Économie

Budget 2014 : où trouver l’argent ?

29-07-2014

Sur les 1,411 milliards de Fbu de dépenses prévus dans le budget initial de l’année en cours manquent 70,378 milliards. Pour combler ce déficit, le gouvernement est réduit à hausser les impôts. L’OAG s’est penchée sur la structure budgétaire.

Ancien conseiller principal dans la Direction Afrique Centrale au sein de la BAD, Boaz Nimpe est titulaire d’une maîtrise en Finances Publiques (Japon), diplômé en Études Spécialisées en Économie Internationale et Développement (Belgique) et de l’École Nationale des Impôts (ENI, France) ©Iwacu

Boaz Nimpe est ancien conseiller principal dans la Direction Afrique Centrale au sein de la BAD ©Iwacu

L’équation n’est pas facile, en lisant l’étude réalisée par Boaz Nimpe (( Ancien conseiller principal dans la Direction Afrique Centrale au sein de la BAD, Boaz Nimpe est titulaire d’une maîtrise en Finances Publiques (Japon), diplômé en Études Spécialisées en Économie Internationale et Développement (Belgique) et de l’École Nationale des Impôts (ENI, France) )) , expert en finances publiques et consultant pour le compte de l’Observatoire de l’action gouvernementale (OAG). Le budget 2014 a été calculé sur des hypothèses optimistes, une croissance du PIB de 5,4 % et un taux d’inflation de 8 % (contre respectivement 4,8 % et 9 % en 2013). De quoi financer les 1.411 milliards de dépenses de l’État (1.442,6 milliards dans le Budget révisé), contre 1.341 milliards prévus comme ressources.
Sur ces derniers, 659 milliards viennent des ressources internes, ce qui porte à 50,8 % la part des dons dans le Budget. Les taux de réalisation des projections des récoltes fiscales permettent d’espérer que cette somme sera obtenue par l’OBR : en 2013, l’Office recouvrait 563,3 milliards, soit 102,8 % de la somme prévue.

Reste l’inconnue liée aux dons : sur les 681,79 milliards Fbu prévus, 100,7 milliards sont sous forme d’appuis budgétaires. Or, à part les 6,543 milliards de la France débloqués sur le deuxième trimestre, le reste est annoncé pour les 3ème et 4ème trimestres (Union Européenne pour 30,53 milliards de Fbu, Banque Mondiale pour 40,77 milliards et Banque Africaine de Développement avec 22,89 milliards). Les montants seront-ils obtenus à temps, alors que des thèmes liés aux fameuses « conditionnalités » sont au menu des discours diplomatiques actuels (libertés publiques, indépendance de la magistrature, gouvernance, etc) ?
Un point d’interrogation de taille dans le budget.

La délicate question de l’épargne

C’est en structant les indicateurs macroéconomiques des pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est que l’on comprend à quel point l’économie burundaise souffre. Un point, notamment : l’épargne. Le Burundi épargne très peu (2,4 %), très loin derrière le Rwanda (11,7 %), le Kenya (11,8 %), l’Ouganda (15,3 %) et la Tanzanie (21,8 %).

D’autant plus que, souligne Boaz Nimpe, même ce qui est dépensé l’est pour payer notamment les salaires (322 milliards de Fbu), les biens et services (plus de 700 milliards), les subsides et subventions (130,7 milliards), les exonérations (18 milliards), etc. Les contributions à huit ((ONU, UA, CEPGL, EAC, Fonds de solidarité africain, CEEAC, Comesa, EGL)) organismes internationaux (13 milliards de Fbu) sont particulièrement soulignées dans cette étude de l’OAG, qui rappelle que 9,6 milliards de Fbu sont uniquement alloués par le Burundi à son intégration dans l’EAC. Or « sans économies budgétaires pour dégager l’épargne, l’État ne peut pas réellement investir. C’est ce carburant qui manque à l’économie burundaise à travers pratiquement tous les budgets votés les vingt dernières années. »
De quoi alimenter de plus belle le débat sur la réduction des dépenses de l’État.

Pour financer le déficit budgétaire, le gouvernement compte procéder à la hausse des impôts sur presque tous les produits vendables. Notamment le sucre, les produits Brarudi et Burundi Brewery Compagny, les farines, les huiles et cigarettes produites localement, les tissus, le carburant, l’abattage des vaches, le café, etc.

  14   Vos commentaires
  1. Vuvuzela

    Muti dukure hehe amahera ya budget 2014? Mu gaseke!!

