Politique

228 policiers et 200 observateurs onusiens au Burundi

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) a adopté hier le 29 juillet la résolution 2303. Elle autorise le déploiement des policiers pour observer la situation sécuritaire et des droits de l’Homme au Burundi.

Conseil de Sécurité11 voix pour dont celle de la Russie, pourtant fidèle amie de Bujumbura. Quatre abstentions dont celle de la Chine, du Venezuela et des deux pays africains : l’Angola et l’Egypte. Comme explication, les pays qui se sont abstenus regrettent que le gouvernement burundais n’ait pas donné, au préalable, son consentement pour le déploiement de cette composante de police des Nations Unies. Mais la résolution stipule que le déploiement de ces policiers requerra préalablement le consentement de Bujumbura.

Les autres membres du Conseil ont estimé que cette résolution était nécessaire pour prévenir une escalade de la violence. « Nous n’oublierons jamais notre responsabilité collective dans ce qui s’est passé au Rwanda », a affirmé l’ambassadeur de France au Nations Unies. Et d’ajouter que la résolution vise à faire cesser la violence et apaiser les tensions. Selon le même diplomate, le CSNU se dit même prêt à adopter des sanctions contre ceux qui menacent la paix et la sécurité. « Le Burundi a déjà connu un massacre tragique, le CSNU exerce sa responsabilité pour que l’histoire ne se répète pas. » Pour lui, le CSNU envoie un signal fort aux autorités du Burundi : « Seul un dialogue inclusif permettra la sortie de la crise ».

Si l’on en croit le journal Ikiriho, le ministre français de la défense Jean Marc Ayrault ira en Tanzanie et au Kenya la semaine prochaine pour expliquer cette résolution à la Communauté Est africaine.

Signalons que selon les usages au CSNU, la France joue le rôle de « Pen holder » pour les pays francophones dont le Burundi. C’est-à-dire que c’est elle qui prépare et présente des résolutions qui concernent ces pays. L’Angleterre et les Etats Unis jouent le même rôle pour les pays anglophones.

Signalons aussi que Bujumbura n’a pas été surpris par l’adoption de cette résolution. Même avant le vote, la Mairie de Bujumbura avait déjà appelé à une marche-manifestation contre la France.


Quelques réactions à chaud

« Peu suffisant », déplore la plateforme des partis de l’opposition Cnrared sur son compte twitter, une trentaine de minutes après le vote.

Vital Nshimirimana, président du Forum pour le renforcement de la société civile (FORSC) ironise : « Le Burundi envoie 5432 militaires à l’Amisom en Somalie, et l’Onu envoie 228 policiers qui viennent observer 45000 jeunes du Cndd-Fdd ».

Un  internaute parlera d’ « une résolution au rabais, qui va juste permettre à l’ONU d’assister à l’innommable au Burundi ».


Réaction dans la matinée de ce samedi

Au lieu de rassemblement des manifestants, au centre-ville de Bujumbura, à la Place de l’Indépendance, le sénateur du Cndd-Fdd Rémy barampama et l’ambassadeur de France au burundi se sont confiés à Iwacu.

Rémy Barampama

Pour lui, « les citadins n’ont jamais été contents de la démarche de la France sur la question du Burundi surtout en ce moment où la situation sécuritaire n’est pas des meilleures en France ». Il affirme que « la France dénigre les forces de défense et sécurité burundaises, pourtant sollicitées dans les missions de maintien de la paix à travers le monde. » Et de s’écrier : « On dirait que la France feint ne pas voir le progrès réalisé en matière du rétablissement du climat de paix et de sécurité au Burundi ». Selon lui, « la résolution vise à faire reculer les progrès déjà réalisé ».

Ambassadeur de France à Bujumbura

Ambassadeur de France au Burundi : « La présence des Nations Unies est un facteur d’apaisement et de dissuasion du retour à la violence»
Ambassadeur de France au Burundi : « La présence des Nations Unies est un facteur d’apaisement et de dissuasion du retour à la violence»

« Nous sommes contents que la résolution ait été adoptée. On le souhaitait ainsi pour le bien du pays. On aura une présence des nations Unies dans le pays que le Gouvernement doit accepter. La présence des Nations Unies est un facteur d’apaisement et de dissuasion du retour à la violence. »

L’ambassadeur affirme avoir expliqué la notion de « pen holder » au gouvernement. Et de marteler : « Ce n’est pas une initiative de la France seule. C’est un travail que nous faisons pour l’ensemble du Conseil de sécurité ».

A la question s’il ne craint pas pour sa sécurité en se présentant parmi la foule qui allait entamer une marche contre son pays, très serein, l’ambassadeur répond : « Les Burundais, je les connais bien. Ils sont gentils. Il y a aucune inimitié entre le Burundi et la France ».

Forum des lecteurs d'Iwacu

12 réactions
  1. Salmia Irikungoma

    La meilleure solution serait de ramener au Burundi nos militaires burundais qui sont pour le moment en Somalie, Centrafrique, etc…

  2. kabwa

    Pour le déploiement de ces 228 policiers, l’accord du gouvernement du Burundi sera un préalable, ai-je entendu dire. Quand Est-ce que l’oppresseur jugera-t-il nécessaire et marquera-t-il son accord pour sauver son opprimé? La réponse est simple comme Bonjour: Quand il aura exterminé l’effectif qu’il s’est fixé. L-a-t-il déjà atteint? sans doute non.
    Ou bien les Nations Unies sont capables de foncer ou bien elles se résignent, se taisent et continuent à compter les morts.

