Politique

Elections 2020 : «Il faut conjurer le spectre de la violence», dixit Dieudonné Nahimana

12/05/2020 Abbas Mbazumutima Commentaires fermés sur Elections 2020 : «Il faut conjurer le spectre de la violence», dixit Dieudonné Nahimana
Elections 2020 : «Il faut conjurer le spectre de la violence», dixit Dieudonné Nahimana
Dieudonné Nahimana : « Il ne faut pas que le pays replonge »

Au moment où différents candidats à la présidentielle organisent de grands meetings, Dieudonné Nahimana, candidat indépendant, préfère aller vers son électorat potentiel : les jeunes. Il demande qu’ils ne soient pas manipulés. Il était ce week-end du 9 mai à Gitega pour battre campagne.

Dans ses caravanes électorales pour aller à la rencontre des jeunes que son équipe de campagne appelle ’’Road Show’’, Dieudonné Nahimana, du haut de son tout-terrain avec en tête de peloton de son cortège, un pick-up muni de baffles, tient à saluer tout le monde sur son passage.

Il a un mot pour tout attroupement de personnes ou de curieux qui s’arrêtent au bord de la route. Dieudonné Nahimana lève de temps en temps son pouce, comme pour demande l’approbation des gens que son cortège croise.

C’est ce qu’il fera dans la ville de Gitega, quand il remonte l’avenue menant vers le grand rond-point avec au milieu, un buste du Prince Louis Rwagasore sur un piédestal.
Au passage de ce cortège, des jeunes de l’équipe de campagne de ce candidat indépendant à la présidentielle distribuent des dépliants contenant sa vision, ce qu’il compte accomplir, une fois élu.

Au programme de ce dimanche, Dieudonné Nahimana sera au chef-lieu de la comme Itaba. Mais avant d’y arriver, le cortège ralentit de temps en temps pour laisser les gens écouter les chansons appelant à voter pour ce candidat indépendant.

Quand la dizaine de véhicules formant le cortège de Dieudonné Nahimana s’arrête à la hauteur du marché d’Itaba, un attroupement de gens se forment déjà. L’équipe de campagne s’active pour distribuer les dépliants et ces gens se tiennent prêts pour écouter ce candidat.

« Il faut des leaders ayant des mains propres »

Des gens venus voir le nouveau venu dans l’arène politique

Dans son mot, du haut de toit ouvrant de son tout-terrain qui lui sert de tribune, il rappelle qu’il n’appartient à aucun parti politique. Il rappelle également, à qui veut l’entendre, qu’il est le plus jeune de tous les candidats à la présidentielle.
Il affirme être au service des Burundais depuis 20 ans dans le monde associatif et comme pasteur. Il informe ce public, qu’il a plusieurs distinctions dont celle décernée par le chef de l’Etat.

Il insistera sur différentes crises que le Burundi connaîtra. D’après lui, il ne faut pas rester dans ce cycle infernal, il se dit convaincu que la réconciliation est possible. « Il faut que les Burundais puissent vivre sans peur d’être persécutés pour ce qu’ils sont, pour leurs idées. Il y a beaucoup de cicatrices et de plaies encore béantes à panser ».
Pour ce candidat, les Burundais doivent pouvoir soigner leur mémoire. «Il faut aider les gens à dire la vérité pour enfin avoir une même lecture du passé. Les Burundais pourront alors envisager un monument commun, unificateur avec les noms de toutes les victimes gravés dessus ».

D’après Dieudonné Nahimana, il faut des leaders capables de mettre en application cette vision. « Il faut un leadership serviteur, rassembleur, des leaders ayant les mains propres ».
Selon lui, l’intolérance politique monte d’un cran, il ne faut que différents candidats calment la situation et leurs jeunes militants et épargnent le pays de replonger dans la violence.

Il se dit un peu inquiet : « Jusqu’à présent, le processus avance bien mieux par rapport aux années antérieures mais il y a une certaine tension entre certains partis politiques et il y a risque d’avoir des victimes des messages ou des actions menées par des jeunes de certains partis politiques »
.
«Les jeunes sont les premières victimes en cas de violence»

Pour ce candidat indépendant, il appartient aux différents candidats d’avoir des messages allant dans le sens bannir la violence « Qu’il y ait pas de troubles après les élections ».
Dieudonné Nahimana se dit convaincu que la jeunesse actuelle n’est pas comme celle des années passées. «La génération actuelle a compris qu’elle a toujours été victime et utilisée. Que c’est elle qui paie un lourd tribut ».

Ce candidat indépendant à la présidentielle dit être persuadé que tout politicien qui voudra utiliser la violence n’aura pas la jeunesse à ses côtés. « Il pourra avoir quelques jeunes derrière lui mais la majorité de la jeunesse burundaise n’est plus dans la logique de la violence ».

Dieudonné Nahimana dira qu’il s’inscrit en faux contre certains détracteurs qui clament haut et fort, que les candidats indépendants sont là pour faire de la figuration. Il leur rétorque qu’il vient de passer plusieurs années à se préparer et à rassembler seuls les moyens.
Au cours de ce meeting, un speaker perché sur un pick-up montrera, à l’aide d’un spécimen de bulletin de vote comment voter pour ce candidat indépendant. Il porte le numéro 16.

Mais après le départ du cortège, certains jeunes accourus pour voir ce candidat, n’attendront pas que les véhicules s’éloignent pour déchirer les dépliants contenant la vision de ce nouveau venu dans l’arène politique. Au loin, des chansons appelant à voter pour le candidat du parti au pouvoir à la présidentielle se font entendre.

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