  2. Arsène

    Je souhaite aujourd’hui, non pas donner un point de vue personnel, mais citer des propos du sociologue suisse Jeaun Ziegler que je partage entièrement. Je donnerai la référence de l’ouvrage à la fin du post.
    « En Suède, en Finlande, en Norvège, au Danemark, en Suisse, les membres du gouvernement se rendent à leur bureau à pied, à bicyclette ou en empruntant les moyens de transport publics. Dans un pays protestant, un (ou une) ministre se déplaçant de son domicile à son lieu de travail accompagné (e) de sirène et encadré (e) par des motards de police serait extrêmement mal vu. […] Mais avez-vous déjà assisté – à Port-au-Prince, Tegucigalpa, Ouagadougou ou Jakarta – au déplacement d’un ministre, du président de l’assemblée ou de quelque autre dignitaire autochtone? Rues bloquées, sirènes hurlantes, gardes du corps aux aguets…Un cortège de Mercedes et de Cadillac, de Toyota aux vitres fumées, de Land Rover blindés transportent d’importants personnage. René Dumont avait la coutume de dire: ‘Le principal instrument d’oppression en Afrique est la Mercedes’. […] Une règle semble présider aux dépenses somptuaires des gouvernants d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine: plus pauvre et plus endetté est leur pays, plus luxueux est leur train de vie personnel, celui de leur famille et de leurs courtisans. »

    L’analyse de Ziegler ressemble à une description de la situation que j’ai trouvée au Burundi après une décennie d’absence. Pour aller au terrain de foot, le président paralyse la ville. Les samedi matin, c’est une autre histoire mais il n’en reste pas moins que ça paralyse l’économie. Les voitures de luxe tant pour les parlementaires que pour les membres du gouvernement et autres dignitaires, des villas (financées par le contribuable local et le contribuable européen). C’est impensable. Prenons l’exemple suisse: un président de la Confédération (équivalent du président de la République) qui va au travail à vélo et un président Burundais qui mobilise tout un cortège de voiture de luxe pour aller faire du sport! un charroi financé tant par le contribuable burundais que par le contribuable suisse entre autre!
    Une pléthore de ministres dont les compétences peuvent être remises en question. Le gouvernement suisse (Conseil fédéral) en compte seulement 7 et ça fonctionne extrêmement bien.
    Voici la référence pour quiconque souhaiterait lire le livre d’où j’ai tiré la citation:
    ZIEGLER Jean, Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent, Paris, Fayard, 2002, 361 p.

  3. Stan Siyomana

    C’EST GRAVE QUAND CE QUI EST NORME AILLEURS DEVIENT « HYPOTHESE OPTIMISTE » AU BURUNDI
    1. C’est quand meme malheureux qu’apres tout ce que le peuple burundais a souffert comme sequelles de guerre civile d’une quinzaine d’annees, « les libertes publiques, independance de la magistrature, la bonne gouvernance,… » restent toujours au menu des « conditionalites » d’aide etrangere dans les discours diplomatiques, alors que le BEAU PAYS DE MWEZI GISABO etait suppose avoir un Gouvernement du Peuple et par le Peuple/Abarongoye igihugu bitorewe n’abanyagihugu.
    Aujourd’hui le Burundi est arrive a un point ou les dirigeants actuels doivent essayer de remplir ces conditionalites CETTE FOIS-CI POUR LEUR PROPRE INTERET DE RESTER AU POUVOIR (= avec un Gouvernement qui peut offir ne fut-ce qu’un minimum de services au peuple).
    2. Sauf si c’est une facon d’admettre que le Gouvernement a des problemes a gerer les affaires, sinon il ne devrait y avoir rien d’hypotheses optimists a prevoir une croissance du PIB de 5,4% pour 2014 ( quand la moyenne pour l’Afrique est de 5,2%) ou de prevoir un taux d’inflation de 8% (alors que meme le Protocole de l’Union Monetaire de l’East African Community prevoit de maintenir le taux d’inflation en dessous de 8% avant 2023).
    (Voir 1. « Africa’s growth set to reach 5.2 percent in 2014 with strong investment growth and household spending », http://www.worldbank.org, 7 April 2014;
    2. « Finally, monetary union in sight as countries strike deal », http://www.theeastafrican.co.ke, 27 July 2013).
    3. Je crois que la projection du PIB et du taux d’inflation sont de fausses excuses quand il s’agit de determiner le budget.
    Par exemple, les depenses de l’Etat d’Afrique du Sud ont connu une croissance reguliere allant d’un peu plus de 340.000 millions de rands (1er trimestre 2008) a 428.503 millions de rands (1 er trimestre 2014). Mais la croissance du PIB n’a fait que chuter (elle a meme atteint -2% vers la fin de 2009).
    (Voir 1. « South Africa Government spending »;
    2. « South Africa GDP annual growth rate », http://www.tradingeconomics.com).
    Je crois que le budget est tout simplement une question de besoins de l’Etat, priorites de l’Etat, mesures d’austerite si c’est necessaires, une question d’elargir la base fiscale (en diminuant les exonerations fiscales) sans trop saigner a blanc le citoyen lambda de Cendajuru (ou d’ailleurs) qui n’en peut plus, une qustion de se rendre a l’evidence est de satisfaire ces conditionalites liees a l’appui budgetaire et a l’aide etrangere en general.
    Merci.

