L’appel est lancé à l’endroit du Département de pêche qui gère au quotidien le secteur qui fait vivre aujourd’hui beaucoup de familles dans ces deux communes.
Les concernés disent être confrontés à plusieurs problèmes sans que des solutions soient trouvées faute de cadre d’expression afin de faire valoir leurs droits et partant promouvoir le secteur.
Certains pêcheurs font savoir qu’en 2021, les structures qui avaient été mises en place pour encadrer les pêcheurs ont été dissoutes par les autorités suite aux actes de corruption et à la mauvaise gouvernance qui n’ont malheureusement pas été remplacées.
Aujourd’hui, la majorité des comités de pêche sont gérés par des chefs de colline qui ne disposent pas assez de temps et ne maitrisent pas le fonctionnement du secteur. Les pêcheurs font observer que ces chefs collinaires ne peuvent même pas résoudre les conflits qui surgissent entre pêcheurs.
Certains pêcheurs sont actuellement de jeunes gens qui ont terminé leurs études. Leur grand souci est de moderniser le métier dans tous ses aspects, a-t-on appris sur place.
Aucun encadrement
N.P, un pêcheur exerçant au port de pêche de Rumonge informe qu’aujourd’hui, les pêcheurs sont laissés à eux-mêmes sans aucun encadrement.
Il évoque la question d’assurance des pêcheurs qui avait pourtant commencé à trouver une solution avec certaines maisons d’assurance mais qui s’est arrêtée pour manque de représentants des pêcheurs pouvant sollicitant des réunions avec les maisons d’assurance.
Mettre en place les comités des pêcheurs
Il demande au Département de la pêche d’organiser des réunions sur les différents ports de pêche à travers lesquelles il serait organisé des élections des membres des comités de pêche. Leurs charges seraient notamment la gestion au quotidien des ports de pêche et être des intermédiaires entre l’administration, les autres institutions et les pêcheurs.
Ce pêcheur estime que ces comités pourraient contribuer à garantir le respect des contrats entre les pêcheurs et les patrons pêcheurs. Il souhaite que ces contrats soient écrits et dûment signés par les pêcheurs et leurs patrons car, jusqu’à présent, les contrats sont verbaux. Ce qui permettrait le respect de certains droits des pêcheurs aujourd’hui violés.
M.A, un pêcheur du port de Mvugo en commune Nyanza souhaite quant à lui que ces comités soient rapidement mis en place et qu’ils doivent rendre des comptes à ceux qui les auront élus ainsi qu’aux autorités administratives.
Ils devront également s’atteler à la mobilisation des pêcheurs et tous ceux qui fréquentent le port de pêche de Mvugo autour de l’hygiène et assainissement à ce port qui a été secoué ces dernières semaines par le choléra.
Il trouve que l’urgence est la mise en place des latrines et de l’eau potable afin de se prévenir contre les maladies des mains sales.
H.G, une femme cuisinière, « Mupishi », estime que le rôle des comités sera aussi d’organiser en associations les femmes qui font la cuisine aux pêcheurs afin qu’elles puissent défendre leurs droits et cheminer vers leur autonomisation financière.
Sadi Mukanya, secrétaire exécutif de la Fédération des pêcheurs du Burundi soutient l’idée des comités de pêche dont le rôle est incontournable. Il est aussi d’avis que leur mise en place s’avère très nécessaire.