Économie

Marché de Cotebu : des vendeurs de fruits et légumes en détresse

20/07/2017 Egide Nikiza 2

Le ministre de l’Intérieur a fermé, le 29 juin dernier, le « Grenier du Burundi ». Les commerçants en ont été expulsés le 6 juillet. Ils évoquent une mesure prise à la va-vite.

Une marchande, désemparée, en attente de clients

Ils s’attendaient à des stands à l’intérieur du marché, depuis leur déménagement du « Grenier du Burundi » pour le marché de Cotebu. Ils étalent désormais leurs marchandises, sous un soleil de plomb, à l’extérieur du marché. A proximité de l’avenue de l’OUA, certains sont sous des parasols.

Pourtant, Pascal Barandagiye, ministre de l’intérieur, à l’origine de la mesure de fermeture du « Grenier du Burundi », leur avait promis, dans son ordonnance du 29 juin dernier, des places. «Les commerçants qui y avaient des stands seront réinstallés au marché de Ngagara II communément appelé marché du Cotebu. »

Les vendeurs de fruits et de légumes soutiennent que leur nouveau marché n’est pas attrayant. Ils affirment travailler à perte, la clientèle n’arrivant qu’à compte-gouttes. Ils ne font que contempler, à longueur de journée, des véhicules et des personnes qui empruntent cette route, désormais très encombrée.

E. G., vendeuse de tomates, soutient avoir perdu tout son capital. Elle affirme avoir laissé, mardi 4 juillet au soir, des tomates d’une valeur de 40 mille Fbu dans le « Grenier du Burundi ». Cette commerçante fait savoir que son accès leur était interdit le lendemain. « Jeudi, je n’aurais que 7 kg.» Et de souligner qu’une importante quantité était abîmée.
«Je pouvais vendre 30 kg de tomates par jour au « Grenier du Burundi ». C’est à peine que je parviens à en écouler pour une valeur de 5000 Fbu. » Elle explique cette faible clientèle, notamment par le manque de parking dans les environs du marché.

Les commerçants se sentent délaissés

Cette veuve, mère de 11 enfants, confie devoir désormais prendre quatre bus. Elle indique être rentrée samedi 8 juillet dernier à pied, faute de bus. «Avec un panier à la tête, je suis arrivée complètement abattue. C’est exténuant !»

Elle demande aux autorités de leur donner des places dans d’autres marchés. « J’ai été renvoyée, fulmine-t-elle, alors que je suis umukenyerarugamba (femmes du parti au pouvoir) ! » Cependant, elle se veut optimiste : «J’ai confiance en mon parti. J’ai une promesse d’un stand dans un autre marché».

Anita Niyonkuru, vendeuse de fruits, craint des accidents. Si un conducteur perdait le contrôle de son véhicule, fait-elle remarquer, il emporterait de nombreuses vies. «Il nous faut des places à l’intérieur du marché. » Elle assure, en outre, que son budget pour le transport n’en a pas fait les frais : « J’habite à Kamenge. J’ai besoin d’un seul bus, comme auparavant. »

Léonidas Ndikumana, marchand de piments, déplore que les clients n’achètent plus ses marchandises. Il dit que la chaleur les dénature. «Dans deux jours, ils seront pourris». Et d’affirmer que les piments, à l’abri du soleil, peuvent durer une semaine, voire plus. M. Ndikumana se demande comment ils pourront exercer leurs activités pendant la saison des pluies.

Thérence Ntahiraja, porte-parole du ministère de l’Intérieur, tranquillise : «Les autorités municipales sont à l’œuvre pour que les marchands mutés au marché de Cotebu puissent bien faire leur travail.» A ceux qui demandent des places dans d’autres marchés, il ne s’y oppose pas : «S’ils arrivent à avoir des stands, aucun problème. Les fruits et légumes ne sont pas vendus qu’au marché de Cotebu dans toute la ville de Bujumbura.»

M. Ntahiraja souligne que les marchands tireront avantage de ce déménagement. «Au Grenier du Burundi, ils payaient leur propriétaire et s’acquittaient de taxes municipales. Désormais, ils ne paieront que ces taxes.»

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. Rurihose

    Elle comprend très très biem, elle sait qu’un Imbonerakure ou un autre membre du partti de l’aigle est au dessous dela loi, quand la la loi est appliquée

  2. Karundi

    « J’ai été renvoyée, fulmine-t-elle, alors que je suis umukenyerarugamba (femmes du parti au pouvoir) ! ». Croyait-elle qu’être membre du parti au pouvoir vous exonère des problèmes et vous donne accès à tout??! Ah bon! Etre Umukenyererarugamba sous-entend lutter malgré tout; etr c’est ce que nous avons vécu depuis qu’on existe, non? Lutter et gagner, gushika ku wa nyuma. Aho hoho, elle n’a rien compris.

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