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Justice

Libertés publiques d’accord, mais responsabilité d’abord

28-07-2015

Dans l’exercice de toutes les libertés que la loi confère aux citoyens, Emery Patrick Nshimirimana, juriste, appelle au sens de responsabilité : tôt ou tard, on répond de ses actes.

Me Emery Patrick Nshimirimana : « Comptez sur votre responsabilité individuelle et protégez-vous. »

Me Emery Patrick Nshimirimana : « Comptez sur votre responsabilité individuelle et protégez-vous. »

« Il y a mille moyens de faire prévaloir ses droits sans faire la violence », déclare Emery Patrick Nshimirimana, juriste et conférencier à l’atelier du 24 juillet organisé par Sustainable Democracy Center (SDC-Burundi) avec l’appui du Service civil pour la paix (ZFD/GIZ) à l’endroit des jeunes leaders à Bujumbura.

Les dernières manifestations contre la troisième candidature de Pierre Nkurunziza constituent un cas d’école. Les violences qui les ont caractérisées restent gravées dans la mémoire du monde entier.

La violence, constate Me Nshimirimana, s’observe du côté des contestataires que des forces de l’ordre et de sécurité. Selon lui, la loi a été transgressée des deux parties.

Par ‘libertés publiques’, le juriste comprend l’ensemble des droits de l’homme et des droits fondamentaux inhérents et inaliénables à la vie de l’homme.

Manifester, reconnaît-il, est donc un droit fondamental à l’instar de celui de se mouvoir, de penser, etc. Il est reconnu par la Constitution et d’autres textes internationaux auxquels le Burundi a souscrit.
Sous la thématique ‘Exercice des libertés publiques par les jeunes et leurs responsabilités’, il s’agit pour ces derniers de faire un examen de conscience sur certains actes posés.
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Deux conditions, explique Me Emery Patrick Nshimirimana, sont exigées pour qu’une manifestation ait lieu : un comité d’organisation avec un président à la tête et le dépôt d’une déclaration préalable à l’autorité compétente. Pour lui, ce dépôt n’est pas une demande d’autorisation ou de permission mais pour mettre l’autorité devant ses responsabilités : « L’autorité doit assurer la sécurité des biens et des hommes. »

De surcroit, Me Nshimirimana indique que les organisateurs doivent mentionner le temps que la manifestation va durer. Il rappelle que cette activité est limitée dans le temps et dans l’espace : de 6heures à 18heures et dans une localité bien précise.

Violation sur toute la ligne

Des policiers, regrette Emery Patrick Nshimirimana, qui tirent sur des manifestants au vu et au su de tout le monde comme si le pays est en guerre : « C’est une honte, si j’étais eux, je serais parti me cacher dans un pays lointain. » Ailleurs, poursuit-il, un policier est comme un ange du ciel. Dans pareil cas, le conférencier estime que le gouvernement devrait dépêcher une police anti-émeute.

Le cas de l’hôpital Bumerec où des hommes en uniforme se sont donnés le droit de poursuivre des malades pour les achever sur leur lit, s’étonne Me Nshimirimana, est un véritable scandale : « C’est un crime contre l’humanité car il est interdit d’entrer dans un hôpital avec une arme. C’est un endroit neutre. »

Côté manifestant, le conférencier constate qu’à partir de 4heures du matin, des barricades étaient déjà érigées : « C’est une violation du temps réglementaire. » De plus, il demande un minimum de civilisation aux jeunes manifestants : « Pourquoi empêcher à ceux qui ne veulent pas manifester de vaquer à leurs occupations ? J’ai vu de mes propres yeux une femme qui a été salie dans le visage à l’aide du cendre provenant des pneus brûlés alors qu’elle se rendait dans une fête. »

L’autre erreur grave, s’indigne-t-il, c’est la prise en otage des policiers par des jeunes manifestants : « C’est une déclaration de guerre. Nulle part au monde, un civil ne peut pas désarmer un militaire ou policier. Ne commettez plus cette erreur, si un policier vous frappe son matraque, allez porter plainte. »

Pour le conférencier, ils ont donné raison au pouvoir de qualifier ce mouvement d’insurrectionnel : « Toutefois, la justice doit trancher en toute impartialité en leur imposant des amendes par exemple. »

Protégez-vous, concède le juriste, par rapport à la loi : « La responsabilité est une impérieuse nécessité dans une société dite de droit. » Certains jeunes, conclut-il, se cachent derrière leur appartenance politique et se disent soutenus : « Tôt ou tard, la justice finira par établir leurs responsabilités dans différentes exactions commises. » Seules l’innocence et la vérité, conseil Me Nshimirimana, les protégeront.

