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Droits Humains

Deux résolutions, un pays

09-10-2017

A l’issue de la 36ème session du Conseil des droits de l’homme, deux mécanismes différents pour le Burundi ont été adoptés. Une situation inédite.

Les deux dispositifs adoptés font toujours des vagues. Il y a d’abord eu cette résolution proposée par le groupe africain. Un mécanisme qui est entré dans la danse 24h avant le coup d’envoi du bal des résolutions de Genève. Le groupe africain, soutenu par Bujumbura, a proposé un mécanisme qui met la justice burundaise à l’honneur. En effet, une commission de trois experts va débarquer au pays pour épauler la justice burundaise dans ses enquêtes. A la fin de son travail, elle établira une liste des crimes et des présumés auteurs. Ces experts transmettront ensuite leur rapport au gouvernement. Et ce sera aux juridictions burundaises de statuer.

Un mécanisme pas vraiment du goût de l’Union européenne, qui a décidé de maintenir son projet de résolution. Elle a donc soumis au vote du Conseil de Genève un mécanisme plus allégé. Le premier reprenait les grandes idées du rapport de la commission de Fatsah Ouguergouz : crimes contre l’humanité, sanctions ciblées et demande de saisine de la Cour pénale internationale. Par contre, le projet de résolution soumis au vote vendredi 29 septembre ne reprend rien de tel. Il mentionne juste l’extension du mandat de la commission Ouguergouz d’un an. « Un allègement pour gagner des votes africains, frileux de la CPI, » a expliqué un diplomate européen. Un succès pour l’UE qui a même pu rallier certains pays acquis à la cause de Bujumbura. La commission d’enquête aura donc un an supplémentaire pour continuer sa documentation sur les violations des droits de l’homme commis au Burundi. Elle avait déjà relevé des assassinats ciblés, des tortures, des disparitions forcées et des viols, etc. Dans son rapport, les hautes autorités de l’Etat, notamment le président de la République, sont pointées du doigt.

La CPI peut s’autosaisir

Un chantier attend donc le Conseil des droits de l’homme qui devra va mettre en place une nouvelle commission de trois experts. Ensuite, il sera question de définir leur cahier de charges, avant de les envoyer au Burundi. En même temps il sera aussi question d’envoyer l’autre commission, celle présidée par Fatsah Ouguergouz vers une direction inconnue jusqu’ici, mais pas au Burundi. « Les portes du Burundi lui resteront fermées », a déclaré une autorité sur place.

Bujumbura a gagné une bataille : la demande de saisine de la cour de Bensouda n’est citée dans aucune des deux résolutions. Il retient quand même son souffle et regarde l’horloge tourner. Plus que deux bonnes semaines pour s’assurer de ne pas être poursuivi par la CPI. Pour rappel, La Haye peut agir indépendamment de Genève et débuter les enquêtes. Le Burundi a annoncé le retrait du Statut de Rome, le 27 octobre 2016. Son retrait effectif sonnera le 27 octobre prochain.


>>Réactions

Martin Nivyabandi : « Burundi n’attend pas travailler avec la commission Ouguergouz. »

Le ministre en charge des droits de l’homme assure qu’en principe, une première résolution adoptée implique le retrait de la seconde. Selon Martin Nivyabandi, l’obstination de l’Union européenne a fait que le Burundi se retrouve avec deux résolutions. A cet effet, il assure que le gouvernement va collaborer avec le mécanisme proposé par le groupe africain. « Parce qu’il Il reconnaît la souveraineté du pays et les compétences de ses juridictions. Une résolution qui respecte le peuple burundais. » Par contre le Burundi n’attend pas travailler avec la commission d’enquête présidée par Fatsah Ouguergouz. « Elle émane d’une résolution de l’UE qui a été rejetée par le Burundi. Elle a une mission préjuridictionnelle pour la CPI, partant du principe que la justice burundaise est incapable de faire son travail, ce qui est inacceptable pour le Burundi. »

Charles Nditije : « Bujumbura ne va pas coopérer avec les 3 experts. »

Le président du Cnared déplore la solidarité négative du groupe africain. Il a introduit en catimini une résolution qui visait à contrecarrer celle présentée auparavant par l’UE et qui, selon Charles Nditije, voulait couvrir le régime criminel de Bujumbura. « Fort heureusement, la résolution de l’UE a été adoptée, tout comme celle des pays africains. » Il assure que la commission Ouguergouz va continuer à investiguer davantage sur d’autres cas et démontrer une fois de plus à la face du monde que le régime de Bujumbura est responsable de crimes contre l’humanité.

