Notre journaliste Jean Bigirimana porté disparu depuis 3682 jours. Nous ne l'oublions pas.

Trafic d’armes : et si c’était la partie visible de l’iceberg

Le Burundi est rattrapé par une affaire de trafic d’armes. Ce mardi 18 août, le Parquet général de la République a annoncé « l’ouverture d’une procédure judiciaire à charge d’un groupe de personnes impliquées dans un trafic illicite d’armes par usage de faux et falsification de documents ».

D’après le communiqué signé par la Procureure générale de la République, Mme Rose Nkorerimana, le réseau mêle des ressortissants étrangers et des citoyens burundais, qui se seraient servis de faux documents pour faire passer une cargaison d’armes sur le territoire national.

« Dans le cadre de cette procédure, un ressortissant sud-africain, M. Du Toit Wayne Patrick, et un ressortissant burundais, M. Eddie Muco, ont déjà été arrêtés et une quantité importante d’armes a été saisie », lit-on dans ce communiqué.

Le Parquet général de la République fait savoir qu’il poursuit les investigations nécessaires afin d’établir les circonstances exactes des faits et de déterminer les responsabilités à charge de toute personne ou organisation ayant participé à l’organisation et à l’exécution de ces crimes, pour des poursuites conformément à la loi.

Cette note ne précise pas la provenance de ces armes, ni leur quantité, encore moins leurs types. Ce communiqué ne donne pas d’informations sur la destination de ces armes illicites saisies ou interceptées au Burundi. Il y a lieu de se poser la question de savoir s’il s’agissait d’un premier lot saisi et s’il n’y avait pas d’autres cargaisons déjà expédiées, livrées.

À part le Sud-Africain et le Burundais déjà arrêtés dans ce dossier, le Parquet général de la République ne donne aucune autre information sur les autres personnes impliquées dans cette affaire.

Question légitime : est-ce que tout le réseau sera démantelé ? S’agissait-il des seuls trafiquants d’armes ? À qui ou à quelle entité ces armes étaient-elles destinées ?

Il n’est pas non plus exclu que des allégations ou de prétendus « démantèlements de réseaux de trafic d’armes, saisies d’armes et découvertes de caches d’armes » s’accompagnent souvent d’arrestations dans les rangs de l’opposition.

Une autre interrogation : Est-ce que le contexte politique et sécuritaire régional, avec des frontières poreuses à l’ouest, du nord au sud du Burundi, ne se prête pas à ce genre de trafic ?

Les combats signalés dans certaines localités à l’est de la RDC entre des mouvements rebelles dont l’AFC-M23 et les FARDC, épaulées par les groupes Wazalendo d’autodéfense, et l’armée burundaise aux prises avec d’autres bandes armées burundaises ayant des bases arrière dans cette même région, sont propices à la circulation incontrôlée d’armes.

Une chose est sûre : tous ces groupes de combattants s’approvisionnent quelque part, c’est la fameuse loi de l’offre et de la demande. Rien de nouveau, à part les acteurs qui ont changé, — on connaît la chanson.

Forum des lecteurs d'Iwacu

0 commentaires
Aucun commentaire pour le moment.

Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu

Merci de prendre connaissance de nos règles d’usage avant de publier un commentaire.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Tout propos incitant à la haine, à la violence ou à la discrimination est strictement interdit.

Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire non conforme à la charte.

Ajouter un commentaire

MENU