Économie

Effet domino de la hausse du prix du carburant

Les conséquences de la hausse du prix à la pompe commencent à se manifester, notamment dans le secteur du transport. Un choc négatif sur toute l’économie, observe un économiste.

Charles Ntirampeba:« Nous devons à notre tour augmenter le prix du ticket du transport.»

Le ministère de l’Energie et des Mines a revu à la hausse le prix du carburant, vendredi 19 janvier. Le prix de l’essence et du gasoil passe de 2 100 Fbu le litre à 2 250 Fbu le litre. Le prix du pétrole passe de 1 800 Fbu le litre à 2 000 Fbu le litre.

Léonidas Sindayiga, porte-parole du ministère de l’Energie et des Mines, avance deux causes : « La première est la dépréciation de la monnaie nationale face au dollar américain, la seconde est l’augmentation de 20% de l’or noir sur le marché international. »

Le transport en commun en a subi les contrecoups. Le ticket de bus en mairie de Bujumbura est passé de 350 Fbu à 380 Fbu. Les prix du transport en province ont connu une augmentation de 7 % tant pour les personnes que pour les biens. Les tarifs des quartiers périphériques, comme Carama, Kiriri, Ruziba, Maramvya, Mirango, Rond-point, Kamesa et Buterere sont majorés de 7%.

L’association des transporteurs du Burundi (Atrabu) s’indigne. Charles Ntirampeba, son secrétaire général, fait savoir que les transporteurs sont perturbés par cette hausse : « Nous devons à notre tour augmenter le prix du ticket de transport.»

Pour Noël Nkurunziza, président de l’Association burundaise des consommateurs (Abuco), le gouvernement doit restaurer le fond spécial carburant pour amortir les effets en cas de flambée des prix du carburant sur le marché international.

Les convoyeurs veulent empocher 400 Fbu

Les usagers des bus ont du mal à se déplacer aisément. Les convoyeurs ont du mal à trouver des pièces de 10 Fbu. Ainsi, ils exigent des passagers d’avoir le montant exact du nouveau tarif. D’autres les obligent à payer 400 Fbu. Des disputes interminables s’en suivent, et certains passagers perdent alors leur argent.

Les passagers renvoient la balle dans le camp de l’Etat qui ne disponibilise pas assez de petites coupures et de pièces pour de petites transactions.

« Les billets et les pièces d’échange sont disponibles à la Banque centrale », rassure Charles Ntirampeba secrétaire général de l’association des transporteurs Burundi (Atrabu) avant de mettre en garde ses collègues : « Ils devraient respecter le tarif officiel, sinon ils s’exposent aux sanctions. »

« La Banque centrale a un stock suffisant de pièces de 50 Fbu, de 10 Fbu et de 5 Fbu », dixit Clément Butoke, chef du service d’analyse fiduciaire et émission monétaire à la BRB. C’était ce mardi 23 janvier dans un point de presse.

Des chauffeurs de taxi rencontrés au centre-ville de Bujumbura ont également exprimé leur désapprobation sur la nouvelle structure des prix du carburant. Ils parlent d’une augmentation très élevée qui porte préjudice à leur activité, déjà en régression, depuis la crise de 2015. « L’Etat devrait stabiliser le prix du carburant qui sous-tend les prix d’autres biens et services », lâche l’un d’entre eux.

Juma, policier retraité, chauffeur de taxi pendant 12 ans, rappelle que le prix d’un litre d’essence était 1630 Fbu en 2009. Aujourd’hui, il s’achète 2250 Fbu. « Son prix a augmenté de plus 41% en 9 ans ! ». Dès lors, il redoute une hausse généralisée des prix. En ce qui les concerne les effets n’ont guère tardé : « Nous avons augmenté la course de 1000 Fbu. Nos clients résistent, ils préfèrent prendre le bus. »


« Un choc négatif sur l’économie »

Jean Prosper Niyoboke : « Cette hausse se traduira aussi par une baisse de l’investissement, de l’emploi et de la croissance.»

« Le carburant est un produit stratégique, la variation de son prix se répercute sur tous les biens et services », affirme Jean Prosper Niyoboke, doyen de faculté d’économie à l’Université du lac Tanganyika. Il précise que la hausse du prix du carburant constitue un choc négatif sur l’économie : « Elle va accroître les prix intérieurs, réduite comme peau de chagrin le porte-monnaie des consommateurs et affecter la consommation. Et aussi elle se traduira par une baisse de l’investissement, de l’emploi et de la croissance ». Et de souligner que les coûts de production des entreprises suivront la tendance à la hausse.

Dès ce mois, l’inflation est appelée à s’accélérer, analyse-t-il, au vu du poids du carburant dans la consommation. « Il faudrait également s’attendre à un effet boule de neige sur le reste des activités économiques ». Et de conclure que le poids de la majoration du prix du carburant se fera davantage ressentir à partir du mois de février.

Forum des lecteurs d'Iwacu

3 réactions
  1. Steve

    Steve
    Arrêtez de dire svp que le ticket de transport en mairie de Bujumbura est passé de 350fbu à 380fbu alors que vous savez très bien que c’est faux. Les usagers de bus paient 400fbu au lieu de 380fbu.

  2. Rufyirigufyina

    Avec 1 litre d’essence, un taxi peut parcourir 10 kilomètres. Hausser de 1000 Fbu la course revient à récupérer d’un coup l’équivalent de 6,666 fois la hausse incriminée. N’est-cepas du vol de la part des taximens? Il est temps pour le ministère des Transports d’introduire compteurs taximètres, ainsi le client paierait par kilomètre parcouru.

  3. KABADUGARITSE

    Ikigoye mri vyose ni kimwe: batubwira ko naho vyose bizobura bikaburira rimwe, ima rya nyuma ry’igitoro rizoba irija mu ngendeshwa ya Mutama. Ainsi est faite la règle.-

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