  11   Vos commentaires
  1. Kami

    Ndashimye uyu yiyita PCE ariko nuko iyo babadutse muca mutangura gutaka ngo baraturenganije,génocide n’ibindi bijambo nkivyo…mumanze gutana mumitwe muratsinda canke mugatsindwa…muwucane muwote mbaye nka kizigenza Ruremeshangabo Nkurunziza

    • Biso na biso

      @Kami
      « …muwucane muwote mbaye nka kizigenza Ruremeshangabo Nkurunziza »
      Mbe ni Nkurunziza II canke Nkurunziza III, umwami w’uburundi? N’aganze asabwe!

  2. Citoyen4

    Merci Me Nshimirimana,

    On aurai aime entendre aussi ce que merite un pouvoir qui viole la loi et empeche les citoyens de le dire par des mitrailleuses et une police qui protege l’illegalite par une repression sanglante. Me Nshimirimana, ou porte plainte ? Au Burundi ? La repression des manifestants a etait choisi longtemps a l’avance (ntituzobihanganira, tuzobamesa) .Personne n’a condamne ce language. La transgression de la loi a ete faite en premier par la police qui a provoque les manifestants les mains en l’air toute une semaine durant sans violence. Par apres, quelques individus en colere ont cherche a se defendre surtout chez eux dans les quartiers. La violence a eu lieu mais a des degres differents. Du cote des manifestants, ce sont des cas isoles. Tandis que la police a fait la honte du Pays. Ensuite, Les defenseurs des droits de l’homme, les membres de l’opposition ont ete mis sur les listes pour etre arretes et meme tues avant meme le debut des manifestations avant meme que l’on sache s’il allait y avoir des violences et malgre leur slogan  » manifester pacifiquement ». Le surnom  » mouvement d’insurrection » a ete choisi pour justifier les actes honteux de la police longtemps a l’avance. on les appelait avant les ennemis du pays, les insurges apres, maintenant ce sont des rebels. On ne peut pas donc accepter que les manifestants portent ce surnom de  » mouvement d’insurrectionnel ». C’est une insulte pour les braves femmes qui ont manifeste tantot les mains en l’air, tantot s’assayaient pour montrer leurs innocence sans pouvoir arreter la brutalite de la police, c’est une insulte aussi pour 98 % des manifestants victimes qui n’avaient rien d’autre derriere a part exprimer leur opinion. C’est soutenir que la police a tue plus de 80 insurges et pour ce ne peuvent pas etre poursuivis en justice plus tard. C’est une insulte pour ces Bashingantahe des droit de homme et de l’opposition qui sont sur la liste d’attente pour etre arretes et meme les tuer . Ce serait applaudir le SNR criminel qui presentement est en train de kidnaper, torturer et tuer les citoyens inoccents pour la simple raison qu’ils sont du mouvement de contestation. Vous etes sans ignorer qu’au Burundi, toute personne qui exprime une opinion qui ne plait pas le regime actuel est un insurge. Accepter le surnom « mouvement d’insurrectionnel » Cela veut dire que tant que le regime Nkurunziza existe, personne n’a droit a une opinion contraire. Sinon sera appele comme tel. Ce la veut dire aussi que tous les contestataires du 3eme mandat illegal n’avaient aucune raison de le faire . Un autre juriste peut venir demain demontrer que le pouvoir a raison d’appeler les manifestants des rebels. C’est inacceptable ! On a beaucoup de choses a dire a ce sujet.