  3. Iwacu, ce n’est pas en rejetant des commentaires que vous serez plus sympathiques!

  4. eric

    on a un GRAND problem vraiment.
    il faut pas avoir confience a la france .Ce pays a deja analyser nos faiblesses et l’objectif principal de la france et creer une guerre entre burundi et rwanda.
    comment ils vont faire.?
    Ils vont aider l’opposition de tuer le president et accuser le rwanda et voila un general burundais va attacker le rwanda et then on va creer une rebellion contre le rwanda j

  5. Lambert

    Wowe urikirigita ugaseka kabisa sinumva ingene umuntu nkaw mbona ushobora kuba unasobanukiw wokwandika amahopa nkayo ngo Police y’ubu Burundi ije gufasha abafaransa!!Uwapfuy yarihuse kabisa.

  6. Yves

    Parce que bien sûr, au Burundi il n’y a aucune psychose. Vous avez fait l’école du rire, j’imagine

  7. Meurlsaut

    @Barumwete Alain Chris
    La France peut bien solliciter l’appui de la fameuse police burundaise mais pas pour aller sécuriser ce pays en proie au terrorisme islamique mais plutôt pour aller rendre la situation plus désastreuse et chaotique!
    Si votre police était si brave elle ne serait pas en train de plier bagages aujourd’hui en Centrafrique et d’arrêter toujours des personnes innocentes pour exiger des rançons après!! Brave police ou police honnie??

  8. RUGAMBA RUTAGANZWA

    La force et l’importance de cette résolution doivent être relativisées. En effet, cette force de police même insuffisante, devra recevoir l’aval et la bénédiction de Mr NKURUNZIZA avant d’être déployée par les NU. Cela m’étonnerait qu’il ne dise pas simplement non comme il le fait à chaque initiative concernant son pays. Ne s’est-il pas récemment retiré du Sommet de l’UA à Kigali, sa Ministre de la Justice Léontine KANYANA n’a-t-elle pas préféré faire l’école buissonnière ou plutôt fuir alors que la Commission des NU sur la Torture l’attendait afin qu’elle réponde aux questions précises et troublantes auxquelles elle et sa délégation n’avait aucune réponse? Alors, je pense que cette force minime de police elle aussi comme les autres déjà proposées ne viendra pas purement et simplement.

  9. nziguheba leonidas

    Le comportement du gouvernement du BURUNDI est, en ces jours, à la fois désastreux et plein d’espoir. IL est désastreux en ce sens que, mis à part ceux qui y sont dedans, personne ne peut comprendre ce qu’il fait. En effet, personne n’ignore que, au cours des trois dernières réunions d’une grande importance, qui engage directement la vie réelle du pays, le gouvernement, censé représenter le peuple et non un individu ou un parti politique, a joué la politique de la chaise vide narguant qu’il craint pour la sécurité du Rwanda. Le pire vient d’arriver en Suisse où le représentant du gouvernement, avec toute la délégation, a claqué la porte pour manque d’arguments sur les questions lui posées par les membres de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU. Tél a été similaire lors de l’AG de l’UA à Kigali. Est-ce par manque de respect ou manque d’arguments? La question est cruciale dans la mesure où à nos jours, aucun pays ne peut fonctionner seul. Justement, aucun pays ne peut fonctionner seul sauf celui du CNDD-FDD qui ose aller manifester devant l’ambassade de France et surtout devant l’ambassadeur. Manifester surtout en scandant des slogans tyranniques à l’encontre de la France qui vient de subir des attaques terroristes. Oui la France a besoin de policiers pour protéger son peuple. Sauf que, à la différence du Burundi, il sera difficile de mettre une force d’interposition entre les terroristes qui opèrent en cachette et la paisible population. Au contraire,le Burundi a besoin d’une force d’interposition une force étrangère qui viendra sauver les paisibles citoyens qui sont victimes de la barbarie de leur gouvernants. La mission d’une force d’interposition n’est pas celle d’aider les forces nationales en présence, mais de protéger les citoyens victimes de la barbarie de ces forces dites nationales. Le fait de manifester contre cette force revient ainsi a témoigner combien on soutien les tueries perpétrées par les forces nationales à l’encontre de la population.
    Qu’en est-il de l’espoir. Le seul côté positif que l’on peut tirer de la leçon est que un jour le gouvernement finira par claquer la porte des cabinets et laissera la place à ceux qui veulent réellement gouverner pour les citoyens.

  10. Maya

    [Nous n’oublierons jamais notre responsabilité collective dans ce qui s’est passé au Rwanda]; [Ndlr: Les Burundais, je les connais bien. Ils sont gentils.].
    C’est intéressant pour les analystes! S’il faut combiner les deux phrases, on dirait les burundais préparent un génocide dans la gentillesse! Quelle hypocrisie de la part de la France, pourtant le rôle qu’elle joué en 1994 au Rwanda n’est pas encore oublié!

  11. Fofo

    [Ndlr: Nous n’oublierons jamais notre responsabilité collective dans ce qui s’est passé au Rwanda ».]. Ce pretexte n’est pas convaincant: Comme si les militaires français et la MINUAR n’étaient pas au Rwanda 1994 lors d Génocide! Pourtant ils n’ont pas empêcher cette tragédies rwandaise. Heureusement que les burundais n’envisagent se lancer dans cette folie!

  12. barumwete Alain Chris

    C’est bien que vous mentionez que cette police devra avoir au préalable l’aval du gouvernement burundais. Or nous savons tous la position de notre gouvernement et du peuple Burundais. Peine perdue donc à cette resolution et à son initiateur ambassadeur francais. Cet ambassadeur devrait plutôt officiellement demander á l’ONU l’aide de la police burundaise pour neutraliser les terroristes du DAESH ; le peuple francais vivant dans une psychose de peur permanente d’une attaque terroriste.

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