En même temps, l’autre commission va réaliser que ses initiateurs se sont lourdement trompés, car le pouvoir de Bujumbura ne va pas coopérer et permettre que ces experts connaissent la vérité sur la gravité et l’ampleur de ses crimes. Et de conclure : «Nous nous réjouissons qu’il n’y ait pas de lien entre le travail des deux commissions et celui de la CPI qui peut décider à tout moment d’ouvrir une enquête. » Tout en espérant vivement que cette enquête sera ouverte avant le 27 octobre.

Pacifique Nininahazwe : « Le mécanisme de l’UE est plus important, de par son prestige et son indépendance. »

L’activiste des droits de l’homme salue l’adoption des deux résolutions sur le Burundi. Le premier mécanisme aurait été trop faible s’il n’y avait pas le deuxième proposé par l’UE. Cette faiblesse réside dans le fait qu’elle a trop de confiance en cette subite et surprenante volonté des autorités burundaises de coopérer. Selon Pacifique Nininahazwe, le deuxième mécanisme est le plus important, de par son prestige et son indépendance. Le deuxième mécanisme sera désormais renforcé par le premier avec la présence des experts sur terrain, si la collaboration avec les autorités se maintient. « J’espère que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme saura mieux articuler les deux mécanismes.» Il assure que les deux résolutions accroissent la pression sur Bujumbura. Mais il manque du côté du Conseil de sécurité des mesures pour protéger le peuple burundais. « Et nous attendons du côté de la CPI l’ouverture de l’enquête pour sanctionner ces crimes ignobles. » Malheureusement nous continuons à assister à deux faces de l’ONU: celle des droits de l’homme qui est active et constate les crimes au Burundi, et celle du Conseil de sécurité qui continue à assister aux scènes de la mise à mort des burundais au lieu de les protéger.

Pierre Claver Kazihise : « La résolution du groupe africain prime. »

Le coordinateur de la Société civile citoyenne (Socic) assure qu’il est étrange que deux résolutions aient été adoptées. Qu’à cela ne tienne, ce qui est important, c’est qu’il y ait une résolution qui soit soutenue par le gouvernement burundais. Pour Pierre Claver Kazihise, c’est le mécanisme proposé par le groupe africain qui va prévaloir. Il estime que l’envoi des trois experts sur le sol burundais pour enquêter avec les autorités sur place permettra une nette amélioration de la situation des droits de l’homme au Burundi. Contrairement à la commission Ouguergouz, issue d’une démarche de l’UE, « qui a des objectifs plutôt douteux qui n’aboutiront à rien. »

Analyse/ Bujumbura à l’heure de la post-vérité

La résolution africaine préconise notamment l’envoi au Burundi de trois experts qui coopéreraient « avec les autorités burundaises.» Objectif : « Etablir la vérité et veiller à ce que les auteurs de crimes déplorables soient traduits devant les autorités judiciaires du Burundi. »

Les 23 pour ont préféré jouer aux aveugles – par « solidarité africaine » – alors que les experts de la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi avaient évoqué « l’absence de volonté des autorités burundaises de lutter contre l’impunité » et « l’absence d’indépendance de la justice nationale.» D’où leur recommandation à la CPI d’ouvrir une enquête sur les crimes contre l’humanité commis au Burundi.

« Nous sommes profondément déçus que le Conseil ait adopté une résolution faible qui ne reflète pas la gravité de la situation », a déclaré, jeudi 28 septembre, le représentant de l’ONG Human Rights Watch à Genève, John Fisher. Il a toutefois souligné que ces trois nouveaux experts pourraient collaborer avec la commission d’enquête si son mandat est renouvelé le lendemain. Mais quid de leur marge de manœuvre? Cette nouvelle mission onusienne pourra-t-elle apporter une valeur ajoutée au rapport Ouguergouz I et II ?

