L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage (MINEAGRIE) et la Banque africaine de développement (BAD) ont organisé ce 19 novembre 2025 l’atelier d’achèvement du projet « multinational : renforcement de l’état de préparation et de la réponse d’urgence à la crise alimentaire au Burundi, aux Comores, en Somalie et au Soudan du Sud (SEPAREF).
Lancé en mai 2023, ce projet visait l’amélioration de la production agricole, la productivité et la résilience des systèmes de production agricole dans le pays, pour atténuer les risques à court et à long terme aggravés par la guerre en Ukraine. Les parties prenantes saluent ses résultats concrets.
Cette intervention, financée par la BAD à hauteur de 2 574 000 dollars dans le cadre d’un don accordé au Gouvernement du Burundi, est mise en œuvre par la FAO sous la supervision du MINEAGRIE. Elle a été déployée dans les anciennes provinces de Cibitoke, Gitega, Kayanza, Mwaro et Rutana.
Le projet était articulé sur trois composantes : l’augmentation de la production de semences de première génération, l’intégration de plateformes numériques d’alerte précoce et le renforcement institutionnel.
Lors de l’ouverture de l’atelier, Umberto Ciniglio, Représentant ad intérim de la FAO au Burundi, a rappelé l’importance de cette rencontre : « L’atelier d’achèvement du projet SEPAREF, qui nous rassemble aujourd’hui, se veut un temps privilégié pour dresser le bilan des actions menées et des résultats obtenus. Il offre également l’occasion de revisiter les enseignements tirés tout au long de la mise en œuvre, d’identifier les bonnes pratiques développées et de réfléchir aux moyens de les capitaliser afin de renforcer durablement les acquis du projet. »
Des résultats positifs dans plusieurs domaines
Le projet SEPAREF affiche, selon M. Umberto, une performance remarquable à l’approche de sa clôture prévue fin décembre 2025, avec 100 % de décaissement et 98 % de performance technique. Il a soutenu 13 752 ménages et généré des résultats concrets, notamment dans la production de semences de première génération.
Il a renforcé les capacités de plusieurs institutions nationales : ISABU, ONCCS, BPEAE, la Direction de la promotion des filières agricoles et des produits forestiers non ligneux, ainsi que des organisations de producteurs et des multiplicateurs privés. L’ISABU a bénéficié d’un appui important pour la production de semences de prébase (haricot, blé, soja, maïs hybrides trois voies) et pour les infrastructures d’irrigation et de conservation. Le projet a aussi introduit de nouvelles variétés élites de soja et de blé.

SEPAREF a organisé des foires aux semences pour les bénéficiaires vulnérables afin d’élargir l’accès aux semences de qualité. L’un de ses acquis majeurs est la Plateforme nationale de gestion des semences, qui facilitera désormais l’achat et le suivi des stocks en ligne.
Grâce à des ateliers de formation et des analyses IPC après chaque saison agricole, le projet a assuré un suivi rapproché de la situation alimentaire et nutritionnelle. Enfin, il a appuyé la formulation du Projet de développement intégré Burundi-Rwanda (BRIDEP).
Umberto Ciniglio a souligné que « les activités du SEPAREF ont contribué à l’amélioration de la production et des conditions de vie à travers l’augmentation des revenus issus de la vente des surplus. L’amélioration de l’environnement a également été mise en avant par la mise en place de dispositifs antiérosifs sur les parcelles de multiplication ainsi que la promotion de la lutte intégrée et l’utilisation des extraits végétaux et de biopesticides. »
La BAD satisfaite
De son côté, Pascal Yembiline, responsable pays du Groupe de la Banque africaine de développement au Burundi, a exprimé sa satisfaction face aux résultats obtenus. « Pour nous, c’est vraiment une grande satisfaction. Le projet a atteint à 100 pour cent ses objectifs. Il les a même dépassés dans certains domaines », a-t-il déclaré, avant d’assurer que la BAD reste engagée dans le domaine agricole. Il a rappelé que « la stratégie de la BAD pour la période 2024-2029 fait du développement agricole un axe majeur. En fait, c’est le premier axe d’intervention de la BAD. »
Il a salué la collaboration exemplaire entre la BAD, le gouvernement burundais et la FAO, affirmant qu’« il s’agit d’un modèle de coordination à suivre et à élargir aux opérations à venir ».
Les participants ont visité les stands d’exposition présentant des échantillons de semences produites, notamment des variétés de maïs, blé, soja et haricots. Les multiplicateurs de semences ont partagé leurs expériences.
Concilie Igirukwishaka, de Makebuko, a expliqué avoir reçu un appui important de la FAO, incluant semences sélectionnées et fertilisants. Grâce aux nouvelles techniques apprises, elle a cultivé huit hectares, vendu des semences lors des foires de février 2025 et gagné 20 millions de FBU, tout en fidélisant sa clientèle.
Gasunzu Evariste, de Giheta, a témoigné avoir multiplié des semences de haricots et de maïs grâce aux intrants du projet. Les deux années d’appui du SEPAREF, couvrant quatre saisons agricoles, ont nettement amélioré ses revenus et lui ont permis de payer sans difficulté les frais scolaires de ses enfants. Son succès a inspiré les membres de sa coopérative, qui ont également réussi à produire des semences de qualité.
L’atelier a également permis une démonstration de la Plateforme Nationale de gestion des semences, un outil destiné à moderniser l’accès aux semences et à assurer la traçabilité des stocks au niveau national.
Samson Musonerimana, Directeur général de l’ISABU, qui a représenté le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage à l’atelier, a reconnu les effets positifs de SEPAREF : « Nous sommes satisfaits de ce que le projet a réalisé. C’est un projet pilote qui a obtenu des résultats très satisfaisants et qui pourrait servir de modèle aux autres projets et programmes », a-t-il déclaré.
Les acquis du SEPAREF vont être mis à l’échelle par le projet BRIDEP qui est également financé par la BAD et qui est mis en œuvre au Burundi et au Rwanda.





