Mercredi 08 décembre 2021

Société

Journée internationale des droits des femmes : malgré elles, elles n’ont pas célébré

09/03/2021 2
Journée internationale des droits des femmes : malgré elles, elles n’ont pas célébré
Les vendeuses ambulantes demandent à être protégées dans leur métier

Loin des belles cotonnades et autres pagnes bariolés, toutes les femmes n’ont pas fêté en grande pompe le 8 mars. Non pas qu’elles ne le veulent pas, mais parce que les dures réalités de la vie quotidienne le dictent ainsi. Parmi celles-ci, les commerçantes ambulantes.

De Kamenge à Kanyosha, en passant par Kinama…Elles sont des centaines à se lever chaque matin, bravant les embouteillages et autres tracas du matin pour chercher de quoi faire vivre leur famille. Elles, ce sont les vendeuses ambulantes. Toutefois, leur noble combat, des fois, est voué à l’échec.

A en croire leurs témoignages, certaines d’entre elles n’arrivent pas à la fin de la journée sans avoir été interpellées par la police. Se voyant ainsi dépouiller de leurs marchandises ou sommées de payer des amendes.

Rehema, mère de cinq enfants témoigne : « Il y a une semaine, mon panier de fruits a été saisi par des forces de l’ordre. La faute : parce que j’étais assise près de l’ancien marché de Bujumbura entrain de vendre ».

En plus de ces marchandises confisquées, poursuit-elle,j’ai été sommée de payer 10 mille francs d’amende. « Quel crime avais-je commis? Qui avais-je volé ? ».

Même scénario pour Sada. Il y a un mois, la livreuse des repas de midi s’est vue apostrophée par des policiers en pick-up. Au risque d’être embarquée, confie-t-elle : « J’ai dû payer une amende ». Heureusement, ce jour-là, sa « cargaison » arrivera à bon port. Pour elles, une écœurante situation.

A l’unisson, elles se disent dépitées, lassées de jouer à cache-cache avec les forces de l’ordre. « C’est une honte, un affront, qui doit cesser pour le bien de tous. Parce qu’au-delà de l’injustice, c’est notre dignité qui vole en éclats ». Allusion faite à certaines d’entre elles en jetant l’éponge, qui sont retombées dans les travers de la prostitution et autres pratiques peu recommandables.

Mères au foyer pour la plupart, elles lancent ce cri de cœur : « Nous aussi, ils doivent comprendre que nous avons des familles qui ont besoin de vivre. Nos enfants ont besoin d’aller à l’école. Après tout, c’est également le Burundi de demain ».

Et de conclure : « Tant que ceux qui sont censés nous protéger, ne l’ont pas encore compris. Au contraire, continuant à nous rendre vulnérables, il sera toujours difficile de parler des droits de la femme au Burundi ».

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. Jereve

    Protéger et prendre soin des plus vulnérables de la société, c’est le plus noble rôle de la politique. Or ici il apparaît qu’on a mis cette question entièrement aux mains de la police, qui n’hésite pas à sortir les gros matraques. Cette journée des droits de la femme est une bonne occasion de reprendre le dossier et le remettre dans les mains de Leta mvyeyi.

  2. Arsène

    À mon humble avis, quoique « la journée de la femme » ne soit pas fondamentalement une mauvaise idée, elle ne résout aucun des problèmes que rencontre la femme dans le contexte burundais.
    Si sur le papier le Burundi garantit l’égalité de droit, dans la pratique, nos dirigeants suivent le constat de George Orwell qui dans « Animal Farm » nous rappelle que « [t]ous les hommes sont égaux mais il y en a qui sont plus égaux que d’autres. »
    Un dirigeant burundais disait tout récemment (parlant à la place des femmes comme si elles en étaient incapables) que ces dernières étaient contre leur droit à l’héritage.
    Mais il y a plus cynique: alors que la Constitution, en son article 13, assure que tous les Burundais sont égaux en droit, elle n’en garantit plus autant en son article 128 où elle n’accorde plus aux femmes burundaises que moins de 1/3 au niveau du gouvernement.
    J’en conclus que la date du 8 mars n’a que le mérite d’exister mais n’apporte aucun progrès vis-à-vis des droit de la femme burundaise. Il fut même une époque, assez lointaine, où nous avions un ministère de la condition féminine! Il est très difficile d’imaginer un changement fondamental vers l’égalité quand les dirigeants, ou n’y croient pas, ou n’en ni envie ni intérêt.

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