Selon les habitants de la colline Rwibikara, commune Busoni en province de Butanyerera, les discours pacifistes et réconciliateurs des autorités régionales peuvent atténuer les conflits et réduire les discours de haine. Ils considèrent que leur efficacité dépend des conditions politiques, institutionnelles et communicationnelles précises.
Les messages entre les gouvernements burundais et rwandais ont été largement accusateurs et très forts sur les responsabilités et l’implication de l’autre État dans des groupes armés et des tensions sécuritaires. Le Burundi accuse le Rwanda de soutenir, entraîner et abriter des groupes armés qui cherchent à attaquer le pays. Le Rwanda accuse à son tour le Burundi de projeter une offensive ou d’avoir un plan agressif contre lui.
En parallèle des discours officiels, des messages sur les plateformes communautaires en ligne ont des tonalités beaucoup plus hostiles contre des individus ou des groupes.
Selon les habitants de la colline Rwibikara, cette situation met à mal la cohabitation pacifique entre les peuples de la Région. Elle sème la zizanie, la méfiance et la haine.
Pour eux, quand les autorités du Rwanda, du Burundi et de la RDC appellent publiquement à la désescalade avec un discours rassurant, ils envoient un signal stratégique, notamment à la population, aux élites, aux forces de sécurité et aux médias.
« Les discours pacifistes et réconciliateurs des autorités des pays de la Région permettent d’atténuer les conflits et rassurent la population. Rwandais, Burundais et Congolais sont des frères. Il ne faut donc pas persister dans la haine et la méfiance », insiste un habitant de Rwibikara, une colline frontalière avec le Rwanda.
Jeanne Ndayizeye fait la même lecture. Elle considère que les Burundais et les Rwandais ont beaucoup de choses en commun qui dépassent leurs différences. « Les Rwandais sont nos amis et, de part et d’autre de la frontière, il y a des familles ».
Selon Juvénal Minani, le discours haineux a séparé, divisé les familles et engendré les violences. Il déplore la fermeture des frontières entre les deux pays. Il appelle les autorités concernées à éviter des messages et discours incendiaires mais de faire preuve de retenue et de privilégier le dialogue.
Selon Jean Claude Havugimana, chef de la colline Rwibikara, les discours et messages haineux des autorités influent sur le comportement des citoyens. Ils provoquent la méfiance et la haine.
Un message rassurant
« Un message rassurant donne l’espoir et atténue les conflits. Un leader qui est encore prisonnier de la haine doit se ressaisir pour asseoir la stabilité, consolider la paix et l’unité. », estime M. Havugimana.
Selon Remy Havyarimana, expert en résolution pacifique des conflits et responsable de la Maison Lueur d’espoir, le ton employé par les dirigeants influence le langage public.
Un discours inclusif délégitime la rhétorique haineuse, réduit la polarisation et offre aux médias un vocabulaire moins conflictuel.
Il appelle les dirigeants à la cohérence. Si la paix est invoquée dans les discours, elle doit aussi se traduire dans les politiques publiques et les pratiques diplomatiques.
Les tensions actuelles, conclut-il, ne pourront être désamorcées durablement que si les États reconnaissent la nature transfrontalière des communautés et construisent un développement fondé sur l’intégration régionale plutôt que sur le repli identitaire.
Pour Havyarimana, les citoyens connaissent leurs besoins. Ils sont prêts à coopérer. La responsabilité revient aux dirigeants d’initier et de faciliter les infrastructures et les projets transfrontaliers.








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