Culture

Au coin du feu avec Evode Ntahonankwa

19/05/2020 Hervé Mugisha Commentaires fermés sur Au coin du feu avec Evode Ntahonankwa
Au coin du feu avec Evode Ntahonankwa

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Evode Ntahonankwa.

Votre qualité principale ?

Je suis de ces gens qui croient que l’on peut forcer le destin par le travail, le courage, la persévérance. Je n’abandonne que quand j’ai atteint mon objectif. Aussi, dirais-je que j’ai appris à accepter ce que m’offre la vie, à m’adapter à chaque circonstance, quand bien même malencontreuse.

Votre défaut principal ?

Le manque de sang- froid.

La qualité que vous préférez chez les autres ?

L’honnêteté et la vérité.

Le défaut que vous ne supportez pas chez les autres ?

Le mensonge, la malhonnêteté et la jalousie.

La femme que vous admirez le plus ?

Ma femme. Malgré plus de 15 ans de vie commune, je trouve que sa beauté et sa bonté se bonifient de jour en jour.

L’homme que vous admirez le plus ?

Un homme de caractère et de décision aimant sa famille, le travail et son entourage.

Votre chanson « Mireille », qui était-elle ?

C’est une très belle fille, d’une simplicité exemplaire que j’ai côtoyée sur le banc de l’école comme je le dis bien dans cette chanson.

Où puisez-vous l’inspiration ?

C’est simple. Chaque fois, quand vient le moment de composer une chanson, je pars de mon propre vécu quotidien, de mes rapports avec les autres. Je chante tout ce que je vois autour de moi : l’autre, l’amour, la paix, la nature, les forets….Ceci pour vous dire que mes œuvres ne sont pas autobiographiques.

Votre plus beau souvenir ?

Les souvenirs de mon enfance et ma tendre jeunesse

Votre plus triste souvenir ?

La mort de mon père et de mon grand frère.

Quel serait votre plus grand malheur ?

Voir une pandémie décimer ma famille. Avec le covid-19, c’est une peur panique partout…

Le plus haut fait de l’histoire burundaise ?

La fondation du royaume du Burundi par Ntare Rushatsi. Pour moi, c’est un acte unificateur.

La plus belle date de l’histoire burundaise ?

L’indépendance du Burundi, le 1er juillet 1962.

La plus terrible ?

Elle concorde avec toutes ces tragédies qu’a connues le Burundi

Le métier que vous aimeriez exercer ?

Tout travail en rapport avec la musique : professeur de musique, ingénieur de son ou producteur

Votre passe-temps préféré ?

Passer du temps en famille en jouant de la musique, des fois en la créant. J’adore aussi regarder les films, faire un peu de lecture.

Votre lieu préféré au Burundi ?

Les belles plages du lac Tanganyika

Le pays où vous aimeriez vivre ?

Ma terre d’accueil, la Hollande. En tout cas, je m’y plais.

Le voyage que vous aimeriez faire ?

Faire le tour du Burundi pour le connaître dans tous ses recoins.

Votre rêve de bonheur ?

Mourir tranquillement comme j’ai vécu.

Votre plat préféré ?

Généralement, je raffole de tous les plats burundais. Mais, une bonne brochette accompagnée de la banane et d’une bonne salade faits d’oignons, c’est encore mieux.

Quelle radio écoutez-vous ?

Les radios sur internet, elles sont ma préférence. Surtout qu’il y en a plusieurs sur l’application « Radio Garden ».

Avez-vous une devise ?

Non

Quel est votre souvenir du 1er juin 1993 (le jour où le président Ndadaye a été élu) ?

Intense souvenir. Pour l’occasion, j’avais composé une chanson, d’ailleurs que je lui ai même dédiée. « Gira iyuva n’iyuja » .Et à ce qu’on m’a raconté, à chaque fois qu’il l’écoutait, il ajustait sa cravate (rires).

Votre définition de l’indépendance?

Liberté et paix

Votre définition de la démocratie ?

Gouvernement du peuple par le peuple. Malheureusement, c’est une « denrée » rare en Afrique.

Votre définition de la justice ?

Equité pour tous, égalité de tous devant la loi.

Ancien militaire, vous réorienteriez-vous dans cette carrière si c’était à refaire ?

Non, non pas du tout !! C’est un métier qui ne me convenait pas. De surcroît, mon physique n’était pas aussi fait pour ce genre de métier. Peut-être que ce qui me convenait, c’était jouer de la fanfare militaire.

Quel est votre chanteur préféré ?

Ils sont plusieurs. Francis Cabrel, Joe Dassin, etc. Côté burundais, c’est presque tout le monde mais, je préfère de loin Yoya Jamal. Je ne sais pas si c’est lié au fait qu’il m’a révélé que je l’ai inspiré….

A l’approche des élections 2020, pensez-vous que les musiciens ont un rôle à jouer?

La musique a et aura toujours un rôle à jouer. Il suffit de voir partout dans le monde, combien de concerts réunissent les protagonistes d’hier .Par contre, il faut que les musiciens ne soient pas des instruments des politiciens pour véhiculer des messages haineux.

La question des droits d’auteurs au Burundi, votre commentaire ?

Il est et il sera difficile de mettre cette loi en vigueur tant que le législateur ne comprend pas qu’il y ait des gens qui ont la musique comme leur gagne-pain.

Quels conseils donneriez-vous aux chanteurs burundais ?

Juste rester toujours soi-même, garder son propre cachet artistique. Parce qu’il ne suffit pas de chanter de la RnB pour être Ja Rule ou Puff Dady.

Si vous étiez ministre de la Jeunesse et de la Culture, quelles seraient vos premières mesures?

La création d’un grand studio et d’une école de musique pour promouvoir les talents qui n’ont pas de moyens.

Croyez-vous à la bonté humaine ?

Ohh que si ! C’est le « sel de la terre » comme aime dire Jésus Christ.

Pensez-vous à la mort ?

Non. En fait, je trouve que ce n’est pas si important tant que c’est une certitude. Seulement, ce qui m’importe, c’est éviter de faire du mal à quiconque pour gagner la vie éternelle.

Si vous comparaissez devant Dieu, que lui direz-vous ?

Demander pardon pour mes péchés.

Propos recueillis par Hervé Mugisha

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Bio-express

Chanteur-compositeur, Evode Ntahonankwa est né en 1970  sur la colline Siza de la commune Makamba, province Makamba. Choriste dès son jeune âge, ce n’est qu’après son orientation à l’école de formation des enseignants de Nyakabiga (EFI) qu’il s’initie véritablement à la musique. Des débuts permis par les  Frères de la Miséricorde. Après l’EFI Nyakabiga, il s’est inscrit à l’école des Sous-officiers. Un virage qui lui permet d’apprendre à jouer de la fanfare. « Un rêve d’enfant qui devient réalité », confesse-t-il.  Il va y apprendre à lire la musique et à jouer des instruments à souffle pendant les heures de service. Le temps de se perfectionner, il commence à écrire ses propres chansons dont la plus connue « Mireille ».En 2003, il quitte l’armée pour poursuivre  sa carrière musicale aux Pays-Bas. Marié, il est père de 2 enfants (un garçon et une fille).

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