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« Ni le Burundi, ni la RDC, personne ne voudrait assumer les conséquences »

L’expert des questions sécuritaires, Gérard Birantamije révèle que la présence militaire burundaise en RDC pose un problème de régularité. Il estime qu’en principe, la Monusco devrait être informée par les autorités burundaises et congolaises.

Gérard BirantamijeEn matière sécuritaire, quelles sont les procédures pour déclencher une opération conjointe ?

Il y a trois pratiques courantes. Primo, l’opération conjointe est dictée par les besoins d’une organisation régionale dont un Traité pose clairement les cas pour lesquels les membres doivent intervenir et comment. Dans ce cas, les Etats major conjoints organisent l’opération. Ils informent les ministres de la défense et les chefs d’Etats et de gouvernement pour autoriser l’envoi des troupes et mettre à leur disposition des moyens. Secundo, elle est organisée par deux Etats lorsqu’il y a une menace réelle qui risque d’envenimer leurs relations. Tertio, elle se fait dans le cadre des opérations internationales de maintien de la paix, c’est-à-dire des opérations régionales comme celles organisées par les ensembles régionaux, continentaux ou sous les auspices des Nations unies.

L’intervention actuelle, respecte-t-elle l’une ou l’autre procédure?

Il y a lieu de se poser une série de questions par rapport à cette intervention assumée publiquement par le porte-parole de l’armée burundaise et le chef de la Monusco. L’envoi des troupes burundaises en RDC est-elle réellement régulière ?
Si elle l’était, pourquoi le Burundi ne l’a-t-il pas assumée dès le départ ? Pourquoi la Monusco a dû mener des enquêtes alors qu’en principe elle devait être informée par les autorités burundaises et congolaises ?
Si elle est irrégulière comme le dit le porte-parole des FARDC, pourquoi le Parlement burundais et le chef de l’Etat, qui se sont vus dépouillés de leurs prérogatives constitutionnelles, ne réagissent pas ?

Pourquoi la Monusco décide-t-elle aujourd’hui de confirmer cette présence ?

L’accepter actuellement paraît moins problématique. Surtout que le Burundi assume à son tour que cette présence s’inscrit dans un cadre interétatique d’échanges d’informations sur les questions de sécurité. Il peut s’agir d’une sortie médiatique stratégique qui peut, peut- être, conduire au dénouement de la situation.
Avant, il y aurait eu des incidences qui auraient terni les relations diplomatiques aussi bien entre le Burundi et la République Démocratique du Congo (RDC) d’une part, qu’entre les deux pays et les Nations unies d’autre part. Affirmer la présence des troupes burundaises dans le vif des événements aurait peut-être changé la géopolitique de la sécurité ou la paix régionale.

Cette sortie médiatique ne vient pas donner raison à Mbonimpa ?

Oui et non. Non dans la mesure où Mbonimpa a été poursuivi pour avoir évoqué les formations paramilitaires des jeunes burundais. Ce second aspect n’a pas été, pour l’instant, évoqué ni par la Monusco, ni par le porte parole de la FDN, encore moins par Kinshasa.
Oui, dans le cas où l’on considère que c’est la première démarche vers l’aveu de cette présence. La Monusco et le gouvernement congolais parlent des FNL, le porte-parole de l’armée burundaise ne l’a pas dit expressément. Mais l’arrestation des jeunes à Cibitoke se disant à la solde de l’ADC et les attaques de Gihanga donnent raison à l’alerte lancée par Pierre-Claver Mbonimpa, il y a plus de cinq mois.

  19   Vos commentaires
  1. NDAYISHIMIYE Serges

    Erega mwese mupfa ubusa. Ronderera ukuri hamwe kandi muzokuronka.