Un complément sous étroite surveillance

A l’annonce de son adoption, Bujumbura s’est frotté les mains, anticipant déjà un rapport final brossant un tableau non accablant sur la situation des droits de l’homme. Si le gouvernement de Nkurunziza coopère dans la collecte des informations et la détermination des faits relevant des violations des droits de l’homme, comment garantir l’accès sans restrictions aux présumées victimes, ou prévenir le discrédit de cette nouvelle mission onusienne pour avoir viré à la visite guidée sur le territoire burundais? Le cas échéant, comment créer les conditions de libération de la parole pour celles qui incriminent des éléments des forces de défense et de sécurité ou des Imbonerakure? Surtout si lesdits experts sont perçus comme des fonctionnaires en service commandé – pour le compte de « David », cette fois-ci.

Au vu de la réaction jubilatoire du grand manitou de la communication présidentielle, Willy Nyamitwe, sur Twitter, Bujumbura entre de plain-pied dans la post-vérité. L’important, pour « David », n’est pas que ce qui est dit sur sa situation des droits de l’Homme soit vrai, mais plutôt que cela soit crû.
Guibert Mbonimpa

  34   Vos commentaires
  1. juju

    Les nouvelles en provenance du Canada louent le succes de la visite de Mutama et Antoine. Felicitation a vous chers compatriotes, infatiguables dans la promotion et la defense des idees qui batissent notre patrie le Burundi.

  2. Manjenga

    @ source du Nil

    Opposition interne et externe sans force :
    Le CDR et le MRND disaient la même chose de ceux qu’ils appelaient « inyenzi  » !! Le moment venu ils sont partis en débandade Hahaha!

    • Source du Nil

      @Manjenga :Tu as raison,mais si tu vivait aussi dans les camps de refugiés ,tu sentira aussi mon impatience.

  3. roger crettol

    Pendant ce temps, la Ligue Iteka produit des rapports sur la situation au Burundi en 2017 : celui d’avril-juin et celui de juillet-septembre. Accessibles à tout un chacun sur le site bien connu.

    Evidemment, vu qu’il n’y a pas de problème des droits de la personne humaine au Burundi, ces rapports relèvent strictement de la fabulation mensongère et anti-patriotique.

    Pour rappel, la Ligue Iteka a été dissoute le 3 janvier 2017 par le gouvernement qui, soucieux de la bonne utilisation des ressources, a ainsi voiulu mettre fin à un gaspillage éhonté.

    Cette dissolution rend encore plus suspects ces soi-disants rapports.

    N’est-ce pas ?

    JerryCan pouffe de rire – mais cette feuille de vigne ne cache rien, « Messieurs qu’on nomme grands ». Rien de rien.

    • roger crettol

      Hé ! « volulu », c’est joli, ce dérapage dyslexique aux consonnances bantoues !
      Pour continuer sur ma lancée, je me dis qu’à trop vouloir sauver sa face, on finit pas exposer le bas de … sa personne, disons, ce qui est assez dommageable pour une réputation de « Monsieur qu’on nomme grand ».

      Là, JerryCan acquiesce sagement.

      • Fofo

        @roger crettol,
        La Ligue Iteka apolitique tel que légué pa le Feu Ndadaye ou encore Mr Eugene Nindorera n’existe plus. Il y a actuellement une association politisée, manipulmée qui n’agit plus pour défendre le « DH » en tout neutralité. La notion de « Droit de l’homme » est devenu un business négociable!

        • roger crettol

          @ Fofo

          La défense des droits de la personne humaine – quand elle est devene nécessaire – ne peut être que politique, puisqu’elle s’oppose à des puissants qui malmènent ces droits.

          Qu’on soupçonne le Burundi de violer les droits de la personne humaine, et que cela voius mette mal à l’aise, je veux bien.

          Traiter les accusateurs de menteurs, de demeurés manipulés n’est pas à mes yeux une défense valable. Pas au regard des faits et de la recherche de la vérité.

          Se cantonner dans le déni, c’est en plus afficher un grand mépris pour les victimes – directes et indirectes – de ces violations. Des victimes qui sont burundaises, faut-il le rappeler ?

