Société

Disparition de Jean Bigirimana : «Nous attendons toujours la vérité»

22/10/2016 Diane Uwimana 5

Après trois mois de disparition, la famille et les collègues de Jean Bigirimana espèrent le revoir un jour tant que son corps reste introuvable.

Godeberthe Hakizimana copie
Godeberthe Hakizimana attend impatiemment le retour son époux

Trois mois, jour pour jour, Godeberthe Hakizimana attend impatiemment le retour son époux et père de ses deux fils, Don Douglas et Timmy. «Le petit Timmy ne cesse de me demander où est passé son papa», raconte avec amertume Mme Hakizimana.

Toutefois, cette famille a encore de l’espoir de le retrouver un jour. «Tant que je n’ai pas encore vu son corps, j’espère que Jean est toujours en vie», lance-t-elle.

Assise devant une boutique qu’elle essaie de tenir, elle fait savoir que depuis la disparition de son mari, elle et ses deux enfants vivent dans des conditions difficiles. « Je n’ai jamais parvenu à payer le loyer depuis que Jean a disparu, il y a trois mois. Où vais-je trouver une somme de 120 mille francs alors que je ne travaille pas. Jean s’occupait de tout», lance-elle. Elle indique que sa famille parvient à survivre grâce à l’assistance de certains bienfaiteurs.

Pour Mme Hakizimana, il faut que la justice soit faite. Et d’ajouter : « S’il a commis un délit, que le gouvernement l’amène devant la justice et qu’il soit punit conformément à la loi».

Pour Antoine Kaburahe, le directeur du Groupe de Presse Iwacu, il est difficile de réconforter sa famille alors qu’on ne sait pas réellement s’il est mort. «Nous n’avons pas trouvé son corps pour faire un deuil ou l’inhumer dignement comme cela se fait dans la culture burundaise. Jusqu’ à présent, nous ne pouvons rien faire mais nous avons toujours espoir qu’il est toujours vivant».

Antoine Kaburahe fait savoir qu’Iwacu a fait ses enquêtes et a déposé des preuves et des pistes sur sa disparition. Et de clamer : «La justice peut s’appuyer sur ces documents afin que la vérité sur la disparition de Jean éclate un jour. Nous avons soif de savoir ce qui s’est passé réellement».

Même constat chez Alexandre Niyungeko, président de l’Union burundaise des journalistes(UBJ). Il fait savoir que c’est regrettable que Jean Bigirimana ait disparu alors qu’il aurait été vu dans les mains des forces de sécurité.

«Ils étaient supposés le protéger. C’est déplaisant qu’une personne disparaisse de cette manière et qu’on ne puisse pas avoir son corps pour l’inhumer avec dignité. Mais rien n’est étonnant, des personnes qui subissent le même sort sont nombreuses ces derniers jours», note-t-il.

Le président de l’UBJ fait appel à toute personne capable d’intervenir afin de découvrir la vérité.
Rappelons que Jean Bigirimana a été enlevé le 22 juillet à Bugarama en province Muramvya et aurait été embarqué par des agents Service national des renseignements, selon des témoins sur place. Iwacu a saisi la justice et porté plainte contre X.

Selon Agnès Bangiricenge, porte-parole de la Cour Suprême, les enquêtes sont toujours en cours.

Forum des lecteurs d'Iwacu

5 réactions
  1. Bagabe

    Mr ou Mme Jereve, je trouve deplorable que vous melangiez des cas. Bigirimana a “disparu”, que justice soit faite. Etre vu au Rwanda? Beaucoup y sont vus, pas seulement ceux que tu crois. Et ils ne disparaissent pas. Ndayahoze a disparu? Que justice soit faite, mais ceci n’est ni l’endroit, ni le moment de comparer les 2.

  2. Jereve

    Qu’a fait votre gouvernement pour les dossiers Ndayahoze et compagnons? Rien. A part ajouter à leur mémoire d’autres disparus et morts.

  3. Zihinjishi Casside

    On n’a pas encore fini d’entendre ces histoires de gens disparus dans ce sens. Aujourd’hui, c’est monsieur jean, hier c’était monsieur Ndayahoze. Dans ces deux cas seulement, on peut au moins comprendre que monsieur Jean avait été vu au Rwanda quelques jours avant, en compagnie de son employeur, monsieur Kaburahe. Et c’est ce dernier qui s’occupe des procédures de gestion de ce cas, surtout les moyens de subsistances de la famille du disparu. Dans l’autre cas, monsieur Ndayahoze a été volatilisé par son propre employeur avec beaucoup, beaucoup d’autres gens (haut fonctionnaires, haut gradés et leurs subalternes, voir mêmes leurs femmes et enfants). Il paraîtrait même que cet employeur empêchait la famille des disparus de pleurer les leurs, que la famille devait aller féliciter les bourreaux des leurs. Pire encore, les bourreaux se précipitaient dans les banques pour vider des comptes tous les fonds gagnés et épargnés par leurs victimes. S’il vous plaît madame Agnès, en Afrique, normalement, un cas devrait faire penser à un autre, surtout quand il s’agit presque, pour n’est pas dire, des cas similaires, pourriez-vous dire aux lecteurs, où vous en arrivez avec les dossiers de Ndayahoze et compagnons ?

  4. rurihose

    Au Burundi, on assassine des gens. leurs corps ne sont jamais retrouves. Il n y a meme pas d enquete.
    Et pour que les crimes soient parfaits, impunis, on se retire de l ICC.
    Et pour amuser la galerie, on nomme une CVR a mains liees.
    Qui oserait dire la verite dans ces conditions!!!
    Arretez ce cirque

  5. Natacha

    Leur jour arrivera et ils ne diront pas non à la mort…elle les prendra avec elle pour rencontrer ceux à qui ils ont forcé la même mort.

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