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Le baptême ne devrait pas être une cérémonie privée

Au Burundi, le baptême n’est pas seulement un acte religieux. Dans un pays où la foi demeure l’un des principaux liens sociaux, il est aussi un acte public d’intégration à une communauté. C’est pourquoi la manière de le célébrer dépasse les seules questions d’organisation paroissiale. Elle touche à la place que l’Église accorde à la communauté elle-même.
« Si le baptême est réellement la porte d’entrée dans l’Église, pourquoi cette porte n’est-elle pas ouverte devant toute la communauté paroissiale ? »

Cette interrogation d’un parent, dont l’enfant a été baptisé en dehors de la messe dominicale dans une paroisse de Bujumbura, rejoint une question que se posent de nombreux fidèles. Plusieurs paroisses ont pris l’habitude de célébrer les baptêmes des enfants en dehors de la messe, le samedi ou le dimanche après les célébrations eucharistiques.
Les raisons avancées sont connues : alléger la durée des célébrations, gérer le nombre important de baptêmes, respecter le programme paroissial ou encore faciliter l’organisation des prêtres et des chorales.

L’Église reconnaît pleinement cette pratique. Le rituel prévoit le baptême au cours de la messe comme le baptême en dehors de la messe. Les deux formes sont officielles et pleinement valides.
La véritable question n’est donc pas de savoir où le baptême a le plus de valeur, mais quelle forme de célébration exprime le mieux ce que représente ce sacrement.

Pendant la messe, les fidèles peuvent prier pour le baptisé, renouveler leurs propres promesses baptismales et manifester que la foi se vit en Église, jamais de manière isolée.
Certes, lorsque le baptême est célébré hors messe, les éléments essentiels du sacrement demeurent. Mais la célébration est souvent plus sobre, parfois plus brève, et certains fidèles ont le sentiment que le baptême perd une partie de sa dimension communautaire. Ce ressenti ne devrait pas être écarté. Si le baptême est réellement l’entrée dans la communauté chrétienne, alors celle-ci devrait, autant que possible, être présente pour accueillir ceux qui y font leur entrée.

Les arguments invoqués peuvent être légitimes. Encore faut-il qu’ils soient expliqués avec transparence. Une question demeure : l’organisation doit-elle toujours l’emporter sur la signification des sacrements ? Une communauté chrétienne est-elle tellement pressée qu’elle ne puisse consacrer quelques minutes, de temps à autre, à accueillir publiquement ceux qui deviennent ses nouveaux membres ?

Si des familles demandent le baptême pendant la messe, ce n’est pas nécessairement par goût du cérémonial. Beaucoup souhaitent simplement que leur enfant soit accueilli publiquement par la communauté qui l’accompagnera dans sa foi.
Les sacrements ne sont pas de simples actes à inscrire dans un registre paroissial. Lorsqu’ils sont célébrés avec toute leur richesse symbolique, ils parlent au cœur des fidèles et fortifient leur foi. Lorsqu’ils sont réduits à une simple question d’organisation, ils risquent de perdre une part de leur force évangélisatrice.

C’est peut-être le moment de nous demander, avec humilité et courage, si certaines habitudes pastorales ne mériteraient pas d’être réexaminées afin que les sacrements retrouvent toute leur éloquence et toute leur beauté.

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