          • Fofo

            @roger crettol,
            Bien dit …Des victimes qui sont burundaises, faut-il le rappeler. Elles sont « burundaises » et les boureaux burundais de deux côtés évidement. Mais c’est qui est déplorable est que parmi les accusateurs se trouvent ceux-là même qui avaient mobilisé la jeunese innocente constituée en grande partie des mineurs à violer publiquement les droits humains. Forçaient les gens à participer dans les manifestations très violentes, incendiaient des maisons et les véhicules des privés y compris les bus de transport en commun, empêchaient les élèves à aller à l’école (jusqu’à bruler leurs copies des examens), barricadaient toutes les rues pour empécher les gens à aller chercher de quoi mettre sous le dent (donc affamer les pauvres), tuaient les gens supposés imbonerakure ou interahamwe, lancaient des genades ou turaient avegeuglement en public sur la population paisible. Si la Ligue Iteka du Feu Ndadaye ou encore de Eugene Nindorera existait encore à cette époque, elle ne manquerait de dénoncer et pointer de doigt aux présumés responsables de tous ces actes sans distinction aucune.

            • roger crettol

              @ Fofo
              Votre narratif des évènements de mai-juin 2015 ne correspond pas au mien. Qui aurait pu *forcer* la jeunesse de Bujumbura à manifester, vraiment ? A-t-on affaire à de la sorcellerie ?
              Qui a d’emblée qualifié les manifestations d’insurrection, ou les manifestants d’insurgés, ce qui revient au même ? Avant même que la violence ne se soit installée ?
              Votre Président l’a fait, Fofo; il voulait en découdre.
              D’obscures et maléfiques autorités ont donné l’ordre à la police de tirer sur les manifestants. Ces donneurs d’ordre sont-ils exempts de toute responsabilité, le long de la chaîne de commandement ?

              Vos contre-vérités circulent depuis longtemps, et leur répétition n’augmente en rien leur crédibilité.

              En arrière plan, il y a votre conviction que votre Surpopulaire Président avait tous les droits pour lui, quand il a décidé de se (faire) porter candidat pour un troisième mandat, Quitte à violer ou brutaliser la Constitution et la Cour Constitutionnelle, à envoyer en exil un nombre considérable de Burundais craignant pour leur vie, à pourchasser et réduire les opposants qui tombaient dans les mains des services de sécurité, à dissoudre des ONG et s’emparer de leurs ressources …

              Je suis un fieffé occidental, et ce qui est arrivé au Burundi me désole et me révolte. Ma lecture des évènements rend les autorités de Bujumbura largement responsables de l’origine de la crise et de sa malheureuse évolution.

              J’ai, moi aussi, mes Non-Négociables.

            • Fofo

              @SENYAMWIZA Jean-Claude
              -De 1 Je ne suis pas DD, je ne suis qu’un simple sympathisant du président Nkurunziza.
              -De 2 le conflit actuel est purement politique qui n’a rien avoir avec les ethnies mais vous vous cherchez à l’ethniser . Si le CNDD-FDD qui avait combattu pour la cause hutue devient le premier parti où l’on trouve toutes les ethnies bien representees, Je pense que l’utilisation c’est plutôt une évolution positive pour laquelle il devrait être félicité car cela rassurait la min6orité. Il sera pas félicité parce que cela derrange ceux-la qui se faisaient pour protecteurs des tutsis. C’est normal donc que vous soyez déçu.

          • Fofo

            @roger crettol
            Je suis un fieffé occidental ….. c’est pourquoi vous devriez analyser la situation burundaise en toute impartialité.

