Dix ans se sont écoulés depuis ce vendredi 22 juillet 2016 où notre rédaction apprenait que notre confrère Jean Bigirimana venait d’être arrêté à Bugarama. Dix années de silence. Dix années sans vérité. Dix années durant lesquelles une même question continue de hanter le Burundi : où est Jean Bigirimana ?
Le temps apaise parfois les blessures. Il n’efface pas les disparitions. Lorsqu’un être humain disparaît sans laisser de trace, ce ne sont pas seulement une épouse, des enfants ou des collègues qui vivent dans l’incertitude. C’est toute une société qui finit par considérer l’inacceptable comme une fatalité.
L’affaire Jean Bigirimana dépasse aujourd’hui le destin d’un seul homme. Elle interroge notre rapport à la justice, la valeur que nous accordons à la vie humaine et la responsabilité de l’État envers chacun de ses citoyens.
Jean était journaliste. Mais avant tout, il était un citoyen burundais. Comme tout citoyen, il avait droit à la protection de la loi. S’il avait commis une infraction — ce qui n’a jamais été démontré — il avait droit à un procès équitable. Rien de cela ne lui a été accordé.
Une disparition forcée ne prive pas seulement une victime de ses droits ; elle fragilise l’État de droit. Lorsqu’ aucune réponse n’est apportée à la disparition d’un homme, chacun comprend que demain, cela pourrait arriver à n’importe qui. L’impunité ne s’arrête jamais à une seule victime.
Pour Iwacu, ces dix années ont été celles d’une absence qui ne s’est jamais refermée. Nous avons continué à exercer notre métier, convaincus que le meilleur hommage à Jean n’était ni le silence ni la peur, mais la fidélité à notre mission.
Cette année encore, les plus jeunes journalistes de la rédaction déposeront une gerbe en sa mémoire. Ce geste signifie que la relève est là, prête à poursuivre le même engagement : informer avec rigueur et donner la parole à tous. Dix ans après, nous ne demandons ni privilège ni compassion. Nous demandons la vérité.
Où est Jean Bigirimana ? Qui l’a arrêté ? Que lui est-il arrivé ? Qui répondra de sa disparition ?
Nous pensons aujourd’hui à son épouse, Godeberthe, ainsi qu’à leurs deux fils contraints de vivre loin de leur pays. Leur attente est aussi la nôtre.
Nous avons déposé plainte contre X et poursuivrons toutes les démarches nécessaires. Non par esprit de revanche, mais parce qu’aucune société ne peut durablement se construire sur des disparitions sans vérité.
Un proverbe kirundi affirme qu’ « agapfuye kabazwa ivu ». Nous refusons cette résignation. Nous croyons, au contraire, qu’ « agapfuye kabazwa abantu ». Les morts demandent des comptes aux vivants. Et tant que la vérité ne sera pas connue, Jean Bigirimana continuera de nous rappeler cette exigence.
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Ce qui est terrible ce n’est pas tellement la mort mais c’est comment ou ou? Ca fait mal d’imaginer qu’on n’aura peut être pas la réponse sur la « vie » de Jean Bigirimana . Je dis la vie volontairement . Car tant qu’on ne saura le bourreau , nous nous interrogerons toujours sur le comment et ou ! Un jour peut être un parmi les bourreaux de Jean Bigirimana se fera connaitre . Car le meurtre d’un innocent hante toujours le meurtrier , il ne le lâche pas , nous non plus . La douleur de l’épouse des enfants et des collègues de Jean est aussi la mienne , j’ai été journaliste dans ce pays dont finalement j’aime le peuple mais pas sa classe politique . Je ne suis pas un fanatique des religions mais je sais que Dieu existe , un jour il punira ces coupables qui se permettent de mettre fin à la vie des gens inutilement . D’avance je présume l’identité des coupables mais je ne connais pas l’identité du meurtrier. Je suis certain que Jean fut assassiné par la politique même si je n’ai aucune preuve de mon affirmation . Il n’a pas d’accident si non on aurait découvert son corps , il n’a pas été dévoré par un fauve , si non on aurait découvert le fauve . Parmi les burundais du Burundi ou d’ailleurs il y a certainement quelqu’un qui sait . Alors je m’adresse donc à toi ou vous , les bourreaux dites nous ou se trouve Jean. On ne vous dira pas merci on vous maudira . Tout simplement.