    • ntakuri kuzova muri abobantu ndakubwiye.ehe raba ivyo mpejeje gusomaJusqu’à présent, ces lauréats de Kiliba-Ondes s’acquittent convenablement de leur mission, à la grande satisfaction de leurs parrains, congolais et burundais, au pouvoir dans nos deux pays. C’est ainsi que l’ambassade de la RDC au Burundi, le gouvernement de Kinshasa (RDC), le parti Cndd-Fdd et le gouvernement burundais, contestent vigoureusement l’existence des camps d’entraînements paramilitaires pour les jeunes Imbonerakure et les démobilisés du Cndd-Fdd à Kiliba-Onde.ariko,ukuri kuzoteba kuje ahabona,kuko bene abantu baguma bahahonera,nibo bazoteba bakavuza induru bati muratumariye abana.kandi nikoko bahahereye

  2. Mutima

    Ces déclarations restent une opinion personnelle et non une analyse d’un expert quelconque. Un expert ne se réfère pas sur des déclarations seulement Il doit avoir des données et des documents officielles desquels il tire ses conclusions et formule ses recommandations.

    Présumer, sans pouvoir le prouver, que l’ONU (ou la MONUSCO) ne savaient rien de cette présence de Burundais en RDC me semblent une tentative détournée d’orienter son intervention vers une condamnation des autorités militaires burundaises.

    Qui sait? Peut-être qu’ils le savaient mais que pour des raisons de sécurité ils n’ont pas voulu mettre cela à la connaissance du public.

    Et puis il faut se rappeler que la brigade de la Monusco qui est allée combattre le M23 pourrait être passée par la frontière Burundi-RDC. Et d’une part, vous savez autant que moi que le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda avait été expréssement exclus comme pays contributeurs de troupes pour des raisons que nous connaissons. D’autre part, les forces de la Monusco qui étaient à l’époque à l’est de la RDC n’inspiraient pas confiance. Parmi eux il y avaient peut-être des informateurs du M23. Pourquoi ne se peut-il pas que la RDC ait permis au Burundi de contrôler clandestinement la frontière pour sécuriser le passage et l’achéminement des troupes de la brigade ainsi que leurs équipements.

    Dans tous les cas cela permettait également au Burundi de sécuriser sa frontière de manière préventive. On se souvient du Fronabu-Tabara et ce qu’il est devenu maintenant.

    En conclusion, il faut surtout rester vigilent parce que, même si ces personnes qui ne souhaitaient pas la présence de ces militaires congolais ont voulu déguiser cette dénonciation en une présence d’Imbonerakure, il n’en demeure pas moins qu’ils voulaient que ceux qui veulent attaquer le Burundi aient le champ libre pour pouvoir préparer leur attaque sans être tout le temps déjoué prématurément.

    Et cela demeure un acte de trahison contre son propre pays et son propre peuple. C’est mon opinion!

    • Mutima

      Correction :
      Je voulais dire : […] qui ne souhaitaient pas la présence de ces militaires burundais sur le sol congolais […]

    • Jean-Pierre Ayuhu

      Cher Monsieur,
      Votre opinion est aussi la mienne et vous le partagez certainement avec des milliers de citoyens burundais, voir congolais aussi. J’ajouterais ceci: pour qui roulent les associations de la société civile? En effet, ni le gouvernement congolais, ni les NU n’ont formulé la moindre protestation officielle auprès du gouvernement burundais pour cette présence militaire burundais en RDC. Il me semble que la question ne peut avoir autant de publicité que si cette présence portait préjudice à l’un ou l’autre des pays et des populations concernés; ce qui ne semble pas le cas, du moins pour l’instant.
      Quand l’on connait la qualité des débats politiques au Burundi et quand l’on évalue la qualité de l’intégrité morale de notre armée actuelle, je vois mal comment on peut amener un débat serein sur la question et surtout quand l’intégrité territoriale est en jeu. J’avais envie de dire à notre cher expert qu’il y a parfois des accords informels que Monsieur et Madame tout le monde n’est pas au courant, y compris les experts.

