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Région Centre/Gitega : L’Ecole internationale de Gitega dans la tourmente

Dans sa lettre signée le 16 avril 2026 mais rendue publique récemment, le ministre de l’Education nationale et de la Recherche scientifique a ordonné la fermeture de l’Ecole internationale de Gitega (EIG). Entre comptes bancaires bloqués, salaires gelés et incertitude totale pour l’avenir de 736 élèves, l'incompréhension cède la place à la colère. Parents et enseignants dénoncent une mesure brutale et soupçonnent des motivations occultes.

Après 43 ans de bons et loyaux services, l’EIG traverse la plus grave crise de son histoire. Tout a commencé par une demande d’agrément de la section mathématiques statistiques par son représentant légal. A la place d’un accord, une ordonnance de fermeture est tombée. Ce qui a provoqué une véritable onde de choc.

Pour les élèves, ils doivent chercher ailleurs afin de poursuivre leurs étudies. Au personnel de l’établissement, les répercussions financières et sociales sont immédiates et dramatiques. Les comptes bancaires de l’école ayant été gelés, le paiement des salaires est désormais suspendu. Quant aux responsables de l’école, cela ressemble à une condamnation.

Sous couvert d’anonymat, l’un d’eux confie son désarroi. « C’est absurde que notre ministre ait pris une décision hâtive. J’ai confiance en lui. J’accuse ceux qui lui auraient transmis des rapports erronés alors qu’ils ont un autre agenda caché. »

Beaucoup pensent qu’il y’a d’autres projets pour ces infrastructures. « Dans une année ou deux, vous y trouverez une autre école et, beaucoup de familles ne pourront plus y envoyer leurs enfants car ça sera très cher. », pressent le prénommé Jean-Pierre, un parent d’élèves.

Un désaccord face au motif invoqué

Chez les parents, la stupéfaction a rapidement laissé place à une vive colère. Lors d’une réunion d’urgence tenue le 3 juillet 2026, ils ont exprimé leur désaccord face au motif invoqué par le ministère de tutelle, à savoirr l’absence d’un cadre légal régissant le fonctionnement de l’école. Dans cette ordonnance, il affirme que l’établissement occupe des bâtiments étatiques sans un contrat de bail. Une version formellement contestée par les usagers qui rappellent que l’école a été inaugurée en grande pompe à l’époque par le ministre en présence de toutes les autorités locales et provinciales.

Face à l’urgence, la résistance s’organise. Plusieurs familles ont entamé la signature d’une pétition à adresser à la Primature demandant la suspension immédiate de la mesure et l’ouverture d’un dialogue.

Bras de fer juridique et soupçons de tentative de spoliation

Le représentant légal de l’EIG et président du comité des parents, Déo Kavamahanga, assure que l’école a fourni tous les gages de transparence requis.« Nous avons remis tous les documents demandés, notamment le titre de propriété ainsi que l’agrément de l’établissement. Malgré cela, nous n’avons obtenu aucune réponse favorable », déplore-t-il. Il précise avoir tenté de joindre le ministre François Havyarimana par téléphone et via WhatsApp mais en vain.

Selon les parents, les infrastructures ont été financées par leurs propres cotisations et par l’Agence burundaise pour la Réalisation des travaux d’Intérêt public (Abutip) à qui l’école a demandé une assistance technique et financière à l’instar de nombreuses autres écoles du pays. Pas mal de personnes pensent alors que le ministère aurait pris cette implication de l’Abutip pour avancer que l’école squatte les infrastructures publiques.

Pour le comité de l’école, l’option de saisir les juridictions compétentes est désormais sur la table. Dans les rues de la capitale politique, la pilule passe mal. Beaucoup rappellent que l’EIG figure parmi les meilleurs établissements du pays en termes de qualité d’enseignement. Certains redoutent des tentatives de spoliation de la part de certaines personnalités haut placées car l’école avait déjà fait l’objet de convoitises par le passé. Tous s’en remettent désormais à un arbitrage du Président de la République pour dénouer cette crise.

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