Dans certaines conditions, des décisions sont susceptibles de provoquer des frustrations, des indignations, de la polarisation et de la méfiance. Lorsqu’une décision est prise sans dialogue avec les personnes concernées, celles-ci peuvent avoir l’impression que leur opinion ne compte pas. Ce qui favorise la diffusion de discours accusateurs.
A titre illustratif, le gouvernement exige le pavage des abords des maisons situées le long des axes principaux dans tout le pays sans accompagnement financier ni explication suffisante. Les ménages qui disposent de faibles revenus considèrent cette obligation comme une injustice dans ce contexte de précarité.
Sur la colline Nyabigina, des rapatriés ont été installés sur des propriétés des résidents sans consultation préalable ni indemnisation. Des résidents dont les propriétés ont été morcelées ont le sentiment que leurs droits sont ignorés. Ils développent de la frustration et de la colère. Cette colère peut ensuite être dirigée contre les autorités et les rapatriés.
« Une décision sans concertation préalable présage une injustice. Ce ressentiment se transforme en propos hostiles contre les décideurs ou d’autres groupes perçus comme favorisés », souligne Evelyne Ndayisenga, une habitante.
C’est la même indignation chez un autre habitant qui explique que la mesure non concertée ne fait qu’attiser les frustrations. Il affirme qu’« actuellement, les résidents et les rapatriés se regardent en chiens de faïence ».
Certaines mesures provoquent des incompréhensions
Pour ces habitants, le fait que des gens considèrent une décision comme injuste explique pourquoi des tensions peuvent émerger. Ils considèrent que la concertation préalable, des explications transparentes et une indemnisation ou un accompagnement peuvent réduire les frustrations. Tout cela limite les risques de polarisation et de discours haineux.
Benoît Ndayishimiye, le chef adjoint de la colline Nyabigina reconnaît que certaines mesures attisent des incompréhensions et la propagation des messages haineux. Il donne l’exemple de la décision d’implanter un village des rapatriés sur des terres des particuliers sans indemnisation. « Des conflits éclatent souvent. La cohabitation entre résidents et rapatriés est problématique. » Heureusement que l’administration à la base essaie de tranquilliser et appelle à la retenue pour éviter l’irréparable.
Plus que du simple mécontentement
Selon Acher Niyonizigiye, expert en leadership et enseignant d’université, une décision publique risque davantage de devenir une source de messages de haine lorsqu’elle réunit plusieurs facteurs : absence de consultation, défaut de communication, perception d’injustice, impacts économiques importants, …
D’après lui, les conséquences de telles décisions dépassent le simple mécontentement. Les critiques visant un responsable peuvent rapidement s’étendre à l’ensemble du groupe auquel il appartient. Cela peut créer un climat de confrontation.
Il recommande alors aux dirigeants de privilégier la concertation avant toute décision importante pour que les décisions prises soient comprises, acceptées et préservent la cohésion sociale.
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