  3. Avant de comprendre ce que j’écris, je voudrais vous préciser que je suis de la région naturelle de Kirimiro nord.

    Mes chères compatriotes, je reviens encore pour mettre plus de lumière sur les mobiles politiques burundaises afin que tout le monde comprenne notre direction.

    En effet, je suis étonné de voir que les non instruits, les instruits… ne comprenne pas la politique de Nkurunziza de diviser pour régner. De toutes les façons, asseyez-vous et faites un examen de conscience et comprenez notre origine. Tout à l’heure, j’était entrain d’analyser la carte régionale du Burundi. Mon constat à été que certaines régions conquises dernièrement par le roi NTARE RUGAMBA ont pris en mains tout le sort du pays avec un esprit de vageance. Il s’agit de Bugesera, Buyenzi, Bweru, une partie de Mu Mirwa et une partie de L’imbo. Tenez bien, sur les onze régions naturelles que compte le Burundi, 4 seulement occupent tous les postes de haut niveau et le reste ne sont que des exécutants et traîtres. Ce qui est bizarre est que personne ne s’en rende compte.

    Ces partis politiques qu’on vous raconte ne sont qu’une distraction pour développer une partie du pays; ce qui n’amènera jamais la paix dans notre pays. Personne n’ignore ce qui a été fait à la province de Bururi et la ville de Bujumbura. Tout cela tourne autour de la persécution que le Président Nkurunziza opère toujours à ces provinces qu’il accuse avoir dirigé le pays depuis longtemps. Souvent, je me demande si NSORO Nyabarega était de sa famille et qu’il fait tout ça pour le venger. Cher compatriote, que tu sois du nord ou du centre, tu n’auras jamais la paix tant que les autres n’en ont pas. Ouvrez les yeux et réfléchissez pour comprendre la politique actuelle. Force est de constater que pour bien diriger le pays, les responsables du parti au pouvoir choisissent les gens de faibles esprits des régions à persécuter comme représentant du peuple. Par contre, si on fait un sondage, l’extrémisme régional est bel et bien enseigné dans les provinces de Ngozi, Kayanza, Kirundo, Bubanza et Cibitoke. Que ce soit autour du foyer dans les bars, dans des réunions politiques, c’est cette éducation qui vient en avant. C’est la base même de leur politique. Quand aux ressortissants des autres régions, on suit pour gagner du pain journalier et c’est tout. Quelle politique avez-vous alors que les grands leaders de vos provinces ont été persécutés et contraints en exil? Voilà donc ce qui a emmené Nkurunziza à convaincre Rwasa Agaton à le suivre.

    Ensuite, rappelez-vous que pour avoir du boulot étant ressortissant du centre, Sud, Est ou Ouest est un fil à retordre. Par contre, quand on est du nord, c’est de l’eau à boire comme le disait la personne que j’ignore.

    Recommandations:

    – Au monde intellectuel: de comprendre que nous ne pourrons jamais nous développer avec un tel esprit divisionniste
    – D’exiger un cadre composé par des intellectuels bien formés de toutes les régions, reconnu par le gouvernement, qui doivent analyser toute tentative de désagrégation de notre pays.
    – A Nkurunziza: De comprendre qu’il y a des intellectuels qui sont plus intelligents que lui et qui comprennent bien ce qu’il est entrain de faire.
    – A la population des régions non représentées: de comprendre que le président a un esprit de vengeance et qu’il veut nous retourner dans le colonialisme sans nom!!
    – A la population persécutée: de faire une résistance farouche contre cette division de la population et refuser de participer aux activités génératrices de revenu pour l’Etat

    J’ai beaucoup à dire mais je crois que l’essentiel a été dit.

    Merci.