            Personnellement, je suis contre toute sorte de violence quelle qu’en soi la raison. Personne ne peut nier que certains agents de l’Etat ont commis des crimes mais ce qui me dérrange, c’est cette façon de vouloir fermer les yeux devant les crimes commises par certains manifestants. Quand bien-même, vous les reconnaissez jamais vous ne les condamnez pas. La liste que j’ai dressée c’était juste pour voir si vous vous intéressez réellement de droits humains. Je viens maintenant de découvrir que la « Notion de droit de l’homme » n’est qu’un « Concept qui ne vous intéresse que quand il y a effectivement violation du côté de vos protégés. Pourtant, vous oubliez que plupart des violations de DH commises en 2015 par les deux côtés l’ont été publiquement, parfois devant même les caméras!!!! Ca me fait très mal quand je vois certains occidentaux chercher par tous les moyens à leur disposition à diaboliser une partie des burundais et justifier une autre! Oubliant que nous sommes tous burundais, nés et grandis sur les mêmes collines. Nous nous connaissons plus que vous ne le croyez! Le Burundi étant un petit pays, chacun connait l’autre. Les intègres et les délinquants sont connus et se trouvent bien du côté du pouvoir et l’autre côté aussi mais pour vous les délinquants ne se trouvent que du côté du pouvoir! C’est ça d’ailleurs qui m’a poussé à défendre Nkurunziza. Je sais qu’il n’est pas parfait car c’est un être humain qui se trompe, qui oublie, qui néglige mais moi je préfère lui par rapport à beaucoup d’autres y ceux-là que vous vous croyez saints.

            • roger crettol

              @ Fofo

              En toute mauvaise foi, je pourrais vous répondre que les malfaiteurs opposés au pouvoir ont pour une grande partie été éliminés lors du nettoyage des quartiers contestataires de Bujumbura. En toute mauvaise foi.

              L’objet premier de la discussion que nous menons, c’est la reconnaissance des violations des droits etc. – et la possibilité d’enquêter sur ces violations. Dans l’attente qu’une enquête sérieuse, et la mise en accusation de responsables, pourraient réduire le nombre de ces violations. D’où qu’elles viennent : la commission de l’O.N.U mentionne dans son rapport des violations qu’elle pense pouvoir imputer à l’opposition. Mais comme l’enquête n’a pu être menée qu’à l’extérieur du Burundi, elle est forcément incomplète.

              L’accès au territoire national a été interdit à cette commission d’enquête par un gouvernement qui a fait valoir sa souveraineté. Ce n’est pas un crime – mais cela complique la recherche de la vérité, et force à s’interroger sur ce que « le Burundi » peut vouloir cacher – revers de la démarche du gouvernement.

              Le gouvernement s’est ainsi mis en vedette ; il ne faut pas trop s’étonner que l’on critique son attitude.

              Quant aux aspects CPI de la question … les USA n’ont jamais signé les protocoles, et l’on pense au camp de Guantanamo, entre autres sujets sensibles. Cela met le Burundi en excellente compagnie, ne trouvez-vous pas ?

            • SENYAMWIZA Jean-Claude

              @Fofo: ,Je viens maintenant de découvrir que la « Notion de droit de l’homme » n’est qu’un « Concept qui ne vous intéresse que quand il y a effectivement violation du côté de vos protégés

              Je ne sais pas de quelle protégés vous parlez ici mais à ce que je sache, et pour une fois dans l’histoire de ce pays, les camps de réfugiés sont peuplés majoritairement de Hutus que votre Président prétendait sauver quand il est arrivé au pouvoir en 2005 mais aussi par des Tutsi, ce qui est normal aux yeux du pouvoir qui cherche, en vain, des boucs émissaires..! La protection des Hutu, c’était le slogan du CNDD-FDD dans le maquis quand il menait la guerre dont les cibles étaient plus civiles que militaires !Feu Nelson Mandela s’adressant au Conseil de Sécurité des NU en 2000, peu avant la signature des Accords d’Arusha, ne croyaient pas si bien dire quand il rappelait que c’était une rébellion sans vision, massacrant des innocents qu’on voulait mettre au pouvoir mais qu’on le faisait pour que les Burundais meurtris aient la paix… ! Nous le paierons cher, Fofo, vous avec.

  4. Gacece

    On parle de la corruption de la CPI au sujet de la Lybie, et on oublie comment la TPIR a géré les cas des crimes commis pendant le génocide de 1994 au Rwanda.Et par hasard, le même avocat, Bernard Maingain, est toujours dans les parages. Qui trompe qui?