    • burka

      Qu’est-ce qui te dis que ce qu’il dit n’est pas fondée sur des données? seulement il faut savoir qu’il ne présente pas les résultats d’une étude menée sur la question mais juste une réponse aux questions posées par un journaliste qui veut informer les lecteurs.
      Burka

      • Mutima

        @Burka
        Parce que quand on a consulté les références et les acteurs clés d’un dossier ou d’un événement, on cite ou on en fait mention dans ses interventions. Même en entrevue… Justement pour appuyer ses arguments et les rendres plus crédibles. Quoi qu’il en soit, qu’il ait consulté ses références ou pas, la façon dont il a répondu dans son entrevue ne ne met en aucune façon en évidence son expertise. Honnêtement, l’avez-vous sentie cette expertise, vous?

        Jusqu’à preuve du contraire, cette intervention ou interview reste une expression d’une opinion… Ce qui est très différent d’un avis d’expert.

        Mais Iwacu peut toujours l’approcher pour qu’il mette plus de lumière dans ses déclarations. Laissons la chance au coureur pour qu’il se rattrappe.

        Merci!

  3. nkuba

    Je ne vois pas comment « l’arrestation des jeunes à Cibitoke se disant à la solde de l’ADC et les attaques de Gihanga donnent raison à l’alerte lancée par Pierre-Claver Mbonimpa, il y a plus de cinq mois. » car Mutama PC Mbonimpa a publiquement dit qu’il y avait des formations para-militaires en cours en Kiliba-Onde en faveur des Imbonerakure et c’est la raison pour laquelle il est poursuivi.
    Demandez pour nous a Mr. l’expert, si l’armée israélienne a demandé l’approbation de son intervention sur Gaza à la population ou si l’armée a divulguée les secrets de son intervention au public et au monde entier ou aux media

    • Kazivyi

      We none uri nde? ufata agatazirano kanje?? Uranyibwire ntu??

    • burka

      Tu es vraiment confus, la situation à Gaza et la guerre entre Israël et la Palestine n’ont rien n’a avoir avec la situation à l’Est du Congo et l’intervention militaire burundaise. Il ne faut pas semer la confusion entre les lecteurs.

  4. BENDANKEHA Tereziya

    Ntimuvuge vyinshi bitagira kumbure n’akamaro, expert, consultant…si ama titres académiques. Nawe wovyitwa ejo bivanye nivyo ukora n’ubumenyi ubifitiye.

  5. KAHISE

    « Expert des questions sécuritaires ». Niwe yababwiye ko ari expert? yarababeshe. S’il était « expert » il saurait vous dire que tout n’est pas dit au public à l’armée.
    Ex: L’attaque contre Osama Ben Laden n’a pas été révélée aux citoyens américains avant de passer à l’assaut.

  6. kijo

    Serait il le seul expert? Pourquoi utiliser un article défini (L’). Ceci dit, je n ai rien contre ce qu il avance comme
    analyse!!!!

    • KiKi

      «Jalousie quand tu nous tiens !»

  7. Ni mwemere tubane twese i Burundi. Ntawusavye indaro uwundi. Ntawe Adolphe canke Nkurunziza baje bikoreye igihe baza kuri ino si y’uBurundi. Emera rero tubane mureke kutugerekako za milice mudashoboye gu controla!

  8. Kaburundi

    Elément crutial que votre article ne fournit pas: « L’expert des questions sécuritaires » a-t-il un nom? Je crois qu’il aurait fallu nous le presenter. Merci

    • burka

      si il a un nom, et ce nom est repris en début de l’article. si vous voulez plus d’information cherchez sur Internet.

  9. Busorongo

    Rimwe rimwe hari igihe umuntu asoma ivyanditswe akagira nostalgie. Iyi interview inkumbuje NIMUBONA Julien. Yari yagerageje gutunganya ivyindero nubumenyi. EXPERT!!! Ninde yamuhaye ubwo bu EXPERT? Aba Expert iyo avuga ibibashimisha gusa?

    • burka

      ubona yarondeye gushimisha nde? hanyuma wobaza uwari we mu bwitonzi atawe ushinyagurije

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