La Cour s’est contentée « de simples déclarations souvent anonymes dans un procès où les avocats de la défense étaient littéralement exclus», dénoncent les accusés. Pour eux, cette affaire relève « d’un procès purement politique ». Pour les personnalités visées, elle a été initiée dans « le contexte de la crise consécutive au troisième mandat anticonstitutionnel de l’ancien Président Pierre Nkurunziza, avec pour objectif de réaliser une grande mobilisation politico- ethnique, dans la perspective des dernières élections générales de 2020» écrivent-ils dans un communiqué transmis à la presse dont Iwacu a obtenu la copie.
Les personnalités condamnées estiment que « ce procès a été conduit en violation flagrante de toutes les dispositions nationales et internationales qui consacrent le droit de toute personne humaine à un procès juste et équitable. »
Le communiqué va plus loin et indique que ce jugement est une nouvelle violation flagrante des droits de l’homme, le droit à la vie, à la liberté, le droit à une justice équitable.
Au sujet des sommes que les condamnés doivent payer à l’Etat burundais, soit deux milliards de francs, il s’agit, selon eux, d’une « intention du gouvernement d’exproprier les anciens dirigeants de tous leurs biens en vue de se les approprier. »
Ils disent se réserver « le droit de faire appel auprès des juridictions et des instances nationales et internationales compétentes pour que justice soit faite aux personnalités injustement condamnées. »
Pour rappel, la Cour suprême du Burundi a condamné dix-neuf anciennes personnalités, dont l’ancien président Pierre Buyoya à de lourdes peines, allant de vingt ans de servitude pénale à la prison à perpétuité.