  4. Jean-Pierre Ayuhu

    C’est très bien jeune homme, mieux que les rapports de l’amnisty sauf que vous oubliez un aspect très grave, deux assassinats de la part des manifestants dont une personne a été brulé vive à Nyakabiga. En plus, cher maitre, la constitution énonce les principes et les autres lois explicitent. C’est ainsi qu’il existe des codes de procédure ( pénale, civile , droit de protection de l’enfance etc…).
    Ainsi, si la constitution reconnait à chacun le droit de manifester, les autres textes définissent les contours, y compris les limites…Dans certaines situations, une manifestation nécessite une autorisation si il y a risque de débordement! Les autorités ne peuvent pas par exemple interdire une manifestation pacifique mais en revanche, peuvent interdire une manifestation qui véhiculé la haine, le racisme etc…Vos propos sont ainsi à nuancer!

    Par ailleurs, les organisateurs d’une manifestations en assument les conséquences! Pacifique et ses amis doivent repondre par exemple de l’assassinat de ce jeune à Nyakabiga comme l’Etat Burundais doit repondre aux actes illicites de sa police. Voyez-vous

  5. PCE

    Oui tout ca je suis d’ accord avec les affirmations de l’ homme de loi . Mais le droit ne prévoit pas ce qu’il faut en cas de violence exercée par le pouvoir , par les gouvernants ? Que faut il lorsqu’il y a un blocage provoqué ceux qui gouvernent ? Et c’est le cas du Burundi ! Un troisième mandat pour Nkurunziza. Qu’on ne me raconte plus l’histoire de la cour constitutionnelle , je n’ y crois un seul instant et je ne suis pas obligé de croire à des ignorants qui se cachent derrière leurs diplomes et leurs fonctions pour nous imposer n’importe quoi. Lorsque tout se grippe la seule voie de sortie c’est malheureusement la révolution . Je n’ai aucun plaisir à le dire mais c’est cela choix imposé au peuple.

  6. NKANIRA

    Umwera uva ibukuru ugakwira hose !! Ko twibagira ivyo basokuru baducira umugani ?

  7. haha

    yageragej iyatubwira uwatanguye kurenga amategeko twari gutegera gusumba

    • Rukundo

      Il a bien dit le juriste mais il a oublie de mentioner qu’on porte plainte dans un pays ou les droits de l’homme sont à l’honneur. Ce n’est pas le cas au Burundi. Ou est -ce qu’il etait quand on tirait sur les manifestants pacifiques? Pourquoi il n’est intervenu pour dire non à la police. Combien de gens sont ils emprisonnés pour rien? Un burundais n’a pas le droit de manifester, de montrer son mecontentement. Un burundais doit dire oui monsieur, oui monsieur. Ce temps est depassé, nous sommes dans le 21eme siecle, ce jeu de politiciens qui se croient puissants doit arreter pacifiquement ou malheureusement par force. A bon entendeur salut.

      • Rehema

        Une insurrection, on l’a mate, un point un trait. L’Etat burundais est tout à fait fondé à exercer son droit régalien de préserver l’ordre publique. Laisser la chienlit s’installer sous prétexte que ses promoteurs sont soutenus par les occidentaux et leur valet Kagame, ne serait ni plus ni moins qu’un acte de haute trahison envers la nation burundaise. Que tous ceux qui projettent de déstabiliser ce pays se le tiennent pour dit: réfléchissez-y à deux fois car à coup sûr, votre honteuse déconfiture sera au rendez-vous.

      • Rukundo, tu te demandes où était le juriste quand on tirait sur les manifestants pacifiques qui empêchent les autres d’aller vaquer à leurs occupations, tu te trompes quand tu dis que au 21eme siècle les politiciens qui se croient puissants on les arrêter avec des manifestations non c’est par des élections qu’on doit changer les choses et on a la chance qu’on peut maintenant voter.
        Si tu ne le sais pas même en Occident avant d’aller manifester tu dois d’abord aviser la police et donner ton itinéraire, sinon tu as affaire avec la police ils vont de chasser sans ménagement bonjour les matraques, l’emprisonnement et la justice.
        Igihe kirageze ngo Abarundi dutangure guhindura mentalité , démocratie ntiduha kwigira ivyo twishakiye tudakurikiz’amategeko,
        ivyaraye bibaye bituber’isomo sinvuze ko tugomba kuvuga ngo oui monsieur nkuko wabivuze ariko ubu hariho uburyo bwiza bwo guhindura ibintu mu mahoro.

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