« Malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les mutations économiques et les effets du changement climatique, des réponses plus intégrées, plus innovantes et davantage axées sur la résilience des populations sont nécessaires », a déclaré Emma N’Gouan Anoh, Représentante résidente du Pnud au Burundi.
Selon elle, le partenariat entre le Pnud et le gouvernement burundais a permis d’appuyer plusieurs réformes, notamment dans les domaines de la gouvernance, de la justice, du développement du secteur privé, de l’autonomisation des jeunes et des femmes ainsi que de la protection de l’environnement.
Mme Anoh a toutefois reconnu que des défis subsistent dans plusieurs secteurs. Il s’agit notamment en matière de création d’emplois, de transformation économique, de mobilisation des investissements, de digitalisation des services publics et de résilience face au changement climatique.
L’exécution des projets en deçà des attentes
Pour atteindre des résultats concrets au bénéfice des populations, elle a insisté auprès des partenaires pour leur demander l’élaboration d’un nouveau cadre de coopération fondé sur les priorités nationales.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et de la Coopération au développement, Édouard Bizimana, a indiqué que cet atelier constitue un cadre de redevabilité, d’apprentissage et de planification au service d’une ambition commune : accélérer la transformation structurelle de l’économie burundaise et améliorer durablement les conditions de vie de la population, conformément à la vision Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060.
Il a invité les participants à examiner objectivement les performances enregistrées, à identifier les difficultés ayant freiné la mise en œuvre des activités et à proposer des solutions concrètes.
En outre, le chef de la diplomatie burundaise a reconnu que certains plans de travail accusent des retards d’exécution. Il a appelé les parties prenantes à renforcer le suivi des activités afin d’améliorer les performances au cours du second semestre.
Des avancées dans plusieurs secteurs clés
Les travaux se sont poursuivis à travers deux sessions consacrées respectivement à l’évolution du contexte influençant les programmes de développement ainsi qu’à l’analyse des progrès réalisés dans la transformation structurelle et économique du pays avec l’appui du Pnud.
Les échanges ont notamment porté sur la gouvernance, la justice et l’État de droit ; la croissance inclusive ainsi que les questions liées à l’environnement, au climat et à l’énergie.
Sur le plan judiciaire, l’appui du Pnud a contribué au renforcement des capacités du ministère de la Justice, notamment à travers la promotion de l’égalité des genres et de la protection des personnes vulnérables, le renforcement des parquets généraux et de la police ainsi que la promotion de la participation citoyenne à travers la Radio Justice afin d’améliorer la protection des droits humains.
La Primature a également salué les résultats de sa collaboration avec l’agence onusienne. Parmi les principales réalisations figurent l’élaboration et la validation de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption ; l’adoption de la Politique nationale de lutte contre les violences sexuelles ; l’opérationnalisation de la réforme territoriale à travers la modernisation des services de l’Etat-civil ainsi que la promotion du partenariat public-privé.
L’appui de l’agence onusienne a également permis de renforcer l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Selon Gaëtan Ndayikengurukiye, directeur de la maison de la culture au ministère en charge de la Jeunesse, plus de 13 000 jeunes et femmes ont été formés en entrepreneuriat, en élaboration de projets, en montage de plans d’affaires et en cohésion sociale grâce à l’initiative « Moonshot : Jeunes et femmes ». A cet effet, plus de 1 115 projets ont ainsi été développés.
Le changement climatique demeure une préoccupation
Pour le défenseur de l’environnement, Albert Mbonerane, le Burundi figure parmi les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Il cite plusieurs catastrophes récentes qui ont endeuillé le pays. Le glissement de terrain de Kirasa à Rumonge qui a détruit des infrastructures et des habitations ; le déficit hydrique prolongé ayant réduit la pluviométrie dans certaines localités, notamment à Kirundo et Busoni ainsi que les inondations provoquées par la montée des eaux du lac Tanganyika, avec leurs conséquences sur les communautés riveraines, en particulier à Gatumba.
Selon lui, le gouvernement et le Pnud devraient renforcer l’évaluation de la vulnérabilité du pays en s’appuyant sur les projections climatiques. Il a également averti que la hausse des températures va entraîner l’expansion du paludisme dans la sous-région. « La malaria risque de devenir une épidémie très meurtrière à l’horizon 2030 sous l’effet du changement climatique. »
Les priorités du Pnud pour le prochain semestre

Le bureau pays du Pnud entend poursuivre son accompagnement dans plusieurs domaines prioritaires au cours du prochain semestre. Il prévoit notamment d’appuyer la présidence burundaise de l’Union africaine à travers des initiatives liées au dialogue continental, à la jeunesse, à la paix et à la sécurité.
Il entend également soutenir l’opérationnalisation de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, accompagner la mise en œuvre du processus de décentralisation à travers un appui institutionnel et l’élaboration du Programme national de décentralisation et de gouvernance locale.
Enfin, le Pnud prévoit poursuivre ses investissements dans les secteurs de l’énergie, de la santé et de l’éducation, avec pour objectif de renforcer le développement durable et la résilience de la population burundaises.
Dans son mot de clôture, la Représentante résidente du Pnud au Burundi a remercié l’ensemble des participants pour leurs échanges fructueux. Elle a également indiqué que son institution continuera à appuyer le gouvernement dans ses projets de développement.
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