Jeudi 11 août 2022

Économie

Réhabilitation des routes : la grogne des usagers

11/01/2022 2
Réhabilitation des routes : la grogne des usagers
Des nids de poules dans la RN7

La plupart des routes nationales sont vétustes ou mal construites et se détériorent avant même la réception définitive. Les usagers sont mécontents. Certaines entreprises ayant mal exécuté les travaux ont été sommées de réhabiliter ces routes. L’Agence routière du Burundi met en garde ces dernières.

Des routes en piteux état. Certaines routes nationales sont trouées ou en état d’éboulement. Aussi, celles nouvellement bitumées ne cessent de se délabrer étant même en cours de goudronnage.

Les usagers se désolent du fait que certaines routes récemment rénovées soient de nouveau parsemées de nids de poule, après quelques mois. Ils demandent aux autorités compétentes de veiller à la bonne exécution des travaux pour plus de durabilité.

Jeanine Nduwayezu, vendeuse de tomates en provenance de la province de Cibitoke, ne décolère pas : « Mes marchandises s’abîmaient en cours de route avant la rénovation de la route Bujumbura-Cibitoke (RN5) et j’ai peur que la situation n’empire. A peine quelques années après sa réhabilitation, la route a commencé à se fissurer et présente des trous.»

Un chauffeur faisant le transport en commun ne cache pas sa satisfaction : « Avec le début des travaux de réhabilitation de la route Bujumbura-Rumonge (RN3), le trajet qui prenait quatre heures lorsque la route était en mauvais état, aujourd’hui n’en prend qu’au plus deux heures actuellement.»
Il demande d’accélérer les travaux pour limiter les impacts négatifs sur les usagers. « C’était aussi un manque à gagner énorme, car nos voitures s’abîmaient rapidement et les accidents étaient fréquents suite aux véhicules qui évitaient les nids de poules et heurtaient les piétons ».

Pour un autre chauffeur rencontré au parking de bus sis dans la zone Musaga qui dessert le sud du pays, demain il risque d’être trop tard : «Cette route (RN7) s’effondre petit à petit et présente des nids de poules à plusieurs endroits depuis le parking jusqu’à Kamesa. Si rien n’est fait, la route deviendra impraticable.»

Il ajoute que cette route qui sert de liaison entre la capitale économique et les provinces du sud est d’une importance capitale, car c’est par là que transite une grande quantité de charbon et de sucre. « Si la route devenait impraticable, les prix de ces produits connaîtraient une hausse sans précédent ».

L’ARB dresse un état des lieux

Ir Régis Mpawenayo: ”Certaines routes sont en cours de réhabilitation en tenant compte de leur importance économique et stratégique.”

Ir Régis Mpawenayo, directeur général de l’Agence routière du Burundi (ARB), fait savoir que certaines routes sont en cours de réhabilitation en tenant compte de leur importance économique et stratégique.

M. Mpawenayo indique que les routes en cours de réhabilitation sont notamment la RN5, la RN3 et les routes nationales numéro 16 et 18 qui sont en cours de construction. Il confie qu’une enveloppe d’environ 25 milliards BIF a été prévue pour l’entretien des routes nationales par le gouvernement du Burundi.

Et de rassurer ensuite que les autres routes seront prochainement remises en état. « Les études pour la rénovation ont déjà commencé et la recherche de financement est en cours ». Mais le DG de l’ARB déplore le fait que les routes se délabrent au même moment du fait qu’elles ont été bâties à la même période.

M. Mpawenayo précise que les financements proviennent du gouvernement du Burundi, des bailleurs du Burundi comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et les dettes contractées par le Burundi auprès des autres créanciers.

Et de défendre que si une route est mal construite, l’entreprise qui l’a construite se doit de la réhabiliter : « Bien que nous ne soyons pas satisfaits par le travail déjà réalisé pour la réhabilitation de la RN5, l’important est que les travaux ont commencé. De plus, on est en train d’exiger à l’entreprise qui a construit la RN9, de la rénover aussi. »
« On s’est rendu compte que ceux qui sont chargés de faire le suivi sont parfois corrompus »

Le président Ndayishimiye, lors de la récente émission publique, a indiqué avoir exigé la réhabilitation de la RN5 et a ajouté qu’il est en train de réclamer aussi la réhabilitation de la route Bubanza-Ndora, qui s’est délabrée avant même la réception.

« J’ai exigé à la direction des routes de veiller à la bonne réhabilitation de la RN5, sinon il y aura des sanctions. On compte acheter aussi le matériel pour vérifier la durabilité avant la réception, car on s’est rendu compte que ceux qui sont chargés de faire le suivi sont parfois corrompus par ces entreprises pour les duper », a souligné le président.

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. Stan Siyomana
  2. Maragarita

    Toujours des réponses incroyablement ineptes.
    Quelle est la part de responsabilité des Ir qui suivent les chantiers, des ministres qui signent les contrats.
    Ces gens sont honteusement riches.
    Mwagira ayo mafaranga ava hehe?
    En Tanzanie, Rwanda les routes sont impeccables.
    And for God’s sake.
    Why?

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