    Le groupe Afrique a retourné la monnaie de sa pièce à l’Union Européenne. Elle habitué à sortir et faire voter des résolutions unilatérales. Elle ne consulte jamais les autres pays ou si elle les consulte, elle ne tient jamais compte de leurs propositions d’amendements. Comme pour ces rapports d’ailleurs. Alors quoi de mieux que de les battre à leur propre jeu, sur leur propre terrain!

    On verra le reste dans l’avenir, mais cela m’étonnerait que les gens qui voulaient l’implication de la CPI ne soient pas déjà en train de pousser et mousser leurs projets funestes… dans les mêmes parages.

    • roger crettol

      @ Gacece

       » en train de pousser et mousser leurs projets funestes… »

      Tandis que, vu de chez moi,c’est le Bujumbura officiel qui pousse et mousse son projet de repeindre complètement le paysage électoral en vue des prochaines élections, avec des moyens qui me font douter fortement de la noblesse de ses intentions.

      Le fonds de financement des élections en est un bel exemple. Récolte et utilisation opaques à souhait.

      Les actions contre les partis politiques honnis ou simplement suspendus et leurs membres qu’on se contente d’intimider ou de battre, autre témoignage de probité et de vertu.

      « Cachez ce sein que je ne saurais voir », et le déni de tout ce qui pourrait être référence à des violations … mais non, il n’y a PAS de violations … JAMAIS. D’ailleurs, ne s’agit-il pas du BURUNDI ? JAMAIS, je vous le répète.

      Cher Gacece, nos perceptions des projets poussus et moussus ne se recouvrent pas.

      • Gacece

        @roger crettol
        Je ne vois pas où vous voulez en venir. C’est vrai qu’au Burundi il y a eu et continue à y avoir des violations des droits de l’homme. Mais de là faire appel à la CPI? Et de plus avec le même avocat qui était impliqué, de très près, à la politique rwandaise avant, pendant et après le génocide de 1994? Cela me paraît surfait!

        Le TPIR a jugé un seul côté et n’a daigné écouter ou prendre en compte les revendications, plaintes et doléances de l’autre côté. Pourtant, nous qui avons grandi là-bas sommes au courant que ce n’est pas un seul côté qui a commis des atrocités à ce moment-là!

        En RDC voisine, il y a eu plus de 10 millions de morts, principalement tués par l’armée rwandaise. Et la CPI s’est contentée de juger quelques chefs locaux de rébellions, sans jamais impliquer les Rwandais.

        Et au Burundi il y a eu moins de 600 morts, des deux côtés, et on veut toujours juger un seul côté plutôt que toutes les personnes impliquées dans les violations.

        Ce n’est pas tant l’invocation de la CPI qui me déranger. Ce qui me déranger le plus, c’est qu’on le fasse en se fondant sur des rapports dont le contenu montre et clairement démontre un parti pris, et qu’on veuille carrément faire abstraction et étouffer les demandes de l’autre coté… celui du « parti non pris ».

        Et c’est cela que j’appelle « projets funestes » parce ça vient plus diviser les Burundais que les unir. Ce qui aurait bien plus de conséquences néfastes à long terme dans le processus de réconciliation.

        • John

          @Gacece, une révélation, »nous qui avons grandi là-bas « !! Quel âge avais-tu à l’époque (1994)?; qu’est ce que tu as vu? Qu’est-ce que tu as fait? N’oublie pas qu’il existe au Rwanda une liste des noms de burundais réfugiés à l’époque soupçonnés d’avoir activement participé au genocide des
          Tutsis la bas. On comprend en fait d’où tu as tiré ton extrémisme et ton soutien quasi aveugle à un régime qui tue et viole ses propres citoyens. Tu as été à la bonne école,…si tu n’y étais pas enseignant.!!!!!

