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Le vécu des déplacés de la capitale

Les habitants des quartiers nord dont Mutakura, Cibitoke, Ngagara, Kinyankonge, ont quitté leurs ménages en grand nombre vers d’autres quartiers. Un déplacement n’est pas une partie de plaisir.

caricature Arts k copieLes scènes des femmes et enfants portant sur leurs têtes des matelas, des ustensiles de cuisine, des affaires personnelles emballées dans des pagnes ou des sacs en plastiques, ont choqué. En quelques heures ces quartiers se sont vidés de leurs habitants. « Je ne pouvais pas rester chez moi. J’avais trop peur, tous mes voisins sont partis », raconte Gloriose Nkunzimana, mère de 7 enfants, habitant à Mutakura 6ème avenue. Depuis ce vendredi, elle est hébergée chez les proches dans le quartier de Jabe.

Elle a pris avec elle ce qu’elle pouvait transporter facilement : des matelas, des draps, des coussins, des appareils électroménagers et quelques habits. Autres meubles, elle les a laissés dans la maison et a fermé à clé. Elle vient de passer trois jours sans oser y mettre le pied. Elle n’a pas peur d’être dépouillé, estime que la vie est plus importante que les choses matérielles.

Elle souhaite rentrer le plus vite possible. Car, la famille d’accueil composée de 7 personnes, vivent dans une maison de trois chambres. Ne pouvant pas trouver de place pour tout le monde, Gloriose a opté de se séparer des 3 grands enfants et les ont confiés à une autre famille habitant à Gasekebuye et le mari est parti chez un frère dans un autre quartier. « Se séparer de sa famille est éprouvant », confie-t-elle.

Pour ne pas être encombrante ou gênante, elle utilise ses propres affaires. Elle indique notamment avoir pris également le petit stock de nourritures qu’elle avait chez elle pour éviter à la famille d’accueil de ne pas trop dépenser en ration alimentaire et se sert de ses matelas pour dormir.

C’est de l’embrouillamini

M.L, habitant Kinyankonge de la zone Cibitoke, était hébergé dans une famille se trouvant dans la zone Kinindo pendant quatre jours. Elle ne sait pas comment qualifier le temps qu’elle a passé dans cette famille : « Je me suis retrouvée obligée de me séparer avec mes domestiques. J’étais aussi forcée de suspendre mes affaires personnelles pour m’occuper des enfants, faire la cuisine, la lessive etc. »

Cette jeune femme indique que les charges familiales revenaient à la famille d’accueil : « J’étais vraiment gênée de voir que toutes les responsabilités financières revenaient à elle. Malgré leur bonne foi, je sentais que nous perturbions dans leur petite vie.» Après quatre jours, elle indique être retournée dans son quartier.

Pour Mugisha, une autre femme qui vivait à Ngagara, qui a déménagé vers une autre famille dans le quartier Rohero. Elle exprime son malaise : « C’est gênant de vivre avec une autre famille sous le même toit. Nous ne nous sentions pas à l’aise et on ne peut pas acheter ce dont nous avons envie car nous devons faire les choses ensemble, » avoue-t-elle.


Quid des familles d’accueil ?

Les dépenses familiales augmentent quand des bouches à nourrir s’ajoutent aussi. Cependant, interrogées, ces familles estiment que l’hospitalité et l’amour d’autrui restent importants dans notre société : « Qui peut refouler une personne qui vient vers lui ? Même si les temps sont durs, nous devons nous serrer les coudes.»C’est notamment le cas de la famille Ndabashinze qui a accueilli une autre alors qu’elle habite dans une maison de deux chambres dans le quartier Bwiza. « Nous nous sommes obligés de réaménager autrement comment nous dormons. Il ya ceux qui dorment dans le salon et le domestique était obligé de chercher un autre endroit pour dormir. »


« Les enfants se croyaient en vacances »

