Mardi 17 mars 2026

Politique

Chronique sur les messages de haine : Dire merci, un levier essentiel pour un climat social apaisé

17/03/2026 0
Chronique sur les messages de haine : Dire merci, un levier essentiel pour un climat social apaisé
Pour les habitants de Kagazi, la reconnaissance des efforts fournis participe à maintenir l’harmonie sociale

Les habitants du quartier Kagazi, zone Cibitoke, de la commune Cibitoke indiquent qu’apprécier un service rendu ou un travail fait joue un rôle important dans la réduction des messages haineux au sein de la société. Il permet de réduire les frustrations, les ressentiments et d’améliorer la communication. Le contraire ne fait que cultiver la méfiance.

Pour Jean Nduwimana, la valorisation du travail bien fait reste l’un des moyens les plus simples et les plus efficaces pour renforcer la motivation des travailleurs et de la population. Il préserve un climat social apaisé. « Quand il y a manque de reconnaissance, il se crée une relation problématique, un climat de méfiance et des frustrations. », souligne-t-il.
« Si nous participons aux travaux de développement communautaire et que notre travail n’est pas favorisé, cela provoque des frustrations. Mais, chez nous, nous sommes ravis que l’administration ait su sur comment nous valoriser », fait savoir un habitant du quartier Kagazi.

Une jeune maman du quartier fait la même lecture. Elle considère que tout travail ou service doit être apprécié ou encouragé. « En l’absence de la reconnaissance des efforts fournis, le développement est compromis. Le climat entre la population et les dirigeants devient délétère. Le refus est considéré comme un manque de respect et les violences peuvent s’ensuivre. »

M.H, une mère de famille, trouve qu’un langage positif facilite la communication. « Un leader reconnaît ce qui a été bien fait. Il devient plus facile pour lui de signaler ce qui doit être amélioré sans que cela soit perçu comme une attaque. »
Une autre renchérit. « Cette communication constructive limite les malentendus et les interprétations négatives qui peuvent alimenter les tensions. »

Selon ces habitants, adopter un langage d’appréciation positive dans les milieux de travail et dans la société permet de renforcer le respect et la dignité des personnes ; réduire les frustrations et les ressentiments ; améliorer la communication et prévenir les conflits et les discours haineux.

Ainsi, pour eux, la reconnaissance du travail bien fait n’est pas seulement un acte de politesse mais aussi un outil important pour maintenir un climat social apaisé.

Pratique à perpétuer

Emmanuel Nsabiyumva, chef du quartier Kagazi, souligne que remercier et encourager la population est une habitude à perpétuer. Il considère que ne pas apprécier le travail des gens signifie ne pas prendre en considération les efforts fournis. Ce qui peut provoquer un climat de méfiance.
Il invite alors les responsables des institutions à cultiver un esprit de reconnaissance et de respect mutuel. « Un leader qui n’apprécie pas le travail ou les efforts fournis par les citoyens ou ses subalternes ne mérite pas sa place. »

Selon le sociologue Patrice Sabuguheba, la reconnaissance et le respect de l’autre dans la communication constituent des bases essentielles pour prévenir les tensions et les conflits.

Il considère que l’habitude d’apprécier positivement un service rendu ou un travail bien fait peut jouer un rôle important dans la réduction de la prolifération des messages haineux.
Lorsqu’un responsable ou un collègue exprime sa reconnaissance – par de mots simples comme « merci », « courage » ou « très bien » – cela crée un climat de respect mutuel.
« Dans un environnement où chacun se sent respecté et valorisé, les frustrations diminuent. Or, la frustration et le sentiment d’injustice sont souvent à l’origine des discours agressifs ou haineux. »

À l’inverse, note M. Sabuguheba, l’absence d’écoute et de valorisation peut conduire à l’accumulation de frustrations qui se manifestent ensuite par des discours hostiles, des revendications agressives ou des tensions sociales.

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