          • John

            @Gacece, et puis tu continue à comparer. Et comme le dit bien l’adage, « comparaison n’est pas raison ». Continuer à se référer à ce qui s’est passé ailleurs et dans ce cas au Rwanda pour justifier ce qui se passe au Burundi frise de l’irresponsabilité . Ce n’est pas que supposément on a pas puni au Rwanda que les crimes commis au Burundi et en particulier par les services de l’Etat ne doivent pas être punis. Au Rwanda la justice n’a peut-être pas été complète car les enquêtes n’ont pas atteints les gens comme toi. Mais si tu étais honnête tu aurais dû aller là-bas pour ne fut ce que témoigner de ce que tu as vu ou peut être fait. Mais les gens comme toi se mettent à crier au déni ou pire au double genocide. Et c’est ça que tu veux appliquer sur le cas du Burundi: « les autres(les jeunes manifestants)ont fait ….et nous (l’Etat et ses services et ses supplétifs imbonerakure) ont fait ». Ça s’équilibre donc!! Et la CPI n’a rien à voir……. puisqu' »elle n’a rien vu chez nos voisins »…. C’est dommage cher Gacece une telle vision.!!! Mais franchement vu les acquis de la ou tu a grandis,on pouvait pas s’attendre à mieux!!!

            • Gacece

              @John 2
              Il t a une différence entre ne rien voir et refuser de voir. Mais le pire encore, c’est refuser de regarder quand on en le devoir et le pouvoir… à moins que… Passons!

              Il n’y a personne qui a comparé le Burundi au Rwanda. Chaque pays a eu son lot de calamités sur lesquelles on ne devrait pas s’étendre ici. Ce que je dénonce est cette façon de vouloir ne juger qu’une partie d’un conflit, en tolérant les crimes commis par l’autre partie.

              Pour moi un criminel reste un criminel peu importe où il se trouve. On ne peut pas dire : « On va poursuivre ces criminels-ci, laissons ceux-là… avec le temps on va finir par les oublier. »

              Comment nommeriez-vous ce genre de justice? La CPI?

          • Gacece

            Et pui quoi encore! Toute personne qui ose critiquer ce que le TPIR a fait devient soit un génocidaire ou un extrêmiste!? Vous avez oublié négationniste, complice de génocidaire, et patati patata!

            Le TPIR, à l’image de ce que la CPI a fait jusqu’à aujourd’hui, a choisi de ne juger qu’une seule partie et de fermer les yeux sur les atrocités qu’a commise l’autre partie. Et vous voulez qu’on laisse faire ou qu’on ne s’alarme pas? Non! En tout cas pas pour moi. Et je crois que je ne suis pas le seul. Si vous voulez pointer du doigt sur ce qui ne va pas avec « votre régime », permettez-nous aussi de pointer du doigt sur ce qui ne va pas avec notre chère CPI.

            En ce qui me concerne, je ne crois pas que mon nom se retrouve sur cette liste. Et je suis tranquille où je suis. N’en déplaise.

    • Fofo

      @Gacece,
      Les compétences des tribunaux internationaux sont bien connues! Intimider et réduire en silence ceux qui sont contre les intérêts occidentaux. La TPIR ne pouvaient juger les présumés coupables du génocide au Rwanda mais si cette cour était juste, elle aurait pu enquêter et juger ceux qui ont commis l’attentant contre l’avion du Président Havyarimana, déclancheur de génocide. Est-ce tous les FPR sont des saints? Personne n’a commis un crime contre l’humanité ou un crime de guerre? Sinon, il est facile de conclure qu’il y a des diables et saints de naissance! Heureusement, que nous n’avons un Seul Juge, Juste qui nous jugera tous!

      • Fofo

        Correction: mais si cette cour était juste, elle aurait pu enquêter et juger également ceux qui ont commis l’attentant contre l’avion du Président Havyarimana, déclancheur de génocide

        • Karabona

          Parce que vous, Fofo, vous savez qui a abattu l’avion, ça nous interresse car il y a un paquet de gens qui cherchent à prouver une théorie ou l’autre depuis des années, vous devez avoir des infos très confidentielles, vous y étiez?

  5. Source du Nil

    La réalité est que le pouvoir DD est tombé dans son propre piège,avec une commission d’enquėte interne et externe,et ne pourra pas donc sortir de la guelle de l’UE et des Etats -Unis.L’ennemi voisin,le Rwanda ne fait que contempler l’ecroulement du système sans tirer une seule balle.Wait and see.

