Abbé Amand Kana n’est plus. Il a rendu son âme le vendredi 30 janvier 2026. Mais, il restera, pour de nombreux chrétiens du Foyer de Charité et au-delà, un prêtre engagé, reconnu pour sa prédication claire, son sens pastoral et son dévouement à la formation spirituelle et morale des fidèles.
À travers des témoignages recueillis auprès de ceux qui ont suivi son évangélisation, se dessine le portrait d’un homme dont l’enseignement a marqué des parcours personnels et communautaires.
Didace, chrétien, dit avoir pris connaissance de l’abbé Amand Kana principalement lors de la Semaine Saint Valentin organisée au Foyer de Charité de Bujumbura en 2008. Invité par sa fiancée, avec qui il avait déjà fixé la date de mariage au 22 août 2009, il explique que l’abbé Amand Kana a invité les jeunes et les fiancés à s’engager à rester chastes jusqu’à leur mariage. « Nous avons mis en pratique cet enseignement et notre foyer est perçu comme modèle », témoigne-t-il.
Il rapporte également que, lors de la prière du dernier jour de cette Semaine Saint Valentin, abbé Kana a prié pour les fiancés présents. Quelques jours plus tard, alors qu’il n’avait « aucun sous » pour organiser son mariage, une personne avec qui il ne se connaissait pas et qui n’était pas membre de sa famille lui a donné un million six cent mille francs (1 600 000 FBU) à cette fin.
En 2016, poursuit-il, il a emmené au Foyer de Charité son parrain de mariage, devenu fou soudainement après la mort subite de son épouse avant de la mettre dans la morgue. « Abbé Amand Kana a prié pour lui pendant quelques minutes et mon parrain est guéri. Nous sommes retournés à l’hôpital et il a mis la dépouille de son épouse dans la morgue tranquillement. Il est resté normal jusqu’aujourd’hui », affirme-t-il.
Lors de la veillée du Nouvel An 2018, pendant que l’abbé Kana passait Jésus incarné dans l’Eucharistie à travers l’assemblée, Didace indique qu’il est rentré guéri d’un rhumatisme après son passage à côté de lui.
Il évoque également les enseignements de la préparation à l’effusion de l’Esprit Saint en 2017, qui avaient duré sept semaines. Abbé Kana rappelait que l’Esprit se reçoit dans un cœur purifié par la confession, nourri par la Parole et enraciné dans l’Eucharistie. Selon lui, des divorcés ont refondé leurs foyers, des toxicomanes ont renoncé aux drogues et des personnes « esclaves du péché » ont été libérées.
Ce qui marquait le plus, selon Didace, était la capacité du prêtre à rendre le message chrétien concret et vivant, en reliant la foi aux réalités quotidiennes avec simplicité, conviction et profondeur spirituelle. Il s’adressait aux fidèles avec un langage simple et direct, nourri d’exemples de la vie quotidienne, parlant avec proximité, respect et une autorité douce qui invitait plus à la conversion qu’à la crainte. Il insistait sur le fait que le chrétien se reconnaît moins à ce qu’il dit qu’à ce qu’il vit. Le trait humain qui le caractérisait le mieux était son humilité, alliée à une grande proximité avec les personnes. Son message, ajoute-t-il, a renforcé une foi vécue au quotidien, encourageant une communauté plus consciente, engagée et solidaire.
Un prêtre aimant profondément la jeunesse
A.N., une jeune chrétienne, témoigne avoir connu l’abbé Amand Kana comme un prêtre dévoué, aimant profondément la jeunesse. Elle explique que, dans l’Église catholique, beaucoup de chrétiens prient à travers des prières dirigées écrites, comme le « Je vous salue Marie, Notre Père, etc. ». « Mais c’est lui qui m’a personnellement enseigné à prier en sachant discuter avec Jésus, à ne pas me limiter aux prières dirigées, mais à prier avec mes propres mots, comme si je discutais avec Dieu. Il m’a également enseigné que chaque jour, nous devons prendre du temps pour nous consacrer à la présence de Dieu », affirme-t-elle.
Selon elle, il accordait beaucoup de temps aux jeunes en organisant des séances d’évangélisation et des forums. Elle cite le cas d’un ami « qui était sur le mauvais chemin » et qui, grâce à ses enseignements, a été transformé et en témoigne aujourd’hui. « La mort de l’abbé Kana m’a profondément touchée. J’ai perdu un père spirituel », confie-t-elle.
G.H., une autre jeune chrétienne, revient sur l’amour et le dévouement du prêtre envers les jeunes, les hommes et les femmes en difficulté. Elle explique être tombée enceinte à l’âge de 17 ans, avoir été chassée de la maison, mise à distance par la société et avoir galéré pour vivre, loin de Dieu. « Les enseignements du prêtre Amand m’ont localisée, m’ont enseignée, suivie et m’ont aidée à retrouver le bon chemin »
À travers ces récits, abbé Amand Kana apparaît comme un prêtre engagé dans l’accompagnement spirituel, attaché à une foi vécue au quotidien, proche des fidèles et particulièrement attentif à la jeunesse. Son passage au Foyer de Charité et dans la communauté laisse, selon ceux qui l’ont suivi, une empreinte durable







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