Société

Pour plus de coordination et de synergie

L’ambassade des Pays Bas au Burundi en collaboration avec les partenaires de la coopération néerlandaise ont organisé, du 7 au 8 juin 2016, des journées portes ouvertes en province Cibitoke.

L’ambassadeur Oppewal Jorke en visite dans une classe de l’Ecofo Buganda où un repas est offert chaque midi aux écoliers.

L’ambassadeur Oppewal Jorke en visite dans une classe de l’Ecofo Buganda où un repas est offert chaque midi aux écoliers.

Selon Monsieur Oppewal Jorke, l’ambassadeur des Pays-Bas au Burundi, ces journées portes ouvertes ont été organisées pour permettre aux organisations financées par la Hollande d’avoir un cadre d’échanges car elles se rencontrent souvent sur le terrain sans même être au courant qu’elles ont le même bailleur. Bien plus, des compétitions ou des chevauchements peuvent naître alors qu’elles sont censées avoir un même objectif, celui d’aider la population à sortir de la pauvreté.

La première journée a commencé par la visite des réalisations de certaines organisations. L’honneur a été donné à l’ONG ZOA Burundi via l’association Twuzuze Ibigega (remplissons les greniers) situé à Kaburantwa. La délégation a visité un hangar de cette association de 650 membres hommes et femmes confondus. L’ONG leur donne des semences et intrants et les membres payent leur redevance en nature.

L’idée du hangar leur a été impulsée afin qu’ils stockent leur production. « Ce hangar contenait en début de cette semaine plus de 128 tonnes de maïs. Une grande partie nous a été acheté par le PAM», indique avec fierté, Jeanine Ndayisenga, l’une des membres de l’association.

Pourtant, confie-t-elle, avant la sensibilisation de ZOA, les membres cultivaient et consommaient la totalité de leurs récoltes sans penser à la conservation. Deux ans après, l’association compte construire d’autres hangars, augmenter le nombre de ses membres et construire une étable pour deux vaches.

La même ONG a initié un projet transfrontalier avec ZOA RDC pour réhabiliter une piste routière et la reconstruction de deux postes frontaliers sur la rivière Rusizi. Des tractations sont en cours avec d’autres organisations comme le Trade Mark et des banques pour la reconstruction d’un pont sur la Rusizi, détruit en 1964 pendant la guerre de l’ex Zaïre.

Cantine scolaire endogène, projet très apprécié

Après, la délégation s’est rendue à l’Ecofo Buganda où le PAM tient un projet de cantine scolaire endogène. Sur place, un repas composé de pâte de maïs fortifié avec des nutriments et du haricot, est offert à 1818 écoliers chaque midi. Grâce à ce projet, l’école a enregistré plus de taux de réussite, peu d’abandons scolaires et l’augmentation de la santé des écoliers. En tout 95 mille écoliers sont nourris grâce à ce projet du PAM dans les communes de Buganda et Cibitoke.

Au chef-lieu de la province Cibitoke, la délégation a visité le centre flambant neuf de traitement et de commercialisation du miel aux standards internationaux, initié par Spark. Le projet a commencé en juin dernier et Spark a réuni les apiculteurs en une coopérative de 750 membres. Chaque apiculteur a versé 60 mille Fbu pour rénover et installer les infrastructures. S’en est suivi la formation de la collecte du miel. Mais la commercialisation et l’exportation devront attendre l’aval du BBIN et surtout celui de la Commission européenne pour les marchés occidentaux. A côté de cela, Spark encadre 15 femmes vendeuses des fruits dans la recherche des marchés, l’élaboration des plans d’affaire et la conservation des calibrages.

La délégation a rendu également visite à l’un des groupes de solidarité de jeunes, encadrés par l’ONG Care international au chef-lieu de la province Cibitoke. Chaque groupe comprend entre 25 et 30 jeunes. Ils sont conscientisés sur la santé sexuelle reproductive. Pour ce faire, confie Emanuella Mukamusoni, chef d’antenne Cibitoke et Bubanza à Care International, ces jeunes cotisent une petite somme d’argent qui les aide à demander de petits crédits auprès des microfinances afin de réaliser des activités génératrices de revenus. « Le but est qu’ils aient une autonomisation financière, surtout les filles, pour ainsi leur éviter des comportements à risque qui conduisent à des grossesses non désirées et à des mariages précoces. »

La productivité a augmenté

La délégation visitant le hangar de l’association Twuzuze Ibigega situé Kaburantwa.

La délégation visitant le hangar de l’association Twuzuze Ibigega situé Kaburantwa.

La visite s’est poursuivie à la coopérative Abajamugambi en commune Rugombo encadrée par le PAM dans la culture du riz et du maïs. Le PAM forme 83 membres (57 femmes et 26 hommes) de cette coopérative en techniques agricoles et la rentabilité de la production. En 2015, la coopérative a ainsi récolté 2290 tonnes de riz sur 179 hectares cultivés et 400 tonnes de maïs sur 45 hectares. A côté de cette production, la coopérative Abajamugambi a récupéré 266 tonnes de résidus de riz dits son de riz et 310 tonnes de fumures organiques.

La seconde journée a été marquée par des exposés de différentes organisations suivies chaque fois par des séances de questions/réponses. Après il y a eu des travaux en groupes pour mieux déterminer les voies et moyens de travailler en synergie et une formulation des recommandations.
Dans son allocution de circonstance, Monsieur Oppewal Jorke a insisté sur l’aspect de la coordination et de la synergie en donnant l’exemple du projet de cantine scolaire endogène du PAM : «  Il y avait une chose sur laquelle nous n’avions pas réfléchi dès le départ. Le problème de l’environnement. Les enfants sont allés chercher le bois de chauffage dans leur environnement et des conflits sont nés alors que ce n’était pas cela l’objectif du projet. » Il confie qu’une solution a été vite trouvée à travers un autre projet également financé par la Hollande pour la production des briques. Et actuellement, assure-t-il, tout le monde est content car le bois n’est plus utilisé et des conflits se sont estompés.
Et d’inviter tous les acteurs sur le terrain à élaborer une feuille de route dans le sens de la réalisation effective du thème du jour.

Evidemment, a-t-il rappelé, pour arriver à un résultat durable, une situation sécuritaire qui facilite et encourage le développement est primordiale. Et d’espérer de tout son cœur que le Burundi va trouver la sortie de la crise actuelle : « Avec la médiation de Benjamin Mpaka, le Burundi est en train de trouver la voie du dialogue et de sortie de crise. » Si les chicaneries politiques et sécuritaires persistent, prévient-il, il sera difficile de continuer les projets de développement même au niveau de la province. « En ce moment-là on entrera dans le monde des projets humanitaires. »

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