    • roger crettol

      @ Sources du Nil
      « L’ennemi voisin,le Rwanda … »
      Et moi qui croyais à la solidarité entre régimes autoritaires fondés, tout bien considéré, sur les mêmes bases …
      Ce n’est quand même pas l’appartenance à des non-ethnies* différentes qui pourrait compliquer les relations entre deux Excellents Présidents, aussi Sur-Populaires l’un que l’autre. Tout devrait les rapprocher, non 😉 ?

      « Wait and see »
      Faites-vous vraiment confiance à des acteurs inconnus pour régler les problèmes qu’affronte le Burundi ? Ce « wait and see » me semble équivoque. Ou alors, cache-t-il une menace de calamités aussi terribles que floues, sur lesquelles vous préférez ne pas vous étendre ?
      Parlez clairement !

      *Non-ethnies – par égards pour le non-dire officiel du Rwanda.

    • Poponi

      Tu me fais rire mon petit, le système dont tu attends l’écroulement continuera son petit chemin malgré vos funestes souhaits et ceux qui sont en attente de cet écroulement vont s’écrouler avant que leurs rêves se réalisent.

      • Source du Nil

        @Poponi :Les signes de l’ecroulement du système DD sont éloquants :En interne,La crise ęconomique va causer un mecontement gęnéral,un soulevement populaire et en externe,l’UE,USA ,CPI etc…finiront pat plier le regime.Ça prendra le temps x,y,z mais au finish,le regime tombera comme un fruit mûr.

  6. Mayagwa

    Pacifique N. dit: [Malheureusement nous continuons à assister à deux faces de l’ONU: celle des droits de l’homme qui est active et constate les crimes au Burundi, et celle du Conseil de sécurité qui continue à assister aux scènes de la mise à mort des burundais au lieu de les protéger],
    Ce Mr veut nous tromper. Même dans ces « Droits de l’Homme »qui est active nous avons vu 2 faces différentes. Celle de l’Occident alignés d’un côté et celle du reste du monde de l’autre côté!

  7. Fofo

    En vérité il n’y a pas deux résolutions! Il n’y a qu’une seule, celle du Groupe Afrique. En faisant voter la deuxième résolution l’UE a voulu sauver son honneur pour ne pas paraître humiliée par les pays supposés survivres de ses aides. Toutefois, même si la 1ère résolution semble victorieuse pour Bujumbura, les mêmes lobbyings risquent de jouer dans la nomination de ces 3 experts, par conséquent aboutir sur les conclusions proches de celles de Mr Fatsah Ouguergouz. Ou si les 3 experts aboutissent à des conclusions contradictoires, M. Fatsah Ouguergouz aura comme justification qu’il n’ont pas pu avoir accès sur le territoire burundais. Quoi qu’il en soi, les rapports de Fatsah Ouguergouz seront beaucoup plus modérés et plus ou moins équilibrés!

    • Karabona

      Fofo, vous êtes déjà en train de remettre en doute l’intégrité de ces trois experts alors qu’ils ne sont pas encore désignés… faut-il y voir le très proche mécanisme de défense de Bujumbura lorsque ces nouveaux experts remmettront leurs conclusions? Auquel cas, effectivement il y aurait une véritable constance dans les arguments émanant de Buja: « Tout le monde est corrompu et complote contre les Burundais, et patati et patata » et le monde devra conclure qu’il n’y a qu’à Bujumbura que l’on trouve encore des hommes intègres…

  8. Kijigo

    On n’est fatigués avec ces histoires de « Résolutions » qu’ on laisse tomber nous allons nous-mêmes régler les choses, donc Wait and see! Mutaona mabo watoto wako imara!

    • Source du Nil

      @Kijigo :Optimisme fondé sur quoi?Opposition interieure et exterieure sans force.Laissez au moins la CPI agir.

  9. kibwa

    Le monde est cynique et sans pitié ni âme. Au moment où on tergiverse à Génève, la machine qui tue au Burundi est à l’oeuvre. On le sait, on se tait.!!!
    Seuls les proches des victimes, complètement anéantis, meutris, auront un jour la dernière force, la toute dernière pour se libérer…..le reste n’est que discours de salon des hôtels 5 étoiles, vin , champagne, caviar…….
    Kibwa

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