analyses », critique-t-il.

Travailler sans contrat et l’ignorance

Les journalistes sportifs burundais jouent un rôle crucial dans la promotion du sport et la diffusion des informations sportives. Toutefois, leur parcours est semé de nombreux défis. Habimana Alain Clovis de Irebe FM partage son expérience : « Les défis que j’ai rencontrés au cours de ma carrière de journaliste sportif incluent le déshonneur sur les terrains ». Il n’est pas seul dans cette situation ; d’autres journalistes ressentent le manque de reconnaissance et de respect dans leur travail.

Les conditions de travail des journalistes sportifs sont souvent inéquitables par rapport à d’autres secteurs du journalisme. « Nous sommes sous-estimés par les dirigeants des médias. On n’est pas traité à l’égal d’autres journalistes en ce qui concerne le salaire, et nous travaillons plus d’heures que les autres », explique un autre journaliste. Ils travaillent de longues heures, souvent durant les week-ends et tard dans la nuit, sans compensation adéquate.

Selon Liliane Nshimirimana, présidente de l’Association des Journalistes des Sports du Burundi (AJSB), « la plupart des journalistes qui animent les émissions de sport dans certains médias n’ont pas de contrat de travail. Ils travaillent comme des bénévoles ou stagiaires, sans carte de presse ». Cette situation précaire est exacerbée par un manque de formation et un traitement inégal comparé à leurs confrères journalistes dans d’autres domaines.

Plus de formations

Comme le souligne Habimana Alain Clovis, l’état actuel du journalisme sportif au Burundi montre des signes prometteurs, avec une meilleure cohésion sociale entre les journalistes et des conférences organisées par l’AJSB.

L’avenir du journalisme sportif au Burundi repose en grande partie sur l’amélioration de la formation des journalistes. De nombreux professionnels actuels manquent d’une formation adéquate en journalisme sportif. Une formation formelle est essentielle pour améliorer le professionnalisme et la qualité des reportages. « Il faut plusieurs séances de formation pour les journalistes sportifs. La majorité d’entre eux n’ont pas été formés », déplore un expert du secteur.

La technologie et les médias sociaux ont profondément transformé le journalisme sportif, offrant de nouvelles opportunités et défis. « La technologie et les médias sociaux influencent beaucoup notre travail car plusieurs informations que nous utilisons chaque jour y sont disponibles », observe Habimana Alain Clovis. Bien que cette facilité d’accès à l’information soit bénéfique, elle peut également conduire à une certaine paresse chez certains journalistes, qui se contentent de répéter les informations trouvées en ligne sans les analyser en profondeur.

Pour Nshimirimana, la Journée Mondiale des Journalistes Sportifs est l’occasion de réfléchir aux stratégies pour développer la profession et réclamer une reconnaissance équitable pour les journalistes sportifs. « Cette journée est une opportunité pour penser à des stratégies de développement et renforcer l’importance de notre métier », affirme-t-elle.

L’absence de formation spécialisée demeure un enjeu crucial. « Les jeunes journalistes sportifs sont souvent recrutés sans formation adéquate », observe Tungabose. « Les médias devraient investir dans la formation professionnelle et encourager une pratique plus éthique du journalisme sportif », affirme-t-il. Il appelle également les directeurs de radio et de télévision à favoriser la formation continue et à promouvoir le professionnalisme au sein des équipes de journalistes sportifs.

Selon la présidente de l’Association des Journalistes des Sports, c’est le 6 juillet 2024 que le Burundi célébrera cette journée.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Bite

    les journalistes sportifs les connus et admirés:
    1. Tharcisse Harerimana
    2. Tharcisse Tugamwese
    3. Theodore Nitunga.

Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu

Merci de prendre connaissances de nos règles d'usage avant de publier un commentaire.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, diffamatoires ou injurieux, appelant à des divisions ethniques ou régionalistes, divulguant des informations relatives à la vie privée d’une personne, utilisant des œuvres protégées par les droits d’auteur (textes, photos, vidéos…) sans mentionner la source.

Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire susceptible de contrevenir à la présente charte, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier. Par ailleurs, tout commentaire écrit en lettres capitales sera supprimé d’office.

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Dépités par nos députés

En décembre dernier, une députée a revendiqué, lors d’une séance de questions au ministre de l’Énergie, une station-service réservée uniquement aux élus, se plaignant d’être méprisée lorsqu’elle devait faire la queue. Ces propos ont profondément choqué l’opinion publique et ont (…)

Online Users

Total 2 178 users online