Mardi 13 avril 2021

Editorial

De l’ordre dans le transport en commun !

12/03/2021 2

« A quoi servent ces montants colossaux collectés par les associations de transport en commun en mairie de Bujumbura ? » La question est sur toutes les lèvres des propriétaires des moyens de transport et leurs chauffeurs. Depuis plusieurs années, des associations des chauffeurs, des convoyeurs, des rabatteurs naissent comme des champignons. En principe, on adhère volontairement à une association, convaincu par ses objectifs. Ce n’est pas le cas dans le domaine de transport : ici, celui qui exerce le métier est membre de facto. Par ailleurs, les cotisations dans ces associations devraient être consensuelles.

Par Léandre Sikuyavuga

Une enquête menée par Iwacu sur différents parkings de la Mairie de Bujumbura montre que la gestion des montants collectés est complètement floue. En guise d’exemples : Sur le parking de Musaga, un bus qui effectue le transport des personnes paie une cotisation journalière de 7 400 BIF. Au moment des investigations, le parking compte 60 bus de transport, ce qui fait que par jour 444 000mille BIF sont collectés. Par mois le montant est évalué à 13.320.200 BIF pour un total de 159.840.000 BIF par an pour ce seul parking. Pour le parking de Gasenyi-Mirango et rond-point qui compte plus de 105 bus de transport des personnes, les résultats de l’enquête montrent que les frais collectés par an tournent autour de 245 .700.000 BIF. Des montants qui échappent au fisc. Pire, les « membres » des associations qui devraient tirer profit de ces cotisations sont remontés contre leurs responsables. « Un chauffeur malade se fait soigner à ses propres frais. » (On vous épargne les frais collectés sur les parkings des bus qui desservent l’intérieur du pays).

C’est ainsi que la décision du ministre en charge de la Sécurité et du Développement communautaire d’interdire la collecte des cotisations par les associations des transporteurs a été bien accueillie par les chauffeurs et les propriétaires des moyens de transport des personnes ; « Seuls les agents de la mairie sont habilités à collecter les taxes dans tous les parkings.»

Le secteur de transport urbain pose des problèmes et des défis. L’ampleur que prend l’agrandissement de la ville, la mobilité de la population urbaine imposent l’intervention des privés. L’Etat seul ne peut pas faire face à la demande. Malheureusement, on note une faiblesse voire une absence d’un cadre institutionnel et règlementaire régissant les transports urbains. C’est ainsi que ces associations en ont profité au grand dam surtout des propriétaires privés de ces moyens de transport. J’espère que l’autorité publique pourra se concerter avec ces derniers. En plus des droits des chauffeurs et des rabatteurs, il y a d’autres défis dans le domaine notamment la voirie urbaine, les véhicules en mauvais état, la pollution, l’insécurité routière.

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. Jereve

    Des associations se sont constituées pour collecter des cotisations dont, apparemment, on ignore l’utilisation! S’agit-il encore des cas de détournement de fonds à l’instar des détournements des taxes collectées par les percepteurs dans certaines municipalités? Le mal est plus profond qu’on le pense. Et les autorités se contentent seulement de suspendre les suspects et les remplacer par des nouveaux acteurs. Eh bien, non, il faut aller plus loin, que ceux qui ont été lésés et “volés” exigent et réclament leur dû : “we want our money back! (selon la formule de Margaret Thatcher).

    • Nkunzumwami

      Chaque Association a un Représentant Légal reconnu par la loi. L’Etat est en mesure de demander des comptes à ces Représentants, leur demander où vont ces collectes d’argent, leur exiger la part du Fisc. Et les supprimer en cas de besoin. Si ces associations se sont créées sans l’aval de l’Etat, il y a un sérieux problème de corruption autorisée. Deuxièmement, on adhère volontairement à une association. Etre d’office membre sans contrat d’adhésion, c’est anormal, c’est de la spoliation. Le Ministère a eu raison de suspendre ces cotisations forcées et de mettre des agents de l’Etat pour collectionner les taxes donnant droit à l’exercice du métier. C’est cela l’Etat NKOZI. C’est cela l’Etat de Droit.

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