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Société

Quand les arrestations provoquent des traumatismes…

La police effectue ces derniers temps des arrestations en présence des élèves. Selon un psychologue, il faut informer ces éduqués afin d’éviter qu’ils développent certains traumatismes psychiques.

Des gens arrêtés et rassemblés tout près de l’école fondamentale Musaga.

Des gens arrêtés et rassemblés tout près de l’école fondamentale Musaga.

Il est 10h, ce 12 mai dernier, au Lycée communal Mugamba en province Bururi. Prime Ndayishimiye, professeur d’histoire, se prépare pour dispenser son cours. Subitement, un véhicule de la police l’intercède et l’arrête immédiatement. « Il a été brutalisé sous le regard impuissant de ses élèves avant d’être embarqué dans un pick-up de la police.», se souvient un de ces élèves. Ce jour-là, ajoute-t-il, c’était la désolation totale : « Tout le monde se demandait le motif de son arrestation et pourquoi la police a forcé la porte d’entrée du lycée sans permission.»

Par après, la situation est devenue chaotique. Plus de 1400 élèves refusent de retourner en classe. « Les activités auraient été paralysées n’eût été le combat acharné du directeur du lycée et l’intervention d’autres autorités provinciales. »

Pire encore, s’indigne-t-il, une telle scène s’est répétée ce 17 mai quand la police, lourdement armée, est entrée dans les enceintes du même lycée. « Un élève déserteur du lycée est entré dans les enceintes de cet établissement, d’autres jeunes ont commencé à lui jeter des pierres avant que la police n’intervienne. »

Même constat à l’Ecole fondamentale de Musaga en Mairie de Bujumbura. Plusieurs personnes ont été arrêtées le matin du 13 mai dernier. La police les ressemble à l’intérieur du camp policier surnommé « camp jaune », tout près de cet établissement scolaire. Les élèves commencent à hurler et à jeter des pierres aux policiers. Ils entonnent dans la foulée des chansons naguère scandées pendant les manifestations avant que leurs encadreurs ne viennent les récupérer. « Nous étions en train de réclamer la libération de ces gens arrêtés, » lâche un élève rencontré à cette école. Et d’ajouter : « Nous sommes traumatisés de voir tout le temps des gens rassemblés tout près de notre école. De plus, nous ne pouvons pas suivre les cours tranquillement. »

« L’arrêt brusque engendre des chocs psychiques »

Pour le psychologue Bonaventure Nikoyandoye, ce genre d’évènement peut engendrer subitement un choc chez l’enfant. Et d’expliquer : « Il peut se sentir viser et peut développer d’autres maladies comme une crise cardiaque, paralysie, hypertension ou autres maladies ».

M.Nikoyandoye fait savoir que l’élève peut aussi développer une anxiété et des conséquences peuvent en subvenir. « D’où le comportement de jet de pierre pour défendre leur survie. Ce traumatisme les pousse à développer un mécanisme de défense. »

Si la relation enseignant-enseigné est perturbée, souligne ce psychologue, il y a une mise en cause ou un doute car l’enseigné croyait que son enseignant pourrait le défendre. Et de renchérir : « Alors que c’était un rôle de modèle qu’il pouvait suivre, ce sentiment se volatilise dans un laps de temps. »

Bonaventure Nikoyandoye conseille d’informer plus les élèves sur ce qui se passe afin de rétablir la sécurité et la confiance. « Sinon la résistance pourrait détruire le système éducatif », conclut-il.

Iwacu a voulu savoir auprès de la police s’il n’y a pas d’autres moyens pour arrêter les gens sans blesser ou traumatiser les enfants en vain.

  7   Vos commentaires
  1. Nduwingoma Pithagore

    Merci Iwacu pour les efforts que vous deployez informer et pour vos analyses.si ça ne m’a pas échappé (au cas où vous l’auriez fait),je serais intéressé de lire un article similaire traitant du choc provoqué par l’explosion de grenades lancées a l’aveuglette aux marchés, églises,bars,parkings et ailleurs,car il est aisément concevable que ce genre de choc est autrement rude que celui provoqué par une scène d ‘arrestation de malfaiteurs présumés

  2. Partout au monde les terroristes sont arretes partout ou on les trouves. Il faut suivre l’exemple de la France et de la Belgique pour comprendre comment on traite quelqu’un qui lance des grenades aux marches, ecoles, Bars et eglises, metro, aeroports……

    • BURKA

      M. Hima Jeremy, tu es sur que ce professeur d’histoire a lancé des grenades?

      • Micombero

        Sans doute

  3. Tijos

    Ce système DD décrie à qui veut l’entrendre les méthodes criminels de Micombero en 1972, malheureusement ils reprennent ces mêmes méthodes pour persécuter ceux qui s’opposent au maudit mandat. Ce que vous oubliez est que nous sommes au 21ème siècle, l’ère de l’Information. Rien ne sera caché, vous devrez payer tôt ou tard. La CVR dont la mission principale est de faire la lumière sur ce qui est arrivé à nos parents et grand parents, vous l’avez bloquées pendant 10 ans. Maintenant vous chantez à la longueur de la journée que vous avez été victimes des gournements qui se sont succédés dans ce pays!! Malheureusement pour vous, vous faites désomais partie de la liste de ces gouvernements. Uwuramvye azobona vyinshi, nayo uwapfuye yarikinze!!!

  4. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Rien d’étonnant, c’est comme cela que la police de Mr NKURUNZIZA se comporte depuis surtout avril 2015. C’est un véritable Etat dans un Etat. Elle arrête, torture et même exécute sans aucune forme de procès, qui elle veut, quand elle veut et où elle veut. Les exemples ne manquent pas.
    Dans cette jungle nationale où la loi du plus fort devient de plus en plus la règle, je me demande quel est le rôle actuel du Ministère burundais de la Justice qui s’est mué dans un silence assourdissant depuis avril 2015. Que fait-il réellement devant toutes ces violations massives et fragrantes des droits de la personne humaine ? On a l’impression que la police burundaise a apparemment a reçu le droit de disposer de vie ou de mort sur les citoyens soupçonnés à tort ou à raison de ne pas soutenir le 3ème mandat de Mr NKURUNZIZA. Je n’aimerais pas être a la place de l’actuelle Garde des Sceaux dont l’interview donnée récemment à RFI me fait toujours droit au dos tant elle laissait transparaitre son incompétence et son incapacité totale à se battre contre la violation de la loi au Burundi par une police de plus en plus incontrôlable ! A sa place j’aurais rendu le tablier depuis longtemps car quand la justice internationale frappera, elle pourrait comparaitre comme témoin ou complice de toutes les atrocités commises par la police depuis avril 2015 au Burundi. Elle pourrait arguer qu’elle n’est pas responsable de la police burundaise mais elle n’est pas moins coupable par son inaction désespérante et son silence complice.

  5. Ntazizana

    Courage chers élèves, naître et grandir au Burundi n’est pas facile . L’autorité qui devrait vous protéger est un monstre!

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