M.L fait savoir que ses trois enfants ont été perturbés. « Je devais les supplier pour qu’ils aillent à l’école car ils se croyaient en vacance. Ils voyaient beaucoup d’enfants et veulent tout le temps jouer avec eux. Ils étaient perturbés car ils ne faisaient pas correctement leurs devoirs et l’heure du déjeuner avait été changé.» Ce qui a été dur, selon elle, c’était le déplacement : « Quelqu’un devrait les amener à l’école et les attendre pour rentrer avec eux. »

Pour Mugisha, ses enfants ne retourneront plus à l’école tant que la situation sécuritaire ne s’améliore: « Les fouilles et perquisition effectuées dans notre quartier font que souvent il est quadrillé et les routes sont souvent bloquées. Je ne serai pas tranquille en sachant que mes enfants sont dans un quartier que les gens ont fui. »


Toutes les familles qui accueillent d’autres familles dans leurs ménages doivent compléter une fiche pour faciliter l’identification dans la localité. Sur cette fiche, on complète l’origine des personnes hébergées, la date d’arrivée, la date de départ, leurs noms, leurs sexes et le nombre des personnes hébergées. La tâche n’est pas facile à accomplir, car, dit Françoise Manirambona, chef de quartier 3 de la zone Bwiza en Commune Mukaza, ces personnes ont peur de se faire inscrire. Et d’expliquer : « Ils croient qu’on veut les livrer à l’administration ou à la police. » Elle fait savoir que c’est au tour de l’administration qui doit se rendre sur terrain pour les identifier : « on passe d’une maison à une autre pour s’enquérir de la situation. Et la plus part des familles hébergées dans notre quartier sont de Mutakura et Musaga. »

  11   Vos commentaires
  1. NDAHIMBAWE

    Mugenzi uhaye indaro abagowe ihangane komeza iyo ngendoninziza wahisemwo neza Umukama mûri kumwe!!

  2. None aho bavugiye ko ari bibi kubika des terroristes ntibavyumva. Jewe nibaza ko abantu bakwiye guca akenge uyo muntu aguhenda ngo ashaka gutwara abatamutoye agaca yimura umuryango wiwe akawutwara en Belgique et/ou ailleurs nawe aho kuguha ico ufungura agaca aguha des miettes sous conditions ko ubanza gutera des grenades sur des populations innocents none urwo mwumva ari urukundo? Benewacu nimuce ubwenge mureke guhendwa kuko nimwe muhagirira ingorane.

    Murakoze.

    • mani

      urahaze sha!wibagira kahise ningoga ataraho ntiwari bwavuke.uzi abantu bapfuye bazira ngo bakorana n’abasaya batazi nivyo ari vyo?
      wiba uhetse ukaba wigishije umwana:abahoze baturatura nibo bariko baratuza abandi.ejo naho!

    • KAMI

      Il te faut un minimum d’esprit humain

  3. Vous commencez à comprendre ce que je vous ai dit depuis longtemps. Si la situation pour ces frères et soeurs qui se déplacent vers leurs familles ou amis est si compliquée, qu’en-est-il de ceux qui se sont retrouvés à l’étranger sans parents, sans amis,sans maison, sans toilette, comptant sur l’aide(tente,nourriture etc.) du haut commissariat pour les réfugiés ?
    Je demande à nos frères qui cherchent le pouvoir d’avoir au moins pitié de nous à cause de ces souffrances qui nous sont imposées, sachant que sans le peuple le pouvoir n’existe pas.

