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Économie

Quand la pauvreté gâche la fête du mouton

28-09-2015

Jeudi 24 septembre, les musulmans fêtent l’Aïd El Kebir. A Bujumbura, le prix des moutons et des chèvres monte en flèche tandis que les fidèles se serrent davantage la ceinture.

A la veille de la fête du mouton, les clients désertent les marchés inondés par les moutons et les chèvres ©Iwacu

A la veille de la fête du mouton, les clients désertent les marchés inondés par les moutons et les chèvres ©Iwacu

« De 50.000Fbu, le prix d’une chèvre ou d’un mouton moyen a augmenté jusqu’à 120.000Fbu, voire plus », déplore Youssouf, un musulman de la zone Bwiza, commune Mukaza, la veille du l’Aïd El Kebir (la Fête du mouton). Dans la commune Ntahangwa, zone Gihosha, à une vingtaine de mètres du Boulevard du 28 novembre, derrière l’Ecole Technique Secondaire (ETS), se trouve un marché des moutons et des chèvres. Il est 10h. Contrairement aux années passées, les clients ne se bousculent pas, loin s’en faut.

« Depuis le matin, je n’ai vendu aucun mouton. Nous avions l’habitude d’avoir des clients arabes, mais actuellement les choses ont changé », s’inquiète Simon Nyabenda, un vendeur de moutons et de chèvres soulignant que la crise que vit le Burundi est à l’origine de cette mévente. Beaucoup d’Arabes ont fui le pays, estime-t-il, ajoutant qu’accablés par un chômage, les Burundais ne privilégient pas les fêtes.

« J’avais investi plus d’un million Fbu espérant que j’aurai des clients. Et voilà, le marché est inondé de vendeurs seulement », confie un d’entre eux, maudissant de tous les cieux ceux qui ont plongé le pays dans la crise.

De leur côté, les rares clients sur place accusent les vendeurs d’être des spéculateurs. « Rien ne peut expliquer la montée exponentielle des prix dans moins de deux jours », déplore Asman Ndayishimiye, affirmant qu’avec ses 70.000Fbu, il n’a pas pu trouver un mouton pour la fête. Il reconnaît, néanmoins, que cette fête survient dans des circonstances où la pauvreté est une réalité dans le pays. « Certaines gens ne parviennent pas à manger une seule fois par jour. »

Il signale en principe que « tout musulman devrait égorger à cette occasion un mouton, comme le recommande le Coran », exception faite pour les plus démunis.

Du côté des responsables religieux, il faut fêter dans la sobriété. « Dans une situation de pauvreté extrême, nous conseillons aux musulmans de privilégier la prière, une occasion de supplier Allah afin de retrouver la paix et la stabilité dans notre pays », déclare El Hadj Haruna Nkunduwiga, directeur du Centre Islamique de Bujumbura, appelant, néanmoins, les riches à penser aux pauvres.

El Hadj Haruna Nkunduwiga souligne que dans la tradition musulmane, l’aïd el-Kebir commémore la soumission d’Ibrahim à son Dieu en décidant de sacrifier son fils Ismaël. « Elle marque également la fin du Hajj, pèlerinage aux lieux saints de La Mecque», explique-t-il.

  4   Vos commentaires
  1. Ndikumana Roger

    Attaques gratuites,….du titre aux commentaires!!!!Bref,…écoutez,…exprimez-vous chers portes parole des moutons.C’est aussi ça la démocratie,…ou disons la liberté d’expression.

    • Mirinda

      il faut t’attaquer au sujet et non aux individus. C’est aussi ça la démocratie. Roger,reconnais quand meme que ça fait 10 ans que les prix flambent plus que les autres années pcq ceux qui sont capable de produire ne sont pas permi.

  2. Seruka

    A l’époque d’Abraham, les hommes étaient encore des barbares et Dieu a utilisé un langage de barbares pour se faire comprendre.
    Vous êtes sûr qu’il va être satisfait de vous parce que vous avez égorgé un mouton pour vous en régaler?

    Par contre je suis presque sûr qu’il ne sera pas mécontent de vous si vous donnez les 70.000 FBU à quelqu’un de plus nécessiteux.

  3. Jambo

    Pauvres moutons.Les religions sont l’opium du peuple pour le garder sous son emprise.Le sang du fils de l’Éternel ne suffit il pas?
    Dieu ne prend plus plaisir aux holocaustes,aux sacrifices du sang des animaux.

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