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Chronique sur les messages de haine : La vérité, un rempart contre les rumeurs et les messages de haine

Certains habitants de la colline Kabonga, en commune Nyanza de la province de Burunga appellent les autorités à dire la vérité sur les défis du moment. Ils considèrent qu’occulter la réalité ne fait qu’aggraver la situation.

Le Burundi fait face à moult défis notamment les pénuries récurrentes des carburant, le manque d’engrais chimiques, le problème d’eau potable, la hausse généralisée des prix des produits de première nécessité. Dans leurs déclarations, les autorités ont du mal à accepter cette triste vérité. Elles tentent par tous les moyens de l’occulter.

Certains habitants de la colline Kabonga estiment que ne pas reconnaître la vérité sur des problèmes quotidiens de la population comporte des risques importants. Ils parlent du sentiment que leurs difficultés sont ignorées ou niées. Cela peut accroître la frustration, la méfiance envers les institutions et la circulation des rumeurs. « Ces facteurs peuvent à leur tour favoriser la polarisation et la diffusion des messages haineux. », disent-ils.

Pour M. N, un habitant de cette colline, il est inacceptable que des autoritees tiennent toujours des propos mensongers. « On nous dit toujours que le carburant est disponible. Paradoxalement, les stations-service sont à sec. Il y a des problèmes d’approvisionnement mais ils ne veulent pas le reconnaître. Nous sommes frustrés.»

Il s’agit de la mmême indignation chez une agricultrice. « Nous avons payé pour des engrais chimiques depuis presque deux ans. On n’a rien reçu. Pour les saisons A et B, on n’a pas eu de production à cause de cette situation. Nous considérons que ce sont des menteurs et des voleurs. Cette situation polarise et divise la population. »

« Reconnaître un problème permet de le résoudre »

À l’inverse, ces habitants indiquent que reconnaître l’existence d’un problème permet de le résoudre. Ils appellent les autorités à assumer leur responsabilité. « Lorsque les différents acteurs partagent une compréhension commune des problèmes, ils peuvent rechercher ensemble des solutions plutôt que de s’accuser mutuellement. Le dialogue remplace alors les discours de division et d’exclusion. ».
Ils indiquent que la reconnaissance de la vérité permet ainsi de restaurer la confiance et de renforcer la cohésion sociale. Elle réduit également l’espace dans lequel prospèrent les discours de haine.

Péline Nizigiyimana, conseillère de la colline Kabonga reconnaît les plaintes de la population. Elle souligne que parfois, elle est elle-même accusée par la population de tenir des propos mensongers alors qu’elle transmet un message venant de sa hiérarchie. « Ce qui pose problème c’est le manque des engrais Fomi. On continue de demander de l’argent aux agriculteurs alors que les commandes antérieures ne sont pas disponibles et sans explication claire ».

« Il faut une communication sincère »

Pour le sociologue Patrice Sabuguheba, la prévention des messages de haine passe avant tout par une communication sincère entre les autorités et la population. « Il y a le principe de dire la vérité, de répondre aux besoins et aux questions du moment en disant la vérité »

Selon lui, lorsqu’une autorité ne dispose pas de solutions, elle peut être tentée de recourir « à la diversion, au mensonge ou à la démagogie ». Elle le fait par crainte de perdre la légitimité ou la crédibilité. « Reconnaître un problème peut être perçu comme un aveu d’échec des politiques publiques ou de la gouvernance. Une telle attitude risque cependant d’aggraver la crise de confiance entre les citoyens et leurs dirigeants. »

M. Sabuguheba avertit également que l’absence de réponses crédibles favorise la propagation des rumeurs. « Une population qui n’a plus confiance dans sa représentation va recourir aux rumeurs ». Dans ce contexte, les fausses informations peuvent alimenter les tensions sociales et ouvrir la voie aux discours de haine.
Pour éviter cette situation, il appelle les autorités à privilégier la transparence et à donner des solutions réalistes aux difficultés rencontrées par la population. « La reconnaissance de la vérité est essentielle pour préserver la cohésion sociale. », insiste-t-il.

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