  4. Pascal

    Ntimusamare, ibi ni ibimenyetso vy’ibihe vyavuzwe kuva kera biriko birashika. Yesu agiye kuza vuba, twitegure

  5. Rupande

    C,est vraiment difficile,moi je les comprends parfaitement parceque j,ai vécu la meme situation en 1994 a Kamenge quand les militaires de l,arme gouvernemental,faisait la guerre avec les rebelles de Kamenge,on était oblige de quitter Kamenge pour aller vivre ailleurs(Bwiza,Buyenzi etc),dans d,autres quartiers,chez les connaissances,c,est n.etait pas facile.Prions le bon Dieu pour que la situation se rétablisse vite afin que ses innocents retournent chez eux.
    La guerre n,amene que des pleurent et des désolations,soyons unis et sereins nous vainquons le mal

  6. Patriote

    Cet information sur la vie de ces pauvres citoyens ne fait que faire plaisir ababomoye. C’est cela qu’ils voulaient. Ils veulent qu’ils quittent pour du bon pour avoir les parcelles de leurs milices. Que Dieu les assiste dans cette situation difficile.

  7. KABADUGARITSE

    Il faut l’avoir vécu au moins une fois pour se faire l’idée de ce que vivent ces compatriotes.-

    • bwenge

      Jewe ni baza ko ingorane abo bantu barimwo tutovuga bose ko bazifisemwo uruhara bose: Kubera iki:
      1.Iyo situation turimwo yavuye ku banyaolitike bacu badashoboye.kandi jewe mvuga bose kuko iyo baba bashoboye ntibari gukwegera igihugu muri izi ngorane turimwo mbere zishobora gukomera gusumba uko benshi bavyibanza.
      2.Nta woja ngaho ngo avuge ngo abantu bose baba muri aya maqartiers ngo bahisha abarasa,hari benshi bumva biturika bari mu nzu ,ntibamenye abaturitsa ko ari insurges canke police. Uce ubagiriza bose uba soit ari kutamenye ingene ingwano nk’izo zikorwa canke ari mauvaise foi.
      3. Uruhara rundi muri nzo ngorane z’abo baturagi ni abajejwe umutekano batazi neza leur profession. Harya kuba umusirikare canke umupolisi si ukumenya kurasa gusa,araho hoho nta budasa bwohaba hagati ya ganster arme n’inzego z’umutekano. Kandi ikimbabaza ni uburyo bwakoreshejwe kuva 2005 kugira bwigishe inzego z’umutekano,none raba n’abana baratubona bakiruka! c’est domage et j’ai l’envie meme d’abandonner cette tenue pour etre un citoyen ordinaire!
      Kandi ico cane cane abachef mu nzego z’umutekano ni uko ikizobatandukanya n’abo batera amagrenade ari uko bafyitamwo mu gukora akazi.Nk’umupolisi canke umusoda wewe yiba(pillage,raconner la population,akica umuntu atariko aramurasa) ,il fait honte a notre profession.
      4.Abo n’abo barwanya abajejwe umutekano babikorera mu banyagihugu n’abo bamnye ko atawutera ibuye aho ateretse igisabo.Ndazi ko hara abavuga ngo kanyshamba yinyegeza mu banyagihugu,ni ukumenya y’uko ibintu vyose umuntu abwirizwa kubikorana ubwenge,utabishoboye ukabireka.

    • Reynolds Bangira

      je pense que tout le monde se rappelle de la situation de 1994 à Kamenge. L’armée de Pierre Buyoya nous disait  » Vous hebergez les assaillants intagoheka, vous perirez avec eux, et Pafff !!! ils se mettaient à tirer dans le tas sans distinction.
      Aujourd’hui, la police et une partie de l’armée de Pierre Nkurunziza dis aux habitants de Mutakura, Cibitoke, Ngagara: « vous hebergez les insurgés, vous n’avez qu’à périr avec eux, il va y avoir des parcelles à distribuer ». Voyez-vous qu’il n’ ya pas eu d’évolution.
      Les hommes ont changé certes, mais ils gardent le meme modus operendi.Imana ibababarire cane. Et abahimvye ntracoyimena bakavuga en se gargarisant: »Il faut les dénoncer! » Demandez aux témoins, le sort des mouchards, que ce soit à Kamenge en 1994 ou à Mutakura, Cibitoke aujourd’hui. Donc la population est massacrée par les deux parties, personne n’en est responsable.

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