Mardi 13 janvier 2026

Politique

Chronique sur les messages de haine/Colline Gifunzo : Réduire les gens au silence peut engendrer les violences

13/01/2026 0
Chronique sur les messages de haine/Colline Gifunzo : Réduire les gens au silence peut engendrer les violences
Pour Acher Niyonizigiye, lorsqu'il est privé de ce droit, l'être humain cherchera tôt ou tard un autre canal pour libérer ce qu'il a accumule en lui

Certains habitants de la colline Gifunzo, commune Rutana de la province de Burunga, soulignent l’importance de la liberté d’expression. Ils considèrent que refuser la parole à des gens ne fait qu’exacerber les violences.

Certains habitants de la colline Gifunzo, zone et commune Rutana estiment que la peur et l’intimidation empêchent de nombreuses personnes de s’exprimer librement. « Il y a des gens qui gardent le silence par crainte de représailles ou d’être mal vus par les autorités », confie Patience Ndayisenga.

Pour un autre habitant, certains sont réduits au silence à cause des appartenances politiques. Ils considèrent par exemple qu’un membre de l’opposition ne mérite pas d’être écouté.

Une autre habitante témoigne qu’il arrive qu’on refuse la parole aux femmes sous prétexte qu’elles seraient à l’origine des conflits. « Les leaders devraient écouter la population et permettre à chacun de s’exprimer librement, sans discrimination ni préjugés. »

M.N indique que ceux qui étouffent la parole des autres cherchent à protéger leurs propres intérêts. « Ils veulent intimider pour empêcher que la vérité éclate. Cela peut servir à couvrir des détournements ou à favoriser un groupe particulier. »
Irankunda Berchmans plaide pour une culture de dialogue ouvert et sans peur où chaque citoyen se sent écouté et respecté dans son droit à la parole.

Pour ces habitants, lorsque les leaders refusent la parole à un groupe donné, cela peut conduire à la violence. « Les personnes réduites au silence chercheront, coûte que coûte, à s’exprimer, parfois de manière dangereuse pour la société. »

Cette population rappelle que le droit à la parole ne doit pas être bafoué. Elle appelle les leaders politiques et communautaires ainsi que les administratifs à rester à l’écoute de la population afin de répondre à ses doléances.

« Une partie intégrante de notre humanité »

Alexis Nduwimana, chef de la colline Gifunzo, affirme qu’il existe encore des personnes qui tiennent des discours autoritaires. « Ces gens parlent seuls, sans laisser les autres s’exprimer. Celui qui ose poser une question est aussitôt considéré comme un ennemi. »
Selon lui, empêcher la liberté d’expression a des conséquences graves. « Cela crée de la méfiance, des suspicions et peut pousser les membres d’un groupe réduit au silence à se révolter pour défendre ses droits. »
C’est pourquoi il souligne l’importance du dialogue. « Pour éviter que la situation ne s’embrase, nous organisons régulièrement des réunions où chacun est libre d’exprimer ses doléances. Je le fais souvent »

Selon Acher Niyonizigiye, expert en leadership et enseignant d’universités, l’expression d’un point de vue, même critique, ne doit pas se transformer en attaque personnelle. « Le droit à l’expression fait donc partie intégrante de notre humanité. Toutefois, il doit être exercé dans le respect de la dignité de l’autre. »

Cet expert fait savoir que dans notre culture, il existe une tendance marquée, surtout chez ceux qui détiennent le pouvoir, à imposer le silence à ceux qui sont sous leur responsabilité. Donc, plus une personne monte en responsabilité, plus elle peut être tentée d’étouffer les opinions divergentes. »

Acher Niyonizigiye fait savoir qu’on ne peut pas empêcher une personne de s’exprimer indéfiniment. Lorsqu’il est privé de ce droit, l’être humain cherchera tôt ou tard un autre canal pour libérer ce qu’il a accumulé en lui. « La violence peut donc devenir un moyen d’expression dans un contexte où le droit à la parole n’est pas respecté. »

Pour lui, un bon leader est celui qui écoute, comprend et agit en tenant compte de ce qu’il a entendu. « Cela crée un climat de confiance, de respect mutuel. Alors ce leader réussit sa mission. »

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