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Économie

Indépendance économique, pas pour demain

05-07-2016

Alors que le Burundi célèbre 54 ans d’indépendance, le pays vit depuis une année « la crise du troisième mandat » et peine à décoller économiquement.

Des femmes qui ont faim  quémandent de l’assistance devant le centre de Charité des Sœurs de Calcutta à Kirundo.

Des femmes qui ont faim quémandent de l’assistance devant le centre de Charité des Sœurs de Calcutta à Kirundo.

Quelques indicateurs qui montrent que l’économie burundaise va mal: un PIB de 315,2 dollars par an, faisant du Burundi le pays le plus pauvre du monde, un taux de croissance de-7,2% pour l’année 2015, le taux de pauvreté est estimé à 70%, l’indice de la faim approche les 40%, la malnutrition infantile est à plus de 60%.

L’exportation du thé semble florissante. Par contre, celle du café est en berne. Le secteur secondaire est à l’état embryonnaire. Le secteur tertiaire est au plus bas niveau : l’hôtellerie et le tourisme sont au noir, les banques manquent de devises  d’où la dépréciation de la monnaie nationale. Pire, l’Occident, principale source d’approvisionnement en devises a gelé sa coopération avec le Burundi. Autre conséquence de ce gel : l’investissement direct étranger est quasi inexistant.

Toutefois, les recettes collectées par l’OBR sont sur la courbe ascendante mais restent inférieures à la situation d’avant la crise.

L’inflation n’est pas si inquiétante même si le prix de l’essence vient d’augmenter de 120Fbu. Le pays continue à importer les produits essentiels (carburant, médicaments, intrants agricoles et industriels. Il poursuit la construction des infrastructures (routes macadamisées et barrages, stades, centres de santé, écoles, hôpitaux, etc.). Le pays verse régulièrement les salaires des fonctionnaires en recourant à la planche à billets, nuance Faustin Ndikumana, président de la Parcem.

Enfin, le pays fait miroiter à sa population des lendemains qui chantent avec la pose annoncée pour 2018 d’une ligne de fer qui ira jusqu’à Dar-Es-Salam, une étape essentielle vers l’exploitation et l’exportation des gisements de nickel.

Réaction

Jean de Dieu Mutabazi

Le politicien reconnaît que le Burundi n’est pas économiquement indépendant puisqu’il compte encore sur l’appui de l’étranger pour financer son budget. Il précise : « Pour le moment, le Burundi est en train de requérir son indépendance politique comme la concevaient les héros Louis Rwagasore et Melchior Ndadaye, respectivement martyrs de l’indépendance et de la démocratie. La conquête de l’indépendance économique est en cours.»

M. Mutabazi est optimiste : Au regard des potentialités du pays, notamment en matière minérale et environnementale (le nickel, l’or, les hydrocarbures, le lac Tanganyika, etc.), l’économie du Burundi sera de loin plus florissante dans les cinq ou six prochaines années.

Gélase-Daniel Ndabirabe

Pas un seul pays au monde qui ait une indépendance économique. Tous les pays s’entraident, se serrent les coudes, les uns mieux que les autres. Mais cela ne veut pas dire que les pays ont une indépendance économique et de surcroît le Burundi, à peine sorti de la guerre.

Gabriel Rufyiri 

Pour le président de l’Olucome, le Burundi est théoriquement indépendant. Mais en pratique, il ne l’est pas : « Aucun pays ne peut se dire indépendant quand il ne parvient pas à satisfaire les quatre besoins fondamentaux de l’homme : se nourrir, se loger, se faire soigner et se vêtir. » Bien plus, le pays dépend de l’aide extérieure pour son budget.

Les recettes mobilisées par l’OBR ne servent qu’au fonctionnement de l’Etat et le pays est incapable de financer un projet de 50 milliards de Fbu !

Il est même pessimiste pour l’avenir du pays : « Le Burundi est le sixième pays le plus corrompu, selon Transparency International. Une poignée de gens du et autour du pouvoir s’enrichissent aux dépens de toute la population. Le développement devient impossible et l’indépendance économique ne fait que s’éloigner davantage. »

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