  4. kimeneke

    Les dd mpara ndababwira yuko atakigenda bishoboka gute yuko umuntu nkuyo atakazimwamuhaye mukagaha abahejeje za philosophie ??? Nicogituma dukwega amakoti nkimiswi yinkoko yanyagiwe inyuma yabandi. Iwacu mudushirireko ingene baharura économie nationale iminsi nimyishi

  5. KEBESI Mkundwa

    Iyo ukanyuye impuzu ukabona ivamwo amazi menshi uca ugira uti nokanya kandi hovamwo ayatari make mugabo ubandanije arahava agakama. None bene wacu mutwara ingene mwagwanije akarenganyo turiko turabibona. Na porona yari incontournable iriko irayonga bukebuke.Iyo iba yakoze ivyiza twovuze tuti komera mwaradushikanye ahantu. Namwe niyo mwashaka ko tuba abantu tuzobaba, niyo naho mwashaka kutugira abaja, abantu basuzuguritse mu karere, muzobikora(Mbona ari nayo nzira muriko). Kandi impanuro ya kivukanyi niyo mwashira abarundi benshi mu bukene, ntimwibaze ngo muzotunganirwa mu matungo yanyu.
    Ntawushaka kuraba kwisahani ya se(umugani w’umuvugizi araho)mugabo rero no kwicisha ikigoyi abawe ntibitera iteka.

  6. Michou

    Hausse les impôts et les taxes, je pense que c est une mauvaise idée. Les commerçants vont refiler ses augmentations aux consommateurs et on connaît leur maigres salaires. L etant devrait commencer à songer à s attaquer aux structures de l état. En commancant par la réorganisation territoriale. Je pense pas que le notre pays a besoins 17 provinces et129 communes.

    • Gahutu Paul

      C’est ça ton argumentaire ou bien c’est la comédie?

      • Caliente

        Wanyarukije kwugurura umunwa, ivyo michou avuze nivyo. Imbere yuko baduza les impots (bataye umutwe) nibabanze bagabanye les dépenses. Iyo mishahara, imiduga n’ayo ma missions yo kuja gutora les prix agabanuke.

    • Stan Siyomana

      @Michou: (« …17 provinces et 129 communes »
      En effet, dans toute restructuration, quand des mesures d’austerite s’imposent, il faut mettre toutes les propositions sur la table (pour debat honnete et impartial?):
      1. Le Rwanda voisin (qui a a peu pres la meme etendue que le Burundi) n’a que 5 provinces (Est, Kigali, Nord, Sud et Ouest).
      2. La partie continentale de la Tanzanie (= Tanzania Mainland/Tanzania Bara) n’a que 25 regions/mikoa alors qu’elle occupe 945.000 km carres, soit 34 fois la superficie du Burundi.
      Merci.

  7. Gaston Sindimwo a proposé une solution simple et surement reflechie: l’EFFORT DE GUERRE »
    hahahaha………

  8. Uwarugwanye

    C’est trop compliqué pour nous les profanes de la fiscalité et des finances publiques. J’ai retenu que l’Etat doit revoir à la baisse son train de vie. Voilà ce qui préoccupe ce peuple saigné à blanc par des impôts. Du reste, les spécialistes comme Boaz NIMPE sont des cerveaux mal utilisés, négligés, au profit des généraux budgétivores dans un pays non en guerre.

  9. Jackson

    Des points à la place des virgules,…j’ai vu que du feu dans les chiffres.
    Rehausser l’impôt n’est sans doute pas la meilleure solution, surtout si l’accroissance de la production ne suit pas.
    Néanmoins, ce qui est important est nous aspirions à être autonomes. Obama l’a dit hier, une Afrique autonome est la seule clé qui reste au vrai developpement mondial. L’impôt enorme ( 30 % du revenu ) payé en Scandinavie ne derange pas bcp les citoyens, parce qu’il y a sur quoi prelever cet impôt.
    Le gouvernement devrait penser en même temps à entreprendre dans l’immediat des actions concretes en vue d’augmenter le pouvoir d’achat du citoyen et la production. Sinon il y aura pas cet impôt escompté. Car trop d’impôts tue l’impôt. c’est une loi economique très simple.
    Nipfurije Imigisha myinshi Uburundi bwacu bwatwibarutse, Urukundo n’Amahoro.

    • Wise

      Le plus urgent est d’assainir le climat politique afin d’attirer les investisseurs potentiels. Kuko ntamuntu azoshobora kuzana umutahe wiwe mumaruru.Ndababazwa numuntu avuga ngo turiko tugwanira aga cake kandi nako atakatariho. Haranira democratie yukuri itagira inzira karengane hama murabe vyose ko bitazoshoboka

      • Jackson

        @Wise:
        Harara inzara hakazinduka inzigo! L’economie et le politique fonctionnent un peu comme des vases communiquants. Democratie mugihe benshi bagishonje irashoboka ariko ntivyoroshe. Urumviriza ijambo Concilie yavuze. Ngo Gateau yabaye nto! Bisigura ko mu Burundi hari abatari bake bakora politique kugira baronke akazi, hama babone kubaho. Mu gihe twomenya ingene abandi bakoresha les systemes bancaires, ama societes akagwira, akazi kakagwira. Umuntu yoba abayeho neza singomba ngo abe ari uwiba mu kigega ca Leta canke afise akazi keza….si tu vois ce que je veux dire.

Publicité