Jeudi 11 août 2022

Société

Remise et reprise à la tête de la CFCIB : Des promesses malgré les défis

24/06/2022 4
Remise et reprise à la tête de la CFCIB : Des promesses malgré les défis
Olivier Suguru promet de repositionner le secteur privé burundais sur le marché de la ZLECAF

Faire de la Chambre fédérale du commerce et de l’industrie du Burundi (CFCIB), une chambre forte et responsable, booster les exportations vers les marchés régionaux, tels sont entre autres les projets du nouveau président. Son prédécesseur recommande la mobilisation des ressources stables pour la chambre.

« Nous comptons faire de la CFCIB un partenaire incontournable des hommes et des femmes d’affaires afin qu’elle soit une chambre engagée pour le développement du Burundi », indique Olivier Suguru, président de la CFCIB. Et de souligner sa vision : rendre cette chambre fédérale plus dynamique, responsable, fort et solidaire.
Pour redynamiser la CFCIB, renchérit-il, un plan stratégique de cinq ans allant jusqu’en 2027 sera bientôt établi après avoir évalué le plan en cours.

Il promet de repositionner le secteur privé burundais sur le marché de la zone de libre-échange continental africain (ZLECAF) et de profiter des opportunités offertes par le marché de la République démocratique du Congo pour booster l’exportation des produits burundais.

Concernant des inquiétudes sur des postes qu’il occupe dans d’autres institutions, Olivier Suguru fait savoir qu’il va céder ses postes de président du conseil d’administration de l’Office burundais des recettes (OBR) et celui de président de l’Association des industriels du Burundi (AIB) pour s’occuper essentiellement de la CFCIB.
Etant député, il explique qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre son mandat à l’Assemblée nationale et son poste de président de la CFCIB.

Des difficultés à résoudre

Le président sortant Audace Ndayizeye évoque l’insuffisance d’un personnel répondant aux missions de la CFCIB comme un défi majeur auquel fait face la chambre. Ainsi, il recommande que la CFCIB dispose d’un personnel suffisant pour répondre aux sollicitations de plus en plus pressantes du secteur privé burundais.

En outre, il déplore que la CFCIB dépende largement des appuis extérieurs : « Cela constitue une menace réelle pour la survie de la CFCIB. Ainsi, la chambre ne peut pas s’acquitter de ses missions et atteindre les objectifs dans le temps et espace fixés ». Pour lui, il faut mobiliser d’autres ressources stables pour ne plus dépendre à 85 % des partenaires techniques et financiers extérieurs.

Audace Ndayizeye exhorte son successeur à convaincre le gouvernement du Burundi pour accorder des subsides substantiels à la CFCIB et démontrer que le retour sur cet investissement est garanti. Et de lui suggérer d’accroître le nombre des chambres sectorielles et transversales membres de cette chambre fédérale.

« Il faut faire du dialogue public-privé un instrument permanent de concertation avec les institutions publiques en vue de trouver une médication idoine à tous les problèmes qui bloquent l’environnement des affaires », propose-t-il.

Les élections des organes dirigeants de la CFCIB se sont tenues ce 24 mai dernier. Quelques jours plus tôt, la candidature de Ginette Karirekinyana a été annulée par le conseil de surveillance de la CFCIB pour rester avec une candidature unique du député Olivier Suguru. Cette femme d’affaire s’était inscrite en faux contre la candidature de son concurrent arguant qu’elle viole la Constitution et le règlement d’ordre intérieur de l’Assemblée nationale, faisant allusion aux postes qu’il occupait dans différentes institutions.

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. arsène

    « Etant député, il explique qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre son mandat à l’Assemblée nationale et son poste de président de la CFCIB. »

    Il est possible qu’il n’exerce pas son mandat de parlementaire à temps plein. D’ailleurs comment cela serait-il possible puisqu’il est aussi président du Conseil d’administration de l’OBR et président de l’AIB. On peut vraiment comprendre: le Burundi manque des personnes capables d’occuper ce genre de poste.

    Si le président sortant, Audace Ndayizeye, évoque l’insuffisance d’un personnel répondant aux missions de la CFCIB comme un défi majeur auquel fait face la chambre, on peut alors comprendre pourquoi on peine à trouver une personne capable d’occuper ce poste de président de la CFCIB au point d’aller piocher chez les représentants du peuple. On peut dès lors s’étonner, comme Stan et Yan que la CFCIB ne dispose que de 15% des ses ressources de fonctionnement, le reste étant constitué de l’aide extérieure ou des subventions.

  2. Ndambi

    Um pays où le business est soutenu par une corruption rampente ne peut avoir une Chambre de commerce efficace.
    Tous les Richards du Burundi le sont grâce ou à cause des marchés publics biaisés

  3. Stan Siyomana

    Je n’arrive pas du tout à comprendre comment la CFCIB qui réunit des personnes supposées se faire beaucoup (?) d’argent au Burundi va « dépendre à 85 % des partenaires techniques et financiers extérieurs… » et EN PLUS VEUT DEMANDER DES « SUBSIDES SUBSTENTIELS » DU GOUVERNEMENT BURUNDAIS (au même titre qu’un orphelinat, une organisation de personnes vulnérables, une école, un centre de santé, une petite coopérative collinaire à l’intérieur du pays,….?).

    • Yan

      @Stan Siyomana
       » (au même titre qu’un orphelinat, une organisation de personnes vulnérables, une école, un centre de santé, une petite coopérative collinaire à l’intérieur du pays,….?). »

      Cela se dit: